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ASPHYX
Esprit sauvage

Rares sont les albums d’Asphyx qui ont déçu dans la respectable discographie du fameux groupe de Death Metal néerlandais depuis ses débuts en 1987 à Oldenzaal, et ce, malgré le départ en 2014 du dernier vétéran et co-fondateur, le batteur Bob Bagchus, pour reformer Soulburn qu’il a quitté depuis. La bête batave demeure donc féroce, à l’image de son dixième opus Necroceros, en attendant un méchant retour à la scène, qui, comme pour tous les artistes et les fans, se fait attendre… [Entretien intégral avec Martin van Drunen (chant) réalisé par Skype le 16/11/2020 par Seigneur Fred – Photos : DR]

Comment vas-tu mon vieil ami dans ce contexte actuel ? Tu parles un peu français en plus, on peut faire cette interview en français cette fois si tu veux ? (rires)
[en français] « Un petit peu… (rires) Bonjour, comment ça va ? »… Malheureusement pas assez pour faire toute l’interview ainsi… Sinon, me concernant, je vais bien, ma santé est bonne, mais pour le reste, comme tu le sais, c’est une situation bien triste, notamment pour nous les artistes… Les groupes ne peuvent pas jouer en live et partir en tournée, on ne peut pas sortir comme on veut, etc.

Mais chez vous aux Pays-Bas, il n’y a pas vraiment de confinement actuellement je crois contrairement à la France ? [rappel : entretien réalisé mi-novembre 2020]
Disons que c’est un peu comme vous sauf qu’actuellement en effet il n’y a pas de confinement. On doit juste adapter nos comportements et ne sortir que si nécessaire. Les bars, les restaurants, les salles de spectacles, ciné, théâtre, etc. sont fermés. Tout est fermé sauf les magasins et notamment alimentaires bien sûr, par contre ils ne peuvent plus vendre d’alcool après 20h00…

Ah oui, ça c’est embêtant ?! (rires)
Oui ! (rires) Par contre, contrairement à la France, actuellement, nous n’avons pas besoin de papiers (attestations) pour sortir et justifier nos déplacements quotidiens. On doit bien entendu respecter les mesures de distanciation, etc. Si on va dans la rue, on n’est pas obligé de porter le masque, mais si on rentre dans un lieu fermé, un bâtiment, là oui, c’est obligatoire.

Et comment va votre batteur Stefan Hüskens alias « Husky » qui devait nous rejoindre à cet entretien pour la promotion de votre nouvel album Necroceros mais qui n’a pu être là ?
Husky n’utilise pas Skype, tu sais, et il est bien occupé en ce moment avec la maison qu’il a acheté et dans laquelle il emménage. Il s’est installé à la frontière germano-néerlandaise. Il vit toujours en Allemagne mais s’est rapproché de nous ce qui est très pratique. Malheureusement on n’a pas pu se retrouver au bureau du label Century Media car je n’ai pas pu aller en Allemagne là du coup à cause de situation sanitaire du Covid-19 et la lenteur des résultats des tests, et puis la label a déménagé et n’est plus à Dortmund mais à Berlin dorénavant.

Husky est-il toujours dans Sodom au fait ? Ce n’est pas trop compliqué au niveau de son planning s’il doit jongler entre Asphyx et la bande à Tom Angelripper ?
Ah non, tu as raté un épisode là Fred… (rires) Husky n’est plus avec Sodom depuis quelques mois déjà. Il y est resté environ deux ans et as quitté Sodom cette année (2020). C’est Toni Merkel qui le remplace dans Sodom à la batterie. Bon, eh bien comme ça, te voilà jour à présent. (rires)

D’ailleurs, Necroceros est donc le second album avec Husky derrière les fûts après son arrivée sur Incoming Death. Quel bilan dresses-tu de ce précédent album paru il y a quatre ans déjà et qui a peut-être eu un peu moins de succès que Deathhammer, non ?
Non, on a eu de très bonnes réactions sur Incoming Death en général ! L’album a même été élu album du mois dans plusieurs magazines donc c’est plutôt bien pour Asphyx ! On en est très content encore. Il fut c’est exact notre premier enregistrement avec Husky à la batterie.

Avez-vous beaucoup tourné justement pour défendre Incoming Death sur scène à l’époque ? En Europe mais aussi outre-Atlantique par exemple ?
Oui, on a beaucoup joué et fait notamment une tournée non pas en Amérique du Sud cette fois mais en Amérique du Nord, aux États-Unis, sur la côte ouest, avec une date à Los Angeles par exemple. On a joué dans pas mal de clubs sold out. Après, on ne peut vraiment parler de grosses tournées pour Asphyx cependant même en Europe, mais plutôt une succession de concerts ici ou là. Mais partout c’était complet, c’était fantastique d’ailleurs comme expérience. Tu sais, aux Etats-Unis, c’est compliqué de nos jours car il faut des papiers, des visas en règle, etc. Avec Trump, c’est compliqué les passages aux frontières quand tu es musicien et viens jouer sur leur territoire à présent.

Les choses vont peut-être évoluer et s’assouplir avec le nouveau président américain élu Joe Biden, non ?
Ouais, on verra… Disons que ça ne pourra pas être pire avec Biden ! (rires) Enfin, si l’autre accepte de partir…

Oui, sinon il faudra envoyer l’armée à la Maison Blanche à Washington ! (rires) [NDLR : entretien réalisé avant la tentative d’insurrection du 06/01/2021 que Donal Trump attisa devant le Capitole]
Oui, de gré ou de force ! Si la majorité des gens a voté pour Biden malgré leur système de vote scrutin indirect, alors l’autre idiot, Trump, doit partir.

Avec la situation sanitaire actuelle, que penses-tu des concerts avec un public assis, masqué, avec distanciation ? Quel est ton avis pour Asphyx car je trouve ça inadapté à votre style qu’est le Death Metal ?
Ooh !! En fait, on a déjà fait trois concerts en Allemagne en 2020 malgré la situation du covid. On n’était pas trop sûr au départ ni trop chaud pour jouer ainsi, puis finalement ça c’est fait en respectant bien sûr toutes les dispositions et mesures de respect sanitaire avec le public présent, assis et séparé à côté de tables. Mais à vrai dire, ce fut finalement assez fantastique, et puis c’est mieux que rien. En fait, le public devient vite fou même assis sur sa chaise et se lève donc au final ça ne change pas grand-chose pour nous. Les gens commençaient à headbanguer mais assis, c’est pas l’idéal. Par contre, quand tu es assis justement, tu peux retirer ton masque. Et comme de toute façon les gens le retirent pour boire une bière, les spectateurs ne le gardent pas bien longtemps. Pour nous, c’était une manière de revenir jouer live et retrouver la scène devant notre public, il y avait une réelle motivation du public, et c’était une manière pour les fans de nous montrer toute leur gratitude même si on n’a jamais douté d’eux, et vice-versa, mais ce furent vraiment des concerts formidables quand même car la ferveur était palpable. Et ces trois concerts allemands furent rapidement complets. Les fans veulent te voir bel et bien vivants sur scène en vrai, pas en vidéo en streaming sur internet comme ça se fait beaucoup maintenant. Donc si c’était à refaire, je ne sais pas. Nous sommes un groupe de scène de toute façon et ne pouvons nous cantonner à des albums studio, mais bon, tout a été annulé par la suite avec la seconde vague alors…

Des groupes comme Dark Tranquillity, Katatonia, Disbelief ont donné des concerts à huis-clos sur internet (payants ou gratuits selon). Et certains artistes comme Stéphane Buriez (Loudblast) ou Benighted ici en France refusent pour le moment de se produire devant un public assis par exemple. Qu’en penses-tu toi alors ?
Eh bien pour nous, c’est nouveau aussi. Cette expérience des trois concerts en Allemagne devant un public assis dans le courant de l’année 2020 a été formidable finalement car en fait, ça ne change pas grand-chose pour nous car le public se lève donc c’est pareil. On était sceptique au départ, tu sais. Mais comme les concerts ont été très vite complets, on a été rassuré, et je voulais voir ça. Il faut qu’ils essaient eux-mêmes, je pense, avant de se prononcer, mais bon disons que c’était un peu plus souple aussi en Allemagne alors que vous tout est stoppé. Pour un groupe comme Asphyx, tout se passe sur scène, live, tu sais, et disons que c’est si toutes les conditions sanitaires sont réunies, alors c’est une alternative. Bien sûr, je ne ferai pas ça tout le temps de chanter devant un public assis, mais si nous n’avons pas d’autres options alors faisons-le. Cela n’est pas seulement valable pour les groupes, mais pour le public, car ils en ont marre de voir ça derrière leur écran d’ordinateur, ils veulent du vrai, vivre les choses avec nous.

Étant donné ta carrière, tu n’avais jamais vu une telle situation, je présume… ? Malgré ces alternatives (concert avec public assis, concert diffusion sur internet), crois-tu que les choses vont changer définitivement et il est l’heure d’évoluer et de réinventer la musique live et votre façon vous exprimer sur scène ? Par exemple, le cinéma est en train d’évoluer avec la TV et internet avec toutes les plateformes (Netflix, Amazon, etc.)…
Hum… Je ne crois pas. Notre but est de jouer et faire de vrais concerts live avec un public. Après, et là je parle en mon nom pour ma part, en dehors d’Asphyx, je ne suis pas trop fan des Netflix, etc. Par exemple, Amazon a le droit du coup de vendre des disques sur internet, mais le petit marchand du coin avec sa boutique de vinyles, étant donné qu’ils ne sont pas un commerce essentiel, lui il doit fermer ? Et il va couler… C’est inéquitable, je trouve, et là je parle uniquement en mon nom. En attendant que les choses reviennent à la normal, si un jour ça redevient normal, alors utilisons certaines alternatives comme les concerts assis, ou sur internet, mais sans abuser.

Penchons-nous sur Necroceros à présent si tu veux bien, et il y a une chanson tout d’abord qui m’a interpellée : « Three Years of Famine ». Est-ce l’actualité bien triste qui creuse toujours un peu plus l’inégalité du partage des richesses dans le monde qui t’a poussé à écrire cela du fait de la crise économique et sociale que nous traversons dans nos sociétés contemporaines ?
Non, non, pas du tout. Cette chanson est en relation avec la famine qui sévit en Chine durant le maoïsme, la dictature communiste de Mao Zedong quand il fut au pouvoir entre 1949 et 1976. Le régime maoïste aurait fait a priori entre 50 et 70 milions de morts, tu sais, malgré les réformes agraires et la politique de redistribution des terres aux paysans. Ce fut une terrible tragédie en Chine…

ASPHYX Necroceros (artwork by Axel Hermann)

Est-ce une chanson politique ? Tu y donnes ton avis ou bien tu te places comme un observateur, un rapporteur de l’Histoire ?
Euh, non, c’est une chanson historique, disons, qui traite oui de politique, mais je ne donne pas de point de vue même si je m’oppose à cela, bien sûr. Le gouvernement chinois a conduit à cela. C’est une réalité. Ils ont dit que c’était une catastrophe naturelle, mais non, c’est leur politique qui a conduit à cette famine et tant de morts.

Asphyx a-t’il déjà tourné en Chine justement ?
Non, et avec ce nouveau morceau, ça n’est pas demain la veille. Cela m’étonnerait que l’on y aille à présent… (rires)

Oui, comme Napalm Death interdit de concerts encore au Viêt-Nam à cause de son nom ? (rires)
Oui, probablement, c’est du même acabit…

À propos maintenant du titre cette fois de votre nouvel album, Necroceros. Pourquoi ce titre ? D’où t’est venue l’idée de ce nouveau mot ? Cela m’a rappelé l’album Deathhammer… (sourires)
Il s’agit d’un mélange de mots puissants dans un registre fantastique entre la mort, le cadavre (« necros » en grec), et l’animal à corne, le rhinocéros, tout simplement. On voulait un seul mot imposant, puissant. Un peu comme Deathhammer. Tu sais, je lis énormément de livres, de comics de fantastique, de science-fiction, horreur, etc. alors l’inspiration m’est venue ainsi sur le titre de l’album. J’aime bien créer de nouveaux mots du coup ainsi. Parfois, j’ai des idées totalement loufoques, sur Terre, dans l’univers, avec des créatures et on va tous mourir, etc., enfin ce genre de choses, tu sais, et ça colle bien avec le Death Metal ! (rires)

Parfois la fiction semble rejoindre la réalité… Lis-tu aussi des mangas ?
Non, pas trop, je préfère les comics traditionnels. Par exemple, par contre, ma nièce aime bien Naruto qu’elle lit beaucoup. Moi je préfère les vieux comics sur la mort, etc. (rires)

As-tu écrit toutes les paroles sur Necroceros comme d’habitude ?
Oui, comme d’habitude, j’ai tout écrit en m’inspirant de toutes mes lectures et fruits de mon imagination aussi… (sourires)

Musicalement, certaines chansons sont très heavy, avec un côté plus mélodique dès que vous ralentissez le tempo avec une approche Doom Metal old school, comme le terrible « Mount Skull » ou justement « Three Years of Famine » évoqué précédemment…
Oui, tout à fait, je pense justement que c’est ce qui définit la musique d’Asphyx. Ce mélange de Death et de Doom Metal old school. On a toujours fait ça, dans les deux sens, Doom/Death ou Death/Doom, comme tu veux. (rires) La chanson « Three Years of Damine » est par exemple très lourde et triste, mélancolique, car on y parle vraiment de cette tragédie chinoise durant le maoïsme. C’est très Doomy comme ambiance. Il s’agit d’un morceau typique d’Asphyx justement, tu vois.

Peux-tu m’en dire plus sur l’autre chanson, « Mount Skull » qui est véritablement écrasante et dont le titre m’a évoqué à la fois le livre et film du célèbre gorille King-Kong sur son île Skull Island, mais aussi le dernier Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal… ? (sourires)
Ah non, en effet, cela aurait pu, tu n’as pas tort…. Il s’agit en fait d’un mélange de l’exploration polaire par les aventuriers Roald Amundsen et Robert Scott (début XXème siècle) et une histoire inspirée d’une histoire de l’écrivain américain H.P. Lovecraft sur la folie. Disons que j’en ai fait ma propre histoire à partir de ça. Il s’agit d’aventures vers cette montage imaginaire, et c’est aussi une ode à l’aventure, aux aventures, et à Lovecraft mais je ne suis pas le plus calé cependant sur H.P. Lovecraft. En gros, ils trouvent cette énorme montagne qu’ils doivent se partager ce crâne, et l’un doit mourir. Mais tu devrais te pencher sur les paroles que j’ai écrites, tu devrais aimer, je pense…

Comment est accordé Paul Baayens sur ce nouvel album Necroceros au juste à la guitare ? Lui arrive-t’il parfois de jouer sur guitare sept ou huit cordes ou une guitare baryton  comme c’est la grande mode pour sonner toujours plus grave ?
Il joue toujours sur guitare six cordes et majoritairement il est accordé majoritairement sur l’album en Si (B) ou en Ré (D) comme sur le titre « Botox Implosion ». Il reste fidèle à lui-même et non, il ne joue donc pas sur sept, huit ou plus de cordes. Il ne joue pas non plus de violon, ni ne rajoute une tonne d’effets. Chez Asphyx, c’est simple, sans fioriture : une basse, une guitare, une batterie, et moi au micro. C’est du basique.

Oui, enfin c’est du basique mais très efficace et puissant et vous n’avez jamais failli durant toutes ces années !
Merci !

Asphyx incarne par excellence le Death Metal old-school aux influences Doom parfois depuis le début en 1987 et êtes un des pionniers du genre en Europe. Comment fonctionnez-vous encore au sein d’Asphyx sans Bob Bagchus à la batterie était le seul membre d’origine étant donné que toi tu es arrivé un peu après en 1990 pour ensuite l’album The Rack (1991) ? Comment travaillez-vous tous ensemble ?
Comment on fait ? Paul Baayens (Hail Of Bullets, Thanatos) arrive toujours avec des idées de riffs à la guitare puis on se voit tous les deux car les autres ont des boulots donc ce n’est pas évident. Puis on répète, on voit ce qu’il a apporté même si je sais déjà un peu ce sur quoi il a travaillé car on utilise quand même finalement des fichiers en MP3 que l’on échange par internet.

C’est vrai que ton grain de voix est vraiment unique et en fait l’une des forces et même un instrument à part entière dans la musique d’Asphyx !!
Merci. Je pense que l’on peut reconnaître de suite notre groupe ou ma voix, c’est vrai. Pour les fans, ils nous reconnaissent immédiatement et ça c’est bien. Ils se disent alors : « Ah, ça c’est Asphyx ! ». Alors que parfois, quand on écoute un groupe, il y en a tellement qu’on ne fait pas toujours la différence ! (rires). Je suis ravi que les gens nous reconnaissent et qu’on se distingue des autres. C’est pas le cas de tous dans notre genre musical.

Enfin, que devient ton side-project Grand Supreme Blood Court ? Et surtout je voulais de te demander pourquoi as-tu quitté Hail of Bullets en 2015 ? Regrettes-tu parfois ta décision ?
Avec Grand Supreme Blood Court, on avait quelques concerts de prévus, mais là encore, comme avec Asphyx, c’est tombé à l’eau cette année (2020)… Donc on n’est pas sûr de rejouer ensemble car la priorité actuelle demeure Asphyx avec ce nouvel album Necroceros pour lequel j’espère être bien occupé. Pour Hail of Bullets, ouais… Je pense que j’ai peut-être fait là ma plus grosse erreur…

Ah oui, vraiment ? Et pourrais-tu reformer/relancer Hail of Bullets alors peut-être avec ton guitariste Paul Baayens et Stephan Gebédi (Thanatos) car ces temps difficiles sont aussi propices à la création, la composition et l’écriture, ainsi qu’à l’enregistrement en studio ? Tu pourrais-tu écrire un nouvel album ou EP car tu avais quitté le groupe après le troisième opus III: The Rommel Chronicles ?
Il n’y a là rien de définitif, ce n’est donc pas exclu… (sourires) En fait, je n’étais pas content sur certaines choses et la tournure que ça prenait. Je rentrais chez moi et avais plein de factures, j’étais en colère. J’avais alors écrit un mail pas très sympa aux autres… (rires) Mais depuis, on s’est revu avec les gars, ils m’ont alors dit que ce que j’avais dit sur le moment dans cet email n’était pas très cool envers eux. Je me suis excusé et ai avoué que ce que j’avais fait, en effet, c’était pas très classe et était totalement ma faute… Depuis, on se reparle. Il n’y a plus de problème ni d’animosité entre nous…

CHRONIQUE ALBUM

ASPHYX
Necroceros
Death Metal
Century Media/Sony Music

Il est toujours bon de se retrouver dans les valeurs sûres en temps de crise, en l’occurrence ici dans du bon vieux Death Metal européen. Asphyx ne s’est pas posé visiblement de question à l’entame de ce dixième album dont le titre d’ouverture sonne comme son leitmotiv (« The Sole Cure Is Death »), quatre ans après Incoming Death qui était peut-être un poil inférieur au rouleau compresseur Deathhammer (2012) histoire de titiller son sympathique frontman Martin van Drunen qui en reste satisfait : « Notre précédent album a eu de très bonnes critiques en général dans les magazines, etc. On a été album du mois même à plusieurs reprises, les réactions ont donc été plutôt bonnes. On a alors pas mal tourné dans les clubs et festivals, notamment aux États-Unis sur la côte ouest dont une date à Los Angeles. »

Inspiré par ses lectures (histoire, fantastique, horreur, ou science-fi), Necroceros permet à notre vieil ami de développer ainsi son imaginaire (« Mount Skull » sans lien avec l’île de King-Kong « même si ça aurait pu », où le riff entêtant vous trotte dans la tête et fait taper du pied). Si Asphyx n’innove plus vraiment de nos jours (accordage bas toujours sur 6 cordes du guitariste de Thanatos, Paul Baayens, majoritairement en Si (B) ou en Ré (D) comme sur le dévastateur et grinçant « Botox Implosion »), le quatuor hollandais reste fidèle à son style aux influences parfois Doom bienvenues dans ce Death sauvage (« Three Years Of Famine » en référence « aux temps de la famine durant le maoïsme en Chine », ou l’énorme intro de la chanson-titre).

Derrière les fûts, non pas de bière mais de batterie, l’imposant Husky (ex-Desaster, ex-Sodom, Trinitas) fait sa seconde apparition studio impeccable sur un album des Bataves, lui qui est pourtant « pas mal occupé actuellement même s’il a quitté Sodom l’an dernier car il vient d’acheter sa nouvelle maison à la frontière germano-néerlandaise pour se rapprocher de nous afin de répéter. »

Sincèrement, on a hâte de respirer de nouveau le Death old school d’Asphyx live derrière notre masque. Pour l’heure, ce Necroceros très heavy et contagieux défouraillera vos cages à miel quelque peu encrassées depuis près d’un an déjà… [Seigneur Fred]