WALLACK

Après deux bons EP, WALLACK sort de studio avec sept titres à la saveur Indus, très évolutive, aux envolées et aux déflagrations Post-Rock arides. Sur ce premier album, le groupe se donne les moyens d’aller très loin, et « Black Néons » se présente comme l’une des meilleures réalisations françaises de ce début d’année. [Entretien avec Cyprien Tillet (guitare, chant et synthétiseur) par François Alaouret – Photo : Guillaume Heraud]

Après deux EP, vous sortez enfin votre premier album, « Black Néons ». J’imagine que la satisfaction est grande ?
Oui, cet album est l’aboutissement de deux années de travail intensif, de sa phase de composition à la production finale. On s’y est tous énormément investi et la rage qu’il contient en est l’écho. Quand on repense à la genèse du projet, on est très heureux de ce qui se passe aujourd’hui sans toutefois le réaliser encore.

La production est à la fois subtile et massive, ce qui est assez rare pour un premier album, malgré deux précédents EP déjà réalisés. Dans quelles conditions l’enregistrement s’est-il déroulé ? Vous aviez une idée bien précise de ce que vous vouliez obtenir ?
L’orientation musicale s’est affinée au fil des sessions d’enregistrements, entre Mars et Septembre 2019. Une durée qui nous a permis de constamment prendre du recul par rapport à notre travail. Cette production correspond totalement aux compositions, elles-mêmes massives et mélodiques. Notre ami Fabien Devaux, qui a produit le dernier album de Step In Fluid et travaille avec Carpenter Brut, a su mettre en valeur l’orientation musicale des morceaux et nous conforter dans nos choix esthétiques.

Musicalement, WALLACK se situe dans un registre Metal/Rock très puissant et organique qui rappelle, comme vous le soulignez, un paysage industriel en friche. Ce mix de Metal et de Stoner y trouve un bel équilibre…
C’est vrai que le registre puissant de notre musique peut nous affilier au Metal et au Stoner mais d’autres influences sont venues se greffer ces dernières années. J’ai toujours été admiratif du travail de groupes comme Nine Inch Nails, Death Grips ou plus récemment Odonis Odonis, et cela correspondait aussi à une volonté du groupe de s’émanciper du Stoner pour aller vers quelque chose de plus industriel et de plus personnel.

J’aimerais revenir sur la sortie de « Black Néons ». Elle se fait en partenariat avec Anesthetize, Klonosphere et Season Of Mist. Quel est le rôle de chacune des structures, et pourquoi avoir adopté cette option ?
Sous l’impulsion de Fabien, le projet a pris une telle tournure que nous avons dû revoir nos ambitions en conséquence. Ce disque nous avait demandé de tels efforts qu’il méritait une juste diffusion. Voilà pourquoi on a décidé de s’entourer de professionnels. On a tout d’abord été ravi qu’Anesthetize nous fasse confiance et nous aide dans le pressage et la diffusion de l’album. Season of Mist s’occupe également de la diffusion, et Klonosphere de la communication. S’entourer de professionnels répond à une réelle volonté de faire grandir le projet et de tendre à une certaine maturité.

Vous avez également fait appel à un financement participatif (Ulule). Ca paraît étonnant avec le support de trois structures. C’est de plus en plus fréquent sur la scène française. Comment l’expliquez-vous ?
L’enregistrement de l’album a pris plus de temps que prévu en partie parce que les compositions n’ont cessé d’évoluer et l’enthousiasme collectif de croître. Le résultat dépasse tellement nos attentes qu’on souhaitait que l’album soit pressé sur vinyle, support cher à tout mélomane. Lui donner une pérennité en réalisant notamment des clips vidéo, un artwork et des photos de qualité était tout aussi important. Tout cela représente un coût et nous avons alors opté pour un financement participatif. Outre la joie d’inclure notre public à ce projet, nous pouvons grâce à son concours donner à ce disque la chance qu’il mérite.

Parlons du monumental morceau « All That Ever Been » que vous avez scindé en deux parties (pour près de 13 minutes au total), qui ouvre et clôt l’album. C’est une pièce essentielle de « Black Néons »…
Oui, il est le point de départ et la conclusion, tant dans la track-list que dans la phase de composition. « All That’s Ever Been pt.1 » a été écrit quelques semaines seulement avant le début des enregistrements et devait être initialement une courte outro de l’album. Il s’est progressivement enrichi et imposé comme ouverture, tant il correspondait à l’orientation Indus/Post Rock qu’on souhaitait pour l’album. La partie 2 est, quant à elle, le premier morceau composé pour le disque. Il est comme le point d’orgue d’une lignée de morceaux plus psyché/Prog de notre répertoire. C’était intéressant d’ouvrir et clôturer l’album avec des motifs musicaux très proches mais aux orientations musicales différentes. Une manière de dire : « Voilà où nous allons et d’où l’on vient ».

Avec un bel album comme « Black Néons », j’imagine que vous allez rapidement prendre la route. Quelques dates ou festivals sont déjà au programme ?
On vient de présenter quelques titres aux West Stoner Sessions de Nantes et les réactions ont été très encourageantes. La release party aura lieu au Confort Moderne à Poitiers avec Mars Red Sky, et on part sur la route dès Avril, grâce à Morphazik Productions, pour une série de concerts qui passeront par Lyon, Paris, Toulouse, Montpellier, Bordeaux… et les festivals sont en train de se décider.

 


WALLACK « Black Néons », disponible le 10 avril (Anesthetize/Klonosphere/Season Of Mist)

Vous pouvez toujours soutenir WALLACK grâce au financement participatif mis en place :
https://mobile.ulule.com/wallack-black-neons-2020/

WALLACK : Une rage massive et organique

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