VESTINDIEN
Null
Black Metal
Dark Essence Rec.


Si le nom de Vestindien n’évoque pas grand chose chez vous, c’est tout à fait normal. Née dans l’underground de la scène Punk/Hardcore norvégienne de Bergen il y a douze ans, cette étrange formation n’avait alors sorti qu’un EP digital en indépendant intitulé We Are the Lords of Hellfire, and We Bring You​.​.​.​Fire. Puis dernièrement, Vestindien a décidé de changer son fusil d’épaule pour œuvre dans un Black Metal scandinave teintée d’influences Heavy Metal, à l’instar d’un certain Darkthrone en 1990/1991 qui abandonna le Death Metal pour se consacrer au Metal noir…

Sur ce premier album Null, les choses commencent tranquillement avec le titre « Mot Dag » dans une atmosphère quelque peu psychédélique, une guitare folk et tout un tas d’effets derrière aux synthétiseurs rappelant presque Enslaved et ses morceaux plus expérimentaux et progressifs. On ne sait pas trop à quoi s’attendre à vrai dire. Passé ce titre instrumental, Vestindien laisse vite parler son cœur sur « Beerenberg » en rendant clairement hommage à Fenriz et Nocturno Culto de Darkthrone, époque récente The Underground Resistance ou Old Star. La production sonore est simple, épuré, avec des roulements de toms à la batterie très typé Heavy Metal année 80. On s’enfonce ensuite un peu plus dans le passé en flirtant cette fois avec A Blaze In The Northtern Sky dans la vieille discographie de Darkthrone à travers « Mjøldrøye » et son riff de guitare bien saturé et ses breaks inspirés, un peu trop d’ailleurs car du coup on s’interroge sur la démarche de Vestindien qui aurait pu appeler ce premier album Tribute to Darkthrone plutôt que Null. Bon, passons cet hommage naïf de jeunesse car au final, le Black Metal old school et relativement varié de ce groupe norvégien passe bien et sonnez assez frais paradoxalement grâce à un certain soin apporté dans les arrangements, les mélodies, et les atmosphères. En effet, on pense alors à Ulver avec une approche progressive (ce son rond de basse et ses synthés sur la chanson-titre).

Le chant, quant à lui, est généralement composé de screams Black mais aussi de chant clair typé Heavy Metal années 80 plutôt réussi. Tout n’est donc pas aussi brut qu’un vieux Darkthrone enregistré en 24h chrono dans leur grotte, non, Vestindien apporte finalement un certain vent de fraîcheur nordique sur son propre patrimoine national qu’il revisite et s’approprie sur ses compositions personnelles, parfois basiques (notamment au niveau des parties de batterie) mais agréables et qui demandent peut-être à se développer avec plus de personnalité à l’avenir. Une chanson relativement entraînante comme « Ormegard » laisse entrevoir de belles choses avec ses claviers donnant un certain faux côté folk et en même temps New Wave. A voir ce que réserve l’avenir à ce jeune quatuor norvégien s’il continue dans cette veine avec sincérité et ne rechange pas de style en suivant des modes. En attendant de leurs nouvelles, si vous avez aimez les derniers albums de Darkthrone avec le côté punk de Circle The Wagons tout en appréciant certains atmosphères de Kampfar ou celles plus avant-gardistes et raffinées d’Ulver, nul doute qu’avec un peu d’indulgence vous aimerez ce premier effort longue durée plutôt intéressant de Vestindien. [Seigneur Fred]