CRESCENT The Order Of Amenti cover

D’abord repérés au Wacken Open Air Festival en 2014 lors d’une Metal Battle, puis plus près de chez nous du côté de Torcy (Seine-et-Marne) lors de l’édition 2017 du désormais incontournable Fall of Summer, les Egyptiens de Crescent surprirent à chaque fois leur public par leur Blackened Death Metal comme ils aiment se définir. Même si sur scène il manquait néanmoins une certaine fougue en live, les musiciens étant trop statiques et appliqués à délivrer un set professionnel, il n’empêche que ce quatuor originaire du Caire s’est formé étrangement en 1998, soit la même année où un certain Nile sortait son premier album outre-Atlantique… Simple coïncidence ou signe du destin ? Pour l’heure, Crescent sort seulement son second album en vingt ans et si la quantité fit défaut durant toutes ces années dans leur jeune discographie, la qualité est au rendez-vous. Basé sur la mythologie de leurs aïeux avec tout du long de nombreuses références au panthéon égyptien (ApophisMonthu, Horus, Amon Ra, Osiris, etc.), The Order Of Amenti impressionne par la solidité de ses compositions et la puissance de sa production sonore (mixé et masterisé au Studio Vamacara en France). On voit bien dès les premières secondes que les membres de Crescent ne font pas semblant et ont travaillé d’arrache-pied comme des forçats passionnés de metal extrême pour donner un successeur à leur premier opus Pyramid Slaves déjà remarqué il y a quatre ans. Les rythmiques sont tout bonnement ici monstrueuses (il n’y a qu’à écouter « Sons Of Monthu » pour vous en convaincre et vous faire headbanguer) mais le petit plus réside assurément dans ces sombres sonorités orientales (le très explicite « Obscuring The Light »), quelque part entre Melechesh et Nile Et ces sonorités apparaissent d’autant plus convaincantes et légitimes du fait des origines géographiques et culturelles du groupe. Crescent possède en outre bien d’autres trésors cachés encore dans ses catacombes comme ses premiers amours avec le Black Metal et surtout ses influences majeures orientées Brutal Dark/Death Metal comme Immolation (« The Twelfth Gate » dont le timbre vocal évoque celui de Ross Dolan) ou Behemoth, jadis orienté lui aussi Black Metal. Le célèbre combo polonais a visiblement inspiré nos Egyptiens dans son mélange efficace de riffs costauds avec toujours ces rythmiques à réveiller une momie, le tout dans une atmosphère mystérieuse et oppressante (« Reciting Spells To Mutilate Apophis ») ! Les habiles guitaristes Ismaeel Attallah et Youssef Saleh n’en oublient pas pour autant de laisser respirer leurs compositions et d’y glisser de jolis soli pour éclairer de temps à autre le chemin des auditeurs dans ce dédale de galeries de pyramides, en moins technique cependant que les maîtres du Death Metal ithyphallique, Nile ! De toute manière, que vous soyez fans de Behemoth ou de Nile, vous trouverez votre bonheur dans The Order Of Amenti tant le potentiel de Crescent est énorme et seulement en plein envol, mais aussi parce que le groupe se veut presque plus légitime que ces pairs finalement. Alors ruez-vous sur cette seconde offrande et ne les manquez pas en live, car ses lointains descendants de pharaons (ou d’esclaves des pyramides, comme le suggérait leur premier album) seront très bientôt en France ! 

[Seigneur Fred]