UNE MISÈRE

Le froid du Metal et la chaleur des fjords !

UNE MISÈRE a sorti au début du mois un premier album, « Sermon » (Nuclear Blast Records), qui a fait l’effet d’une véritable bombe dans le monde du Metal. Mariant avec subtilité Death Metal et HardCore, le groupe islandais explore des atmosphères aussi variées qu’étonnantes avec une facilité déconcertante et une puissance monumentale [Entretien avec Jon Mar Ásbjörnsson (chant) par François Alaouret – Photo : DR].


Tout d’abord, pouvez-vous expliquer pourquoi vous avez pris un nom français, et en avez donné un au titre de votre album ? Ce n’est pas banal pour un groupe étranger…
La première raison est que c’est très poétique, et c’est magnifique. En islandais, cela donne « Eymd » et « A Misery » en anglais, et ça sonne comme tant de groupes de Black Metal. Ce n’est pas aussi saisissant qu’en français. C’est romantique, tout en restant froid et obsédant. Quant au nom de l’album, cela vient d’un sermon qui est une célébration… Une célébration de la misère !

« Sermon » bénéfice d’une grosse production, et d’un son puissant et précis. Dans quelles conditions l’avez-vous enregistré, et est-ce que vous saviez d’emblée comment il devait sonner ?
Nous avons toujours voulu avoir un gros son, comme dans un stade. Nous ne savions pas vraiment comment faire, mais notre manager, Simon, savait précisément à qui appeler. Et nous avons donc travaillé avec Sky Van Hoff et son équipe, un homme brillant avec qui nous travaillerons d’ailleurs de nouveau sur le prochain album. L’enregistrement s’est déroulé ici en Islande, dans quatre studios différents. Chacun a eu un rôle essentiel sur l’ensemble de l’album, le son et le travail global.
La composition a débuté dès la création du groupe en 2016, et a vraiment pris un tournant plus sérieux en 2018. L’enregistrement, le mixage et le mastering nous a pris trois semaines au total. On est dessus depuis mars dernier !

V
os morceaux sont très bien écrits. Vous abordez également différentes atmosphères, qui offrent un son spécial à « Sermon ». Où puisez-votre inspiration, car votre album ne sonne comme aucun autre…
Tout d’abord, merci beaucoup ! 🙂 Notre inspiration vient de toute part. Nous avons tous des influences qui viennent de partout, en raison de nos parcours respectifs. Et nous essayons de les réunir pour n’en faire qu’une. Nous écoutons tous des musiques différentes que nous intégrons dans le processus d’écriture.

Votre musique marie Death et MetalCore, avec des aspects Progressif et des atmosphères très prenantes. Comment est-ce que vous décrieriez « Sermon » ? Est-ce du à l’atmosphère qui émane de l’Islande ? 🙂
Je décrirais « Sermon » comme un train en feu qui roule beaucoup trop vite ! A mon avis, c’est un bon album, plein de surprises, et qui frappe à grands coups de marteau quand il le faut ! En ce qui concerne l’atmosphère, dans un sens, bien sûr que l’Islande a modelé ce que nous sommes, et au fil des années cela a laissé des traces, qui transparaissent avec évidence.

Pour conclure, Vous allez commencer à tourner en Europe. A quoi va ressembler « Sermon » sur scène, et doit-on s’attendre à quelques surprises ?
Eh bien, nous sommes allés en Europe mais jamais avec cet album. « Sermon » sur scène sera assez mouvementé, comme une déflagration. Attendez-vous donc à ça, mais n’attendez rien de plus !

 

UNE MISERE

Sermon

Black/Death MetalCore

Nuclear Blast

★★★★★

Fraîchement arrivés d’Islande sur la scène Black Death/MetalCore, UNE MISERE sort un premier album, qui le propulse déjà au rang de combos sur lesquels il va sûrement falloir compter. « Sermon » surprend tout d’abord par le nombre de styles abordés et savamment maîtrisés. Et le chant de Jón Már Ásbjörnsson porte l’ensemble avec puissance et une aisance désarmante pour un premier album.
Les intros presque Prog de « Overlooked/Disregarded » et « Burdened/Suffering » sont étonnantes et, malgré des riffs oppressants et une rage flagrante, UNE MISERE captive de par les mélodies déployées sur l’album. Le reste s’enchaîne avec une délicatesse surprenante (« Fallen Eyes »), mais le combo islandais ne fait que reprendre son souffle (« Beaten » – quelle intro !) avant que des guitares affûtées et saturées ne reprennent le dessus. Torturé, surpuissant et rageur, « Sermon » pose des atmosphères qui transcendent les styles. Batterie survitaminée, chant ultra-nerveux et production hyper-précise font de cet album une franche réussite. Et pour s’en convaincre, « Voiceless » clôt l’ensemble en passant en revue toutes les facettes qu’UNE MISERE déploie sur les 12 titres. Le sextet vient de poser un sacré pavé dans la marre Black/Death MetalCore… et pas uniquement ! [François Alaouret]

UNE MISERE : Le froid du Métal et la chaleur des fjords !

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