Il n’y a pas à dire, Betraying The Martyrs est l’un des groupes français les plus prodigieux depuis Gojira. Que l’on aime ou pas leur style, on ne peut s’empêcher de dire que leur destin est tracé et que la route leur sourit. Et cela ne va pas s’arrêter grâce à ce formidable nouvel album « Rapture », condensé de violence et de maîtrise.

[Entretien avec Victor Guillet (claviers, chant)  par Loïc Cormery]

 
Y-a-t-il un concert qui t’a particulièrement marqué durant ces dernières années? 
Chaque concert est unique, et c’est ce qui fait le charme de tourner autant, mais si je devais en garder seulement deux… je dirais: lors du Mayhem Festival, à Chicago, en ouverture de Slipknot. C’était vraiment la première fois où nous jouions devant un océan de personnes s’étalant jusqu’à l’horizon… C’était très impressionnant! Le deuxième serait en première partie d’Asking Alexandria à Londres, devant une Brixton Academy sold-out. Les gens criaient tellement fort, lorsque nous sommes montés sur scène, qu’il nous était impossible d’entendre notre propre intro, et on a failli se planter sur le départ ! (rires)
 
Peux-tu revenir sur votre accident, il y a quelques semaines, où vous avez perdu tout votre matériel ?
Je pense que nous avons vécu le pire cauchemar de notre vie. Cela a été très dur à encaisser et de pouvoir se dire qu’on allait certainement devoir tout laisser tomber. Car hélas, cette idée nous ait venu à l’esprit assez rapidement. Nous nous sommes tellement battus pendant toutes ces années, et en un seul instant tout est parti en ruines. Après mûre réflexion, nous avons fait une campagne de financement participatif pour pouvoir racheter tout le matériel nécessaire et pouvoir repartir en tournée. Nous avons récolté beaucoup de fonds, grâce aux fans bien évidemment, mais également aux artistes qui ont été d’une aide précieuse. Tous ces messages de soutiens nous ont réellement touchés, et nous leur serons  éternellement reconnaissants.
 
Chris Adler (ex-Lamb of God) est votre manager à l’international. Comment l’avez-vous rencontré et quel a été le déclic pour lui ?
Chris est un réel professionnel. Je ne dis pas ça pour les autres, mais je pense qu’il a énormément de métier et de relations dans le milieu. C’est lui-même qui nous a fait une proposition. Au départ, nous ne savions pas si c’était une blague, mais c’était bien lui et il voulait nous rencontrer. Il adore le groupe, c’est aussi pour cela qu’il est venu frapper à notre porte. C’est très étonnant, mais c’est la stricte vérité. Nous savons qu’avec Chris, l’avenir s’annonce bien meilleur pour nous et nous suivons ses conseils à la lettre.
 
Comment s’est passé le processus d’écriture cette fois-ci? C’était différent des autres albums? 
Nous voulions vraiment évoluer sans perdre notre identité. Je pense que cela se ressent sur les deux premiers singles, « Eternal Machine » et « Parasite ». C’est ça le nouveau son Betraying The Martyrs, et j’espère que tout le monde va adhérer. Cette fois-ci, nous voulions clairement travailler autour d’un « thème », non pas sur l’album dans son intégralité, mais chanson par chanson. Chaque morceau a été construit à partir d’une idée directrice (ambiance, etc…), puis tous les membres du groupe ont travaillé à partir de cette base. Ce n’est qu’à la fin du processus que nous avons réalisé que les morceaux représentaient tout ce que nous avions vécu et surmonté en tant que groupe. C’est quelque chose dont nous sommes très fiers.
 
Le travail avec Aaron a-t-il été plus complexe ou au contraire tout s’est passé comme prévu? 
Pour la première fois depuis la création du groupe, Aaron et moi-même nous sommes retrouvés dans une position, où la construction des morceaux laissait vraiment la place pour nous exprimer vocalement. En mettant l’accent sur les voix comme instrument-clé, les chansons ont été construites autour de celles-ci, comme un tout, où chaque partie est à sa place. Grâce à ça, le processus d’écriture et d’enregistrement a été plus simple et plus agréable pour nous. Je pense que tu seras d’accord sur le fait que le résultat n’en est que plus fluide et cohérent. 
 
 

 

BETRAYING THE MARTYRS
Rapture
Métal moderne
Sumerian Records
★★★★☆

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Artwork de l’album « Rapture » (2019)
 
Betraying The Martyrs tient à marquer les esprits après le redoutable « Resilient » (2017), où le groupe commençait à émerger vers une évolution musicale, pas encore totalement acquise. Après de nombreuses tournées à l’international, puis une « énorme galère » suite à l’incendie du tour bus et la disparition totale de leur matériel, Betraying The Martyrs revient encore plus fort et remonté que jamais. Toujours chez Sumerian, un élément déclencheur vient propulser la carrière du groupe en la personne de Chris Adler (ex-Lamb Of God), qui est très fier de pouvoir les manager, et ainsi accéder à une notoriété supérieure. Betraying The Martyrs étonne et surprend sur ce nouvel album. On reste bien dans son univers, mais il y a une évolution dans la musique et les paroles torturées d’Aaron Matts. On se prend quelques rafales sur « Down », sur l’énorme « Parasite » (regardez le clip!), ou encore le redoutable « The Swarm », où Victor délivre une prestation vocale des plus réussies. Au niveau du chant, Aaron et Victor ont vraiment fait un travail remarquable. L’atmosphère lugubre est de plus en plus conséquente, rendant vraiment service aux guitares et à la musique en elle-même, comme en témoigne « Monster ». « Rapture » est un album incontournable en matière de Metal moderne cette année. [Loïc Cormery]
 

Betraying The Martyrs : Rupture et conciliation.

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