Après plus de trois décennies au service d’un hard rock mélodique qui renaît de ses cendres, Bonfire affiche une inspiration intacte et semble même plus puissant et fédérateur que jamais. Le quintette allemand sort un Fistful Of Fire passionné et enthousiasmant. [Entretien avec Hans Ziller (guitariste et fondateur) par François Alaouret — Photo : D.R.] 

Ce qui ressort à la première écoute de Fistful Of Fire, c’est la grosse production et des morceaux bien plus puissants que sur vos précédents albums…
Nous avons toujours cherché à nous améliorer d’album en album, mais celui-ci montre une belle unité et une vraie force. Nous avons eu huit mois pour le composer et l’enregistrer et on en est très fiers !

D’ailleurs, on a un peu de mal à imaginer que Bonfire existe depuis 35 ans, car vous restez très créatifs et avec une façon de composer très actuelle…
Tu sais, je suis dans l’industrie musicale depuis 40 ans maintenant et j’ai compris qu’il fallait sans cesse aller de l’avant et rester dans l’air du temps. L’une des recettes est que tout le monde doit être concerné par l’écriture des morceaux, que tout se fasse en groupe. Et ça apporte aussi beaucoup de fraîcheur.

Fistful Of Fire est votre second album avec votre chanteur Alexx Stahl, et il donne l’impression d’avoir toujours été là. Quelle a été son implication dans ce nouvel album ?
Oui, tu as raison : Alexx est vraiment la force de cet album (rires) ! Il a une grande expérience en tant que chanteur, c’est clair. En ce qui concerne la composition, notre bassiste Ronnie Parkes est américain et c’est lui qui écrit la majeure partie des textes. Je pense que c’est mieux d’avoir quelqu’un dont l’anglais est la langue maternelle pour l’écriture, car c’est beaucoup plus fluide et naturel.

J’aimerais que tu nous parles de votre premier single « Rock ’n’ Roll Survivors ». Cette chanson résume plutôt bien votre carrière, non ?
Oui, c’est vrai, car nous avons connu des hauts avec des disques d’or, et aussi des moments où nous étions au plus bas. En résumé, la chanson raconte que, quand tu es à terre, tu dois te relever à chaque fois. Nous n’avons jamais cessé de croire en nous et ni notre musique ni notre attitude n’ont jamais changé. On a toujours fait du rock ’n’ roll !

L’album contient 13 morceaux, ce qui devient de plus en plus rare. Cela a été difficile de faire une sélection dans vos nouvelles compositions ?
En fait, nous n’avons pas écrit tant que ça. Nous nous sommes focalisés sur l’essentiel, car nous savions où nous voulions aller. On n’a pas composé 50 chansons. Nous nous sommes réparti l’écriture par thèmes. Tout était clair dès le départ. En fin de compte, c’était un bon compromis.

Peux-tu nous dire un mot de « Fire Prelude », qui fait inévitablement penser à « Eruption » d’Eddie Van Halen ?
En fait, au départ, ce devait juste être l’intro d’un morceau, un peu comme on faisait dans le temps avec un bon riff de guitare pour ouvrir un titre. J’avais plusieurs intros possibles, et, au final, je les ai rassemblées et on a tous trouvé ça cool ! Plus personne ne le fait, je ne sais pas pourquoi. C’est peut-être trop old school (rires) ?

Enfin, avec la sortie de Fistful Of Fire, une tournée était prévue et calée. Comment cela se passe-t-il avec le Covid-19 ? Tout est annulé ou reporté ?
Bien sûr, beaucoup de festivals sont annulés et nos concerts sont en suspens pour le moment. Nous suivrons, de toute façon, les consignes des différents gouvernements et nous ne prendrons pas de risque. Nous espérons partir sur la route dès que possible, car Fistful Of Fire nous a demandé beaucoup de travail et nous serions déçus de ne pas le jouer sur scène. On croise les doigts !

BONFIRE 
Fistful Of Fire
Hard rock
AFM Records
4,5/5

Dès « The Joker » et « Gotta Get Away », on comprend vite que le groupe allemand a décidé de mettre l’accent sur les guitares et qu’il affiche d’emblée un hard rock mélodique rentre-dedans. Déjà depuis l’album précédent, Byte The Bullet, Bonfire semble monter en puissance. Fistful Of Fire révèle en outre des refrains menés par un Alexx Stahl en grande forme, tous sont hyper-fédérateurs et véritablement taillés pour la scène (« The Devil Made Me Do It », « Ride The Blade »). Le quintette ne baisse pas en régime et le single, le bien nommé « Rock ’n’ Roll Survivors », sonne terriblement heavy. Hans Ziller enchaîne les riffs et les solos pleins de feeling (« Fire Prelude ») comme au premier jour. Décidément, Bonfire ne fait pas son âge (« Breaking Out »). Et le morceau titre amorce (déjà !) la fin de l’album que « Gloryland » vient conclure sur une belle dynamique ! [François Alaouret]