WINTERFYLLETH
The Hallowing Of Heirdom

Candlelight Rec./Spinefarm Rec./Universal Music
Folk
★★★✯✩✩

WINTERFYLLETH The Hallowing of Heirdom_artwork

Winterfylleth est décidément une formation à part sur la scène Black Metal européenne, la preuve en est avec cette sixième œuvre entièrement acoustique à l’esprit Folk et Pagan. Cette nouvelle ode, dédiée au patrimoine culturel et naturel outre-Manche, se compose de douze morceaux aux longues plages atmosphériques, parfois instrumentales (« A Gleeman’s Volt »). The Hallowing Of Heirdom fait la part belle aux arpèges de guitares classiques sous fond de complaintes et poésies en hommage à leur héritage celte (« Aecerbot », « On-Cydig »), n’hésitant pas même à flirter avec la grâce comme sur le duo mythologique « The Nymph » interprété par Angela Deeks, l’épouse du claviériste. Les arrangements ainsi que les magnifiques chœurs de Chris Naughton (guitares, chant) et sa bande de nobles troubadours sont d’une pureté absolue, et une certaine émotion règne ici tout du long. La présence d’instruments tels que le violoncelle ou la flûte accentuent d’ailleurs la beauté mélancolique des compositions (« Latch To A Grave »). Si certaines intros de balades rappellent un bref instant Opeth époque Blackwater Park ou Damnation (« Resting Tarn »), c’est bien plus du côté d’un Ulver, Wodensthrone, Empyrium voire d’un Dead Can Dance version Folk Metal que Winterfylleth se compare à présent dans sa démarche artistique. Bien sûr, de prime abord cette sixième galette du quintet de Manchester pourrait sembler ennuyante à mourir à l’oreille des fans de Black Metal pur et dur, la faute à un manque de rythme général, mais il convient de savoir dépasser les clichés et apparences. Laissez-vous alors transporter par les douces mélodies de nos voisins anglais, car The Hallowing Of Heirdom constitue en fin de compte une réelle prise de risque sur le plan artistique (plus qu’un suicide commercial, car qui vend aujourd’hui encore des wagons de disques de Black Metal au pays de Venom et Cradle of Filth ?) et rien que cette démarche force le respect. De nos jours, un peu de douceur dans un monde de brutes, ça ne fait jamais de mal.

[Seigneur Fred]