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BLOOD RED THRONE : Imperial Congregation

BLOOD RED THRONE
Imperial Congregation
Death Metal
Nuclear Blast/ADA

À l’heure où les politiques s’étripent déjà pour partir en campagne présidentielle pour 2022, essayant de rassembler les masses lors de congrès de propagande, voilà que les Norvégiens de Blood Red Throne repartent, eux aussi, en campagne mais musicale celle-ci, chose qui nous intéresse bien plus à l’occasion de la sortie d’Imperial Congregation. Rappelons que ces vieux loups de la scène death metal norvégienne, pays plus connu pour sa scène black (mais il existe des passerelles comme vous le verrez plus loin…), n’en sont nullement à leur premier fait d’armes, puisqu’il s‘agit là de leur dixième brûlot studio, le combo scandinave existant depuis 1998 ! Premier constat : ça fait toujours aussi mal par où ça passe ! La chanson-titre, plutôt classique, ouvre les hostilités sur un riff typique death metal boosté par des blasts beats. Puis un rythme mid-tempo prédomine sur le morceau entrecoupé par divers breaks de courts soli de guitares en shredding, tout en fluidité, puis ça reblaste. Direct et mélodieux, Blood Red Throne a su peaufiner son jeu avec le temps. Si leurs meilleurs albums sont probablement derrière eux (le sanglant Affiliated With The Suffering et sa pochette censurée/Hammerheart Rec./2003), Fit To Kill, leur petit dernier paru en 2019 (Mighty Music), avait montré un groupe en pleine forme, et ce, malgré le départ du guitariste Tchort il y a une dizaine d’années déjà. En effet, l’ex-bassiste d’Emperor et ex-gratteux de Carpathian Forest (vous voyez la passerelle là au sein de la scène musicale norvégienne ?) avait préféré se consacrer pleinement à son groupe principal Green Carnation en 2010. Remplacé bien entendu depuis, Blood Red Throne s’est remis progressivement de son absence et les compositions de Fit To Kill avaient véritablement tué nos cages à miel en 2019. Idem sur Imperial Congregation où l’on ne s’ennuie pas non plus, rassurez-vous, nos cinq musiciens proposant comme à l’accoutumée un death metal très dynamique (l’excellent « Itika » entre death et thrash), truffé de breaks, avec diverses influences dans ses riffs tranchants et différentes rythmiques (thrash, grindcore, hardcore…), groovy même pourrait-on dire (« 6-7 », ou «Transparent Existence » rappelant étrangement Pantera par la tonalité de son riff principal), oscillant entre la vieille école et celle moderne (« Conquered Malevolence », entre Chimaira et Dying Fetus) grâce à des influences depuis longtemps digérées (américaines essentiellement : Morbid Angel, Deicide, Cannibal Corpse…).

Tout est donc continuellement et savamment dosé pour ne pas trop en faire (les soli de guitare), ni trop s’éparpiller dans un amoncèlement de riffs sans fin. Les gars vont à l’essentiel tout en se creusant un minimum la cervelle et les phalanges sur leur manche. On se régale également dans le travail de Freddy Bolsø à la batterie tant l’homme-pieuvre sait tout faire, et varier ses parties avec panache. La production sonore des Norvégiens y fait pour beaucoup aussi, mettant en avant par exemple le son de basse de Stian Gundersen (Glimt, The Dark Nebula, You Suffer) comme par exemple sur le très heavy « We All Bleed » aux faux airs de Cannibal Corpse. Quant aux growls (et parfois screams) du chanteur Yngve « Bolt » Christiansen, ils impressionnent réellement à faire trembler les enfants le jour de Halloween à Kristiansand, ville où est basée la plupart des membres de Blood Red Throne. Quoi ? Ce gaillard ne vous dit rien ? Mais si, vous savez le chanteur de Grimfist, l’ex-groupe de death/thrash de Horgh (Immortal, Hypocrisy…) ? Bon c’était là encore une autre passerelle pour voir si vous suivez toujours. Le bonhomme apporte là encore une puissance écrasante. Pour finir sur ce congrès death metal et ses dix chapitres, eh bien, on ne peut pas reprocher grand-chose sur la qualité intrinsèque de ce dixième album du quintet norvégien où chacun y trouvera son bonheur. Un must have 2021. [Seigneur Fred]