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CRISIX
Faim de thrash !!!

Initialement prévu à l’affiche de l’édition 2021 du Motocultor Festival cet été, et invité au prestigieux Hellfest From Home faute de mieux, c’est avec grand plaisir que nous retrouvons en cette rentrée nos thrashers catalans, deux ans à peine après leur album de reprises Crisix Sessions : #1 American Thrash qui a connu son petit succès. Revigorée comme jamais, la formation ibérique compte bien rattraper le temps perdu avec ce tout nouvel EP cinq titres à dévorer autour d’une bonne pizza entre amis. [Entretien avec BB Plaza (guitare) par Seigneur Fred – Photos : DR]

Qu’a fait le groupe depuis votre dernier LP de reprises Crisix Sessions : #1 American Thrash que nous avions chroniqué en novembre 2019 ? Pouvez-vous résumer l’évolution du groupe depuis votre précédente sortie ? Avez-vous beaucoup tourné par exemple avant 2020, et l’arrivée de cette pandémie liée au covid-19 ?
Tout d’abord, merci pour ton excellente critique d’American Thrash, mec ! On a été tellement occupé… Après la sortie de l’album de reprises, nous nous sommes envolés pour l’Amérique pour jouer au Full Terror Assault Fest avec Vio-lence, Soulfly,… puis au Japon pour le Japanese Thrash Assault Festival avec Exciter, Xentrix, Gama Bomb et Insanity Alert. Nous avons fait deux concerts à guichets fermés à Tokyo. Ensuite, on est retourné aux États-Unis pour une tournée en tête d’affiche avec les thrashers de Paralysis du New Jersey. Nous avons donné ensuite beaucoup de concerts en Europe, principalement en Allemagne, puis avec Testament et Iron Reagan. D’ailleurs on a donné divers concerts à quelques festivals français comme Metal Cultures, Lezadro’s, Thionville… La dernière saison des festivals en 2019 a été une tuerie. On s’est produit au Wacken Festival, au Graspop, et sur la scène principale du Resurrection Fest en Espagne après Slipknot. Et on a même réussi à faire dix-huit dates de « tournée souterraine » à guichets fermés au début 2020, puis ça s’est arrêté. On a réussi par la suite à proposer quelques spectacles avec distanciation sociale, et aux Wacken et Resurrection, on a fait des éditions à la maison sur internet sans public 2020. En 2021, de même, Crisix a joué à Clisson pour le Hellfest From Home, et ce fut en fait notre premier show en 2021. Maintenant, avec le recul, je constate que 2019 fut une année d’incroyable explosion internationale pour Crisix, puis tout ça s’est arrêté d’un coup… Mais d’un autre côté, nous avons utilisé cette pause pour créer la meilleure merde possible de thrash jamais sortie ! (rires)

Maintenant, je suppose que vous devez être très impatient de jouer en live ces chansons de ce nouvel EP et de les partager avec le public afin de revoir vos fans dans la réalité ? Que pensez-vous du streaming d’émissions sur internet depuis un an et demi ? Vous aimez ça et en avez fait avec Hellfest From Home ? Quel est est ton ressenti là-dessus ?
Oui, nous avons joué deux nouvelles chansons sur l’édition en ligne du concert sur internet dans le cadre du Hellfest from Home en juin 2021. Lorsque l’événement est aussi bien organisé que le Hellfest depuis chez soi, ce genre de spectacles peut avoir beaucoup de sens pour un groupe avide de spectacles et de scènes. C’était sans public, d’accord, et beaucoup de gens nous ont d’ailleurs demandé si nous pouvions aussi bien jouer sans. On a imaginé que nous jouions pour tous nos amis et fans comme s’ils étaient tous avec nous, devant nous. Nous savions qu’ils seraient assis devant leur téléviseur. C’est une période de merde, alors il n’y a rien de mieux que de donner à nos fans un show qui tue ! On a pu faire un vrai show avec une vraie scène à Clisson après être resté si longtemps à la maison. En fait, on a vraiment apprécié. L’année dernière, nous avons également fait un court set pour le festival Wacken à la maison, et un pour Resurrection Fest en Espagne comme évoqué précédemment. Et des concerts aussi enregistrés en studio. Et OUI pour répondre à la première question. Nous sommes des accros aux tournées et partons en tournée européenne en septembre et novembre 2021 avec nos copains d’Insanity Alert. Nous travaillons dur pour revenir sur les scènes françaises aussi. J’ai vu beaucoup de gens nous écrire pourquoi nous ne jouions pas en France… Nous l’avions déjà réservé deux fois, mais nous ne l’avons jamais annoncé en raison d’un changement de calendrier constant. On verra par exemple ce qu’il en sera pour le festival Motocultor qui a été annulé comme de nombreux autres.

Comment vous est venue l’idée d’enregistrer cet EP intitulé The Pizza ? Tout simplement lors d’une soirée entre amis à la maison autour d’une pizza ensemble (ou séparément par internet à distance) l’année dernière lors du confinement dans votre province de Catalogne alors que vous deviez tuer le temps, et que vous ne pouviez pas jouer en live ?
Réponse courte : c’est un album destiné à être partagé avec des amis, tout comme les pizzas…
Réponse longue : tu es très proche. Notre ville d’Igualada a été la première à être mise en quarantaine pendant la pandémie en Catalogne. On a fait une réunion de motivation avec tout le groupe, et notre management, dans les montagnes catalanes, après la fin des premières restrictions. Nous avons fait passer de la bonne marchandise en provenant de Galice et avons séjourné quelques jours dans la nature. On a réalisé alors que ne voulions pas faire un album sur le covid, mais quelque chose qui rendrait les gens heureux. Puis, est venu Albert Requena (mon collègue guitariste) avec ce riff principal frénétique, et on a réfléchi à ce que ce riff nous apportait. Albert a dit quelque chose comme : « Hey mec, ce riff m’apporte une sensation de vitesse ». Puis Julián Baz (chant) a suggéré : « pourquoi ne pas parler de l’histoire de tes premières années dans le groupe alors que tu livrais des pizzas tout en combinant des spectacles avec Crisix au début ? », J’ai vécu tellement d’histoires folles à moto, c’est vrai, et nous pensions depuis un certain temps qu’un jour ce serait cool d’écrire une chanson à ce sujet pour en plaisanter. Une fois que nous avons eu le riff, le morceau « No Tip For The Kid » est né. Nous voulions le sortir dans une boîte à pizza. Lorsque les gens l’ont chez eux, ils peuvent le partager avec leurs amis et passer ainsi un bon moment ensemble, comme une pizza ! Avec tout cela à l’esprit, l’idée du Pizza EP a été vite développée de manière très spontanée et naturelle.

A propos des quatre chansons (et d’une piste bonus) composant The Pizza EP, est-ce que ce sont des inédits de Crisix, ou c’était dans les tiroirs du groupe comme des faces B jamais publiées ou extraits une démo que vous n’avez jamais sortie ? Il n’y a là aucune reprise et ce sont bien des compositions originales de Crisix ? D’ailleurs, préparez-vous en parallèle un nouvel album de session de reprises Thrash #2, que ce soit de style américain ou allemand ou bien anglais, qui sait ?
Mec, cette fois, c’est tout du matériel fraîchement cuit. La face B de l’EP s’appelle « Extra Raw » et a été enregistrée en direct en studio avec tout le monde enregistrant en même temps. La piste bonus s’est produite spontanément en fait entre les commandes de pizzas. (rires) Après l’EP, nous sortirons, oui, notre cinquième album studio complet mais sans reprise. Ce sera là encore que du nouveau matériel de Crisix. Pour le moment, nous ne pensons pas encore aux prochaines sessions de reprises Thrash. Cela viendra spontanément comme toutes choses chez Crisix. Mais je te dis que nous avons une longue liste d’idées que nous voulons couvrir depuis que nous avons sorti Crisix Sessions : #1 American Thrash. Nous devons trouver le temps de faire tout cela car on est à vrai dire constamment tenté par de nombreuses nouvelles idées à venir. A noter que nous publions également un jeu « No Tip For a Kid », auquel tout le monde pourra jouer avant la sortie de l’EP.

Mais normalement, la pizza est une spécialité culinaire italienne, pas espagnole ??! Pourquoi l’avoir appelé The Pizza EP alors si ce n’est qu’il s’agit bien sûr d’un plat international ? Tu aurais dû plutôt l’appeler The Tortilla EP, tu ne crois pas ? (rires)
La première chanson « No Tip For A Kid » parle en fait de mon expérience personnelle en tant que livreur de pizza. Nous avions environ vingt structures de chansons lorsque nous avons terminé notre pré-production. Il y avait beaucoup de matériel sympa, et pour la première fois, on avait envie de sortir un EP, comme pour faire un pont entre la tournée, le fait d’être à la maison, et le prochain album studio (LP). Nous n’avions pas de conseil ou d’avis là-dessus, et c’est difficile de bien « cuisiner » une chanson. (rires) Il était évident que nous allions vers une sortie culinaire. Et Julian Baz (chant) est alors arrivé avec le titre « Raptors in the Kitchen » dans les paroles en cuisine, et Javi Carrión (batteur) avec un riff crossover bien old school. « World Needs Mosh » est cependant la seule chanson non culinaire de l’EP. Mais oui, sinon, on adore tous la tortilla espagnole. Mais disons que la pizza, c’est comme notre carburant en tournée ! (rires) Tu n’imagines même pas combien de pizzas nous mangeons quand nous jouons en tournée. Nous sommes des fans absolus de pizzas, comme les Tortues Ninjas ! (rires) Cela fait partie de notre ADN. Vous pourrez tout lire dans notre livre qui sort en septembre avec l’EP. C’est un livre culinaire avec des recettes et des histoires écrites par les membres du groupe. Dans tous les cas, nous considérerons ton idée de faire un EP nommé Tortilla pour une prochaine fois. (sourires) Dans le livret de cuisine qui accompagne The Pizza EP, tu sais, il y a un chapitre entier sur la tortilla espagnole. (sourires)

Sur le premier morceau intitulé « No Tip for A Kid », est-il vrai que les paroles ont été inspirées de ton ancien job lorsque tu étais livreur de pizza et que tu ne recevais pas toujours de pourboire de la part des clients lors des livraisons que tu effectuais ? Peux-tu m’en dire plus à ce sujet ?
Oui, comme je te l’ai dit précédemment, je l’ai fait pendant sept ans ce travail. D’ailleurs, vous pouvez voir certaines de mes expériences de travail de pizza dans la vidéo de « No Tip for a Kid » où nous avons filmé la vidéo recréant mon travail dans une pizzeria, avec même mon vrai patron figure dans cette vidéo pour donner encore plus de crédibilité. Nous avons donc recréé de nombreuses situations que j’ai vécues. Nous nous sommes bien amusés dans le processus, tu sais. La vidéo sort le 3 septembre.

Pendant le confinement en 2020 et jusqu’à maintenant, avec cette nouvelle liberté de sortir en Catalogne, as-tu réécouté beaucoup d’albums de Thrash Metal, c’est-à-dire de vieux classiques (Anthrax, Suicidal Tendencies, Slayer, Metallica, Exodus, Forbidden, Testament, etc.) ou de nouveaux groupes que vous avez découvert peut-être sur internet ? Ou peut-être vouliez-vous vous concentrer sur Crisix et écrire ces nouvelles chansons pour ce nouvel EP sans être influencé par d’autres groupes de Thrash Metal ?
J’ai utilisé mon confinement pour me plonger dans un processus d’auto-évaluation vraiment cool et revenir aux racines. J’ai tellement creusé dans le passé que j’ai même cliqué sur le dossier d’une vieille clé USB qui contenait d’anciens enregistrements que j’avais enregistrés avec ma guitare il y a dix ou douze ans. C’était tellement inspirant d’écouter toutes ces idées. La plupart d’entre elles sont drôles mais c’est du thrash total. L’attitude était déjà là. Après cette explosion du passé, j’ai vraiment creusé sur le dernier album de Forbidden sorti en 2010, je crois qu’il s’appelle Omega Wave. J’ai réalisé à quel point le guitariste Craig Locicero est tellement en forme et j’ai adoré le côté Bay Area qu’il a donné sur cet album enregistré avec un son cependant moderne. Cela m’a surpris de voir comment il a gardé l’essence de la Bay Area sur ce disque contemporain. J’ai également passé du temps à écouter des classiques de la vieille école comme l’album de Vio-Lence de 1993, Nothing to Gain, probablement le visage le plus sombre du groupe. Je suis également redevenu accro aux vieux classiques de Sacred Reich, en me penchant et évaluant des paroles vraiment sympas. Je pense que le chanteur Phil est un grand auteur, je respecte tellement la façon dont il exprime certains messages. J’aime les paroles authentiques de ‘Free’, ‘I never Said Goodbye’ par exemple. De plus, leur récent nouvel album Awakening est vraiment cool ! Mais si je dois parler d’un groupe, ou plutôt un artiste, j’ai passé la majeure partie du confinement à être hypnotisé par les paroles de l’œuvre de Chuck’s Shuldiner (R.I.P.), tout spécialement de Human avec Death jusqu’à sa mort… Personnellement, je pense que c’est quelque chose au-delà de ce monde, et d’une manière ou d’une autre, j’ai redécouvert Death à ce moment-là. Ma tête a fait un clic et j’ai commencé à réaliser que les paroles étaient folles, surréalistes. Pour cela, je pourrais passer vingt-quatre heures à t’en parler, mais nous allons en rester là pour l’instant. (rires)

Pourquoi ce nom ironique sur le quatrième morceau « It’s Tough to Cook a Song » ? Avez-vous rencontré des problèmes d’inspiration pendant le confinement ou est-ce une blague privée entre vous au sein de Crisix ?
Avant d’avoir terminé toute la pré-production de notre prochain album, nous sommes arrivés à quelques conclusions. Comme ça, nous avons beaucoup de riffs et d’idées, des paroles à mettre ici et là et plus de riffs qui pourraient tenir ici ou là. Nous n’avons jamais eu de problèmes d’inspiration, je pense qu’à un moment donné, nous avons même dû arrêter de travailler sur certains riffs et nous concentrer sur les chansons qui nous passionnaient tous. Pour écrire un riff, c’est assez facile, mais la vraie magie est d’écrire une bonne chanson. Ce n’est pas si facile qu’il y paraît. Nous sommes un groupe démocratique. Par exemple, Requena a apporté le premier riff de « No Tip ». Ensuite, il a fallu un certain temps avant que tout le monde soit satisfait du riff suivant. Ce n’est qu’un des exemples. C’est dur d’écrire une bonne chanson. Mais d’une manière ou d’une autre, ironiquement, « It’s Tough to Cook a Song » (ndlr : « C’est difficile de cuisiner une chanson » en français) a été écrit paradoxalement très vite, ha ha ! (rires) J’étais au quartier général de Crisix avec Pla, avec ce riff dans la tête avec le sentiment que je voulais mettre tout de suite ce morceau sur l’EP. J’ai pensé que ce riff avait quelque chose de drôle, d’agressif, de moqueur, qui correspond à 100% à cette idée d’EP. Nous avons donc commencé à l’enregistrer. Pla a ajouté sa partie de basse solo, et puis nous sommes arrivés avec ce refrain final, tellement Rock mais avec une pincée de Punk. Alors oui, cette chanson c’est une blague, mais aussi une auto-parodie avec la vérité dedans. Une chanson parfaite pour un EP orienté culinaire…

D’après toi, qu’est-ce qu’un bon morceau de Thrash justement, et quelle est ta définition du genre Thrash Metal aujourd’hui par rapport à l’époque des années 80 par exemple ?
Il est impossible de sortir avec un seul exemple. La plupart des groupes de Thrash old school l’avaient. Ce sont, je crois, des différences territoriales et générationnelles particulières qui ont défini leur style de thrash. Américain avec Metallica, Exodus, Testament, etc. et tous ces fameux groupes. Nous avons pris beaucoup de choses sur le Thrash américain, mais bien sûr la liste est longue… Puis il y a eu cette scène sud-américaine avec Sepultura qui a ouvert les portes. Bien sûr, il y a cette scène européenne toujours vivante avec Kreator, qui est aujourd’hui l’un des plus grands groupes du Metal européen, Destruction, Sodom, Tankard… Tous ces groupes ont écrit plus d’un hit de Thrash Metal et continuent de le faire encore aujourd’hui ! La scène Thrash Metal d’aujourd’hui est forte avec de jeunes groupes qui arrivent tous les jours. Avec notre nouveau single « World Needs Mosh », nous avons justement essayé de définir le mouvement Thrash d’aujourd’hui, l’ancien esprit avec un son moderne, et une approche moderne des structures. Si je devais choisir aujourd’hui des groupes récents qui ont cet esprit, Evile serait peut-être l’un de ces groupes car ils ont vraiment pris cet esprit et l’ont fait à leur manière.

Maintenant, est-ce que The Pizza EP est un avant-goût du prochain album studio de Crisix prévu pour bientôt ? Travaillez-vous sur un nouvel album studio original (et non un Crisix session #2 américain ou allemand de Thrash) afin de reprendre les routes prochainement, et de présenter plus que quatre ou cinq nouvelles chansons en live ? Quels sont vos plans pour l’avenir ?
Oui, tu as raison. On vous sert déjà The Pizza EP en apéritif pour le grand numéro cinq !. En ce moment, j’enregistre les premières pistes de guitare pour le nouvel album studio. Il sortira au début de l’année 2022 si tout va bien. Je pense que c’est l’un des meilleurs trucs que nous ayons jamais écrits parce que ces chansons ont tellement d’intensité et d’histoires derrière ces idées. On en parlera plus la prochaine fois ! Mais je promets que ça va être une tuerie.

CHRONIQUE EP THE PIZZA (Miam, miam !)

CRISIX
The Pizza EP
Listenable Rec.

Que vous soyez amateurs de la quatre fromages, la reine, ou l’hawaïenne, et bien sûr de thrash metal, vous ne pourrez résister à l’appel musico-culinaire des Catalans de Crisix ! La recette de cet EP intitulé The Pizza est simple, mais ô combien efficace. Voici les ingrédients : des riffs qui cisaillent (le méchant « No Tip for The Kid », souvenir du day job du guitariste BB Plaza au début du groupe), une voix qui a du piquant (Julián Bazooka et son cri à la Tom Araya façon « Angel of Death » sur « World Needs Mosh »), un rythme effréné invitant à chaque instant au headbanging, et des paroles sans prise de tête (des aventures de pizza…), le tout dans un packaging alléchant avec un livret bourré de recettes ! Un disque de thrash crossover jouissif à savourer seul ou entre amis, autour d’une bonne pizza, tout simplement. [Seigneur Fred]