Avec plusieurs millions d’albums vendus de par le monde, les Américains de Winger furent un groupe à abattre dans les années ’90 suite à une campagne de dénigrement instrumentée par la série pour glandeurs Beavis et Butt-Head (MTV). Kip Winger, Reb Beach, John Roth et Rod Morgenstein ont depuis prouvé leur bonne foi devant les inquisiteurs. Actif depuis un quart de siècle, Winger fait désormais partie des irréductibles que le temps et les modes n’ébranlent pas. [Entretien avec Kip Winger (chant, basse) par Philippe Saintes – Photo : Frontiers Records]

winger-pic

Kip, il y a une grande variété d’ambiances sur le nouvel album, Better Days Comin’.

Ce qui fait la qualité d’un groupe c’est sa versatilité. Le morceau « Better Days Comin’ » est à classer au rayon funk. On trouvait déjà cet aspect langoureux sur « Down Incognito » (sorti sur Pill en 1993). « Tin Soldier » est un rock progressif dans la lignée de Winger IV. Chaque chanson du nouvel album est un clin d’œil aux différentes périodes de notre carrière. L’écriture est la motivation essentielle de notre métier. Reb, John et moi nous nous entendons à merveille pour composer des riffs efficaces, et aussi de bonnes mélodies. Nous avons posté plusieurs vidéos sur le site et elles ont été inondées de commentaires dithyrambiques.

 

Tu as décidé cette fois encore de produire ce disque.

Je crois que les artistes qui font appel à un producteur extérieur ne savent pas exactement où ils veulent aller. J’aime garder la mainmise sur mes chansons. Elles touchent à quelque chose d’intime. C’est presque une affaire personnelle. Nos albums sonnent exactement comme je veux qu’ils sonnent. Je n’ai pas la prétention de dire que tout ce que je fais est formidable, mais je connais le mécanisme de la musique. C’est toute ma vie.

 

Que retiens-tu des 25 ans de carrière du groupe ?

Les liens d’amitiés qui nous ont permis de tenir le coup pendant les moments les plus difficiles mais aussi l’ostracisme dont nous avons été victimes. Aujourd’hui encore des fans de métal nous considèrent comme des « traîtres » alors qu’ils n’ont jamais entendu un seul de nos disques. Nous sommes très mélodiques et les gens font souvent l’amalgame. Il est certain qu’on ne peut pas plaire à tout le monde mais personne ne niera que lorsque nous sommes d’humeur à jouer heavy, nous égalons aisément les formations actuelles. Il suffit d’écouter des titres comme « Junkyard Dog » ou « Rat Race ». Winger est un groupe sous-estimé selon moi.

 

Lors de la dernière tournée en Europe, il y a trois ans, le groupe s’est montré très accessible pour les fans après chaque concert.

C’est vrai. Être connecté avec nos fans est très important. C’est la meilleure manière de renforcer notre relation avec eux et d’en créer de nouvelles. Il est important de les remercier car ils permettent au groupe d’exister.

 

Que peut-on espérer prochainement ? 

Outre la création d’œuvres de musique classique, je prépare un nouveau disque solo et je compte donner un concert acoustique à Paris en septembre. Avant cela, Winger sera en tournée aux USA et en Angleterre. Le DVD live du 25è anniversaire avec Paul Taylor ? Je crains qu’il ne sorte jamais en raison d’un désaccord avec l’équipe de tournage mais nous allons rapidement bosser sur un 7è album studio. Cette fois nous n’attendrons plus cinq années entre deux enregistrements (rires) !

 

WINGER
25 ans et ça continue

Fermer le menu