CANDLEMASS
Green Valley Live
Doom Metal
Peaceville Rec.

Comme leurs confrères américains de Lamb of God et leur unique concert donné l’an dernier à la maison faisant l’objet du récent album Live In Richmond, VA qui vient de paraître (Nuclear Blast), les pionniers du Doom Metal nous offrent ce show domestique immortalisé le 3 juillet 2020 à Stockholm. Chose intéressante ici, on retrouve le bassiste/co-fondateur Leif Edling, lui qui avait cessé de tourner ces dernières années pour des raisons de santé, que ce soit d’ailleurs pour Candlemass ou avec son autre groupe Avatarium… Débutant par quelques classiques des Suédois tels que les puissants « The Well of Souls » (tiré du second album culte Nightfall qui inspira plus tard une célèbre formation hellénique…), « Dark Reflections » (de l’album Tales of Creation), ou les deux extraits « Mirror Mirror » et « Anciens Dreams » de l’album moins connu du même nom Ancient Dreams (1988), ce Green Valley Live fait du bien à entendre en attendant des jours meilleurs. Plus loin, deux autres morceaux, et pas des moindres, « Bewitched » et « Dark Are the Veils of Death », viennent nous rappeler un peu plus le souvenir de Nightfall, premier album marquant l’arrivée du chanteur Messiah Marcolin qui d’ailleurs apporta le nom de ce disque un beau jour de 1987. Mais quid, me direz-vous, de leur premier opus culte Epicus Doomicus Metallicus ? Que les fans soient rassurés, pas moins de quatre énormes sont interprétés successivement en fin d’album, avec une batterie qui cogne et un chanteur à la rupture, tout d’abord sur « Under the Oak » (suivi d’une petite session bluesy/doomy de jam entre nos gaillards durant près de trois minutes (« Doom jam ») rappelant Avatarium avec son orgue hammond; puis « A Sorcerer’s Pledge », « Solitude », et enfin « Demon’s Gate ». Captée dans l’intimité du Q.G. du groupe à Stockholm, la production sonore se veut plutôt chaleureuse et très organique, assez spartiate cependant, à l’image de Candlemass de toute façon live, et nettement moins retouchée et proprette que le live justement de Lamb of God évoqué en préambule. On y entend très bien la basse du boss Edling par exemple et les guitares de Mats Björkman & Lars Johansson. Au micro, c’est avec plaisir que l’on retrouve donc Johan Längquist, quelque peu oublié durant les années à succès qui suivirent du fait de l’arrivée de Messiah Marcolin (1986-1991) car oui, c’était lui, le vieux briscard Längquist qui figurait, souvenez-vous, sur Epicus Doomicus Metallicus en tant que simple intervenant de session studio, mais l’homme préféra alors ne pas rester à l’époque au sein de Candlemass… Mais ça c’est de l’histoire ancienne…

Exit par conséquent Mats Levén ici (même en tant qu’invité ce qui aurait pu être sympa, mais bon épidémie de covid-19 oblige), même si une seule chanson du répertoire récent apparaît toutefois dans la set-list avec le titre « Astorolus – The Great Octopus » (de l’album The Door to Doom paru en 2019 chez Napalm Records) dans une version un peu raccourcie ici. Petite déception tout de même finalement, rien de la période qui vit le groupe suédois renouer avec un certain succès entre 2006-2012 lors de la collaboration avec le chanteur américain Robert Lowe (ex-Solitude Aeternus) dont le nouvel opus En Delirium, me dit-on dans l’oreillette, paraît également ces temps-ci avec l’un de ses nouveaux groupes Grief Collector (l’autre étant Tyrant), le 14 mai 2021 précisément. Voilà, la messe est dite, alors ruez-vous sur Green Valley Live (disponible en CD, LP, et DVD) à présent si vous voulez faire rentrer par la porte le meilleur du Doom live dans votre salon en attendant le retour à la scène de la légende suédois qu’est et sera éternellement Candlemass. [Seigneur Fred]