Pas de répit pour nos Thrasheurs teutons de Destruction, épidémie de Covid-19 ou pas ! Un an à peine après la sortie de leur dernier album studio en date Born To Perish, nos vieux amis allemands récidivent avec un nouvel et quatrième album live supplémentaire baptisé Born To Thrash dans leur copieuse discographie entamée un beau jour de 1984 avec leur démo Bestial Invasion of Hell, histoire de combler l’absence de concerts et festivals cet été… Nous avons donc pris des nouvelles de son charismatique et toujours très sympathique leader Schmier en cette période post-confinement. [Entretien avec Marcel « Schmier » Schirmer (basse/chant) par Seigneur Fred – Photos : Liné Hammett]

Schmier (basse/chant) du légendaire groupe DESTRUCTION

Comment vas-tu personnellement du côté de Weil am Rhein en Allemagne, depuis notre dernier entretien pour la compilation de réenregistrement de vos classiques Thrash Anthems II en 2017 dans ce contexte de pandémie de Covid-19 qui perdure plus ou moins ?
Eh bien, le virus est toujours là mais on est toujours vivant, c’est déjà ça !  On ne sait pas trop ce qui se passe et surtout ce qui va arriver. On a été pas mal occupé par le travail sur ce nouvel album live et la promotion à présent. Je pense que le pire est là, rien ne pourrait être pire, ou peut-être que le pire est encore à venir, nul ne le sait vraiment en fait… Mais j’ai l’impression que l’on commence à voir la lumière au fond du tunnel…

Et comment va Mike ainsi que le reste du groupe ?
Bien, je te remercie. On vient d’ailleurs de répéter avec les gars car on va refaire un concert prochainement dans un club par chez nous, à Bâle, près de la frontière germano-suisse. On va même faire deux concerts si tout va bien (NDLR : entretien réalisé le 23/06/20).

Ah oui c’est vrai que vous n’êtes pas loin de la frontière franco-allemande mais aussi germano-suisse… Dégoûté car j’aurai bien aimé vous revoir sur scène cet été !!
C’est exact. Malheureusement tu es un peu loin pour venir nous voir jouer ce weekend et te payer une bière ! (rires) Mais on reviendra bientôt en France, normalement en fin d’année (décembre 2020), enfin ça restera à confirmer tout de même selon l’évolution du virus.

Ok, surtout que toi, tu préfères la Corona au Corona virus, je présume !! (rires)
Ah oui, clairement ! (rires) Bien fraîche et avec du citron…

Un an à peine après votre dernier album studio en date Born To Perish, voici que Destruction est déjà de retour avec un nouvel album mais cette fois-ci live intitulé Born To Thrash. Il s’agit là de votre quatrième disque live dans votre imposante discographie depuis vos débuts en 1983… C’est bien cela ?
Oui, ça doit être quelque chose ça, tu as juste. Je ne compte plus à force… (rires) De mémoire le précédent album live audio était The Curse of the Antichrist – Live in Agony en 2009 il me semble, mais ensuite on a sorti aussi juste après un DVD documentaire et live intitulé A Savage Symphony – The History of Annihilation en 2010 contenant un concert du Wacken Open Air Festival de l’édition 2007. En fin de compte, on a de la chance d’avoir publié d’une certaine façon notre précédent album studio l’an dernier car on a pu tourner déjà un peu partout et même si du coup cette année on est bloqué, il y a ce nouveau live Born To Thrash pour combler l’absence de concerts de Destruction. C’était ça l’idée car il s’agit d’une année très compliquée actuellement…

Ressens-tu une certaine colère en toi ou bien plutôt un sentiment de frustration en tant qu’artiste de ne pas pouvoir faire ton job et partir en tournée pour jouer sur scène, t’exprimer devant ton public, autrement dit faire ce que tu sais faire ?
Ouais, oui, tout à fait. Pour nous musiciens, c’est très dur et négatif. On reste à la maison, on répète, on peut composer, écrire mais nous ce que l’on aime au bout d’un moment c’est jouer sur scène et partir en tournée comme tu dis. C’est notre gagne-pain ! Encore une fois, on est chanceux d’avoir sorti notre album Born To Perish l’an dernier, donc on a pu en profiter un peu jusqu’en début d’année.

As-tu lu le communiqué publié dernièrement sur internet du guitariste Gary Holt (ex- Slayer, Exodus) qui, inquiet, réagissait par rapport aux changements et impacts financiers sur les revenus des musiciens en concerts avec l’un des plus importants promoteurs dans le monde Live Nation qui a annoncé une baisse de revenus donc concernant la part des artistes ? Quelle est ta réaction à ce sujet ?
Oh, il n’y a rien de nouveau là-dessus, tu sais. Fallait s’y attendre… Ça faisait déjà quelques temps que l’on entendait tous parler de ça à vrai dire, mais c’est bien qu’il en parle ouvertement, publiquement. Live Nation est une énorme compagnie qui va moins rémunérer ses artistes en concerts du fait du manque de recettes cette année avec l’annulation des concerts et festivals. Ils nous baissent les vivres, mais à eux aussi, faut pas croire, car tout le monde est impacté. Bien sûr, c’est une mauvaise chose, mais les musiciens vont tout faire justement pour continuer à jouer et tourner. Il va falloir trouver peut-être aussi chose pour continuer, un autre système.

Du coup, toute cette actualité noire avec cet avenir incertain dans l’industrie musicale, ça ne te donne pas envie de raccrocher après toute cette longue carrière déjà, de partir en retraite et faire comme Slayer qui arrête les concerts et tournées et continuera à sortir de temps à autre des albums studio (dixit Kerry King en 2019) ?
Non, non, non,… Pas du tout. Nous ce que l’on aime c’est jouer en concert. Je fais ça depuis une trentaine d’années et ce que j’aime faire, être sur la route, jouer chaque soir, voir les fans, etc. J’aime enregistrer des disques en studio, bien évidemment, mais les concerts c’est l’aboutissement de ça, c’est vivant, c’est l’essence même de la musique selon moi et notamment du Thrash Metal. Alors pour rien au monde j’arrêterai même si cette année est spéciale pour le business comme on le disait. Donc je continuerai tant que je le peux.

Que penses-tu justement de la décision de Tom Araya et Kerry King de Slayer d’arrêter de jouer live et de partir en tournée ?
Pas Kerry King, lui il était OK pour continuer. Non, c’est Tom Araya qui est fatigué et des suites de ces problèmes de santé (opération du dos l) ne veut plus partir sur les routes et jouer en concert, chose que je comprends très bien. Mais si ça ne tenait qu’à Kerry King, il aurait continué. D’ailleurs, je pense qu’il n’a pas dit son dernier mot…

Oui et Tom Araya a dit que ça l’éloignait trop de sa famille, etc. or il ne veut plus de cette vie car ça c’était bien quand ils étaient jeunes et insouciants au début de leur carrière… Maintenant, passé cinquante ans, ils aspirent à autre chose…
Je comprends ça, personnellement, et respecte cela. Tout le monde ne peut mener cette vie et faire cela éternellement. Ils vont manquer Slayer, c’est sûr.

En fait, c’est fou car il n’y a guère une année sans une sortie d’album, compilation, album live ou single de Destruction. Pour un vieux groupe tel que Destruction, vous êtes donc toujours très actifs et productifs. Où trouves-tu encore toute cette énergie et ce temps au bout de trente-sept ans dédiés à la cause du Thrash Metal ? (sourires)
En effet, presque chaque année on a une actualité. Bon là il s’avère qu’avec la crise du Corona Virus, ce n’était pas vraiment planifié de sortir un album live ainsi car on aurait dû continuer à tourner, et notamment faire d’autres festivals. Auparavant, on a fait la série d’albums Thrash Anthems, et donc l’an dernier l’album studio Born To Perish. On aime ça, restés occupés, et partir en concert entre deux parutions, c’est dans notre ADN. Je pense que c’est bien de demeurer actif.

Alors peux-tu nous en dire davantage sur ce nouvel album live Born To Thrash à présent ? Où a-t’il été enregistré ?
Born To Thrash a été enregistré l’été dernier au festival allemand Party San lors de notre concert en août 2019, à Flugplatz Obermehler (Schlotheim). Le concert est entier. Il s’agit d’un festival dans l’est de l’Allemagne avec des groupes de Thrash, Death, Black Metal essentiellement pour ceux qui ne connaîtraient pas. Il y avait environ dix mille personnes ce soir-là.

Mais avec les nouveaux médias de nos jours comme Internet, l’application YouTube et les technologies actuelles (vidéo HD), quel intérêt réside selon toi à sortir encore aujourd’hui un album live pour un groupe tel que Destruction car tout le monde peut voir un concert officiel ou non sur Internet par exemple, en plus ou moins bonne qualité certes, et là en plus il n’y a pas de DVD cette fois accompagnant le concert audio ?
Déjà, on sort ce disque live de Destruction essentiellement car on ne peut pas jouer à cause de l’épidémie du Covid-19 donc d’une certaine façon, cela permet de garder le contact avec nos fans et de leur offrir ce concert relativement récent sur un disque. Il n’y a pas de concert actuellement dans la plupart du monde, et ça reste difficile de se produire, donc en attendant, voici au moins cet album Born To Thrash qui reste basique certes dans son approche mais honnête et fait du bien à tout le monde. Les chansons ont été bien captées live et y figure des classiques de Destruction ainsi que quelques nouveaux titres extraits de Born To Perish (« Born To Perish » et « Betrayal »). Cette fois il n’y a pas de DVD en effet car on n’a pas eu l’accord de capter en vidéo tout le concert entier avec des caméras et puis ça n’aurait pas été le même budget. On a pu enregistrer tout le début du show avec donc les trois premiers morceaux : « Curse The Gods », « Nailed To The Cross », et « Born To Perish ». Cela a d’ailleurs servi pour annoncer l’album live en vidéo sur le teaser officiel mis en ligne sur internet.

À force, avec le temps, le choix de la playlist pour ce concert a dû être difficile, comme pour vos autres concerts, surtout quand il s’agit de le sortir sur album live à présent étant donné votre riche et longue discographie. Comment procédez-vous en général toi et Mike avant les concerts pour établir la set-list ?
La décision de sortir cet album live a été tardive car liée au contexte actuel de crise sanitaire. Pour établir une set-list d’un concert, surtout comme celui de Born To Thrash enregistré au Party San Festival en condition festival donc, on commence à avoir l’habitude et on a l’expérience nécessaire pour faire la meilleure playlist en dix morceaux. En festival, il faut savoir aller à l’essentiel et être efficace, et en matière de Thrash, c’est le but recherché. On choisit quelques nouveautés (en l’occurrence deux ici) et des vieux classiques plus ou moins récent de Destruction.

Pourquoi ne pas jouer de temps à autre des reprises d’autres groupes, comme une chanson de Motörhead par exemple en hommage à Lemmy Kilmister (R.I.P.) ?
Non, ici en condition de festival, on n’a pas vraiment le temps. Mais parfois on en joue quelques-unes oui lors de concerts en tournée où là on a davantage de temps. Je pense que les gens veulent surtout entendre ici des chansons originales de Destruction.

Destruction vers 1986 (époque de l’album culte Bestial Devastation)
Vs Destruction de nos jours

Avec ta longue carrière et toutes ces sorties d’albums et nombreux concerts donnés avec Destruction dans le monde, penses-tu que le regard du grand public dans la société a changé particulièrement chez vous en Allemagne car à vos débuts dans les années 80, vous faisiez peu avec Kreator et Sodom avec vos looks (perfecto, ceinture avec cartouchière, crucifix à l’envers, etc.) et votre nouvelle musique très agressive à l’époque ? Crois-tu avoir gagné une certaine forme de respect ?
Oui, je vois ce que tu veux dire. Je pense que oui, de manière générale, mais la plupart des gens n’a pas forcément une mauvaise opinion de nous mais ne peut comprendre ce que l’on fait et nous prend pour des fous, mais comme tu dis, avec le temps, les mœurs ont quelque peu évolué grâce notamment à l’exposition médiatique. Cependant les grands médias généralistes demeurent les mêmes et ne peuvent comprendre et traiter notre musique. Cela m’importe peu en fait car on veut d’abord satisfaire les fans avant tout. Les médias ont évolué, les mentalités aussi, mais c’est OK. On reste cool là-dessus. De toute manière, au bout de trente-sept ans de carrière comme tu dis, et avec seize albums (studio) au compteur, on n’a plus rien à prouver aux autres, je pense… (sourires)

Es-tu en contact régulier avec les gars des autres groupes phares de Thrash allemand : Tankard, Sodom, et Kreator tout particulièrement en cette période un peu spéciale ?
Oui, plus ou moins, là on s’est parlé et nous avons échangé il y a quelques semaines durant la fin du confinement mais oui, de temps en temps. On se parle parfois mais on n’est pas en contact non-stop.

Je me suis toujours demandé s’il y’avait eu une réelle concurrence voire des rivalités entre vous sur la scène allemande à l’époque dans les années 80 avec toujours la recherche de plus de concerts et d’un son toujours plus agressif dans le but d’être plus populaire ? Y’avait-il une compétition entre les groupes de Thrash allemand ou alors c’était et c’est une famille unie ?
Non, pas vraiment, il n’y avait pas de compétition. On était tous des amis, et on est resté en contact avec le temps mais il n’y avait pas de rivalité entre nous. Parfois il y aurait pu en avoir mais on a toujours voulu rester en bons termes et amis. À la limite, s’il y en avait une implicite, alors c’était une compétition saine entre nous.

Ces deux dernières années, de nouveaux musiciens sont arrivés sur le précédent album et ont tourné avec toi et Mike. Ils s’appellent Randy Black (ancien batteur d’Annihilator, Deception, Primal Fear, W.A.S.P. (live)…) et Damir Eskić (Gomorra) à la guitare. Ces derniers figurent d’ailleurs sur votre nouvel album live Born To Thrash. Quelques mots sur leur arrivée et leur rôle et apport au sein de Destruction ?
C’est chouette pour eux qu’ils figurent sur cet album live car ils ont fait du bon boulot. Ils peuvent en être fiers. On a fait un bon album studio avec eux deux précédemment, Born To Perish, et on s’entend plutôt bien avec les gars. Randy Black est un super batteur qui a joué notamment avec Annihilator. C’est génial de l’avoir avec nous dans Destruction. Ça faisait une dizaine d’années que l’on avait Vaaver à la batterie qui assurait aussi. Mais tout cela a permis d’apporter du sang frais dans le groupe. Quant à Damir, c’est un type cool et apport pas mal au niveau des soli de guitare.

Line-up DESTRUCTION (2020)

J’avais une question justement sur une chanson qui n’apparaissait pas sur Born To Thrash mais qui était sur votre album studio Born To Perish, elle s’intitule « Fatal Flight 17 ». De quoi parle-t’elle au juste car elle m’avait interpellé et semblait assez personnelle ?
Oui, cette chanson est liée au crash de l’avion du vol 17 en Ukraine il y a quelques années… (NDLR : Le 17 juillet 2014, le Boeing 777-200ER assurant le vol 17 de Malaysia Airlines reliant Amsterdam à Kuala Lumpur est abattu en vol dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, où un conflit armé est alors en cours mais sans que le survol soit interdit aux avions civils). C’est un souvenir douloureux à vrai dire… Ce ne doit pas être oublié selon moi, voilà pourquoi on a fait cette chanson. En fait, j’avais des amis à moi, dont un ami et l’un de ses meilleurs amis qui l’accompagnait et retourner en Australie via ce vol. On était en contact et ils rentraient d’un concert de Slayer je crois, puis avaient pris cet avion depuis Amsterdam. Ce fut une sale journée quand j’ai appris la nouvelle ce jour-là…

Parlons de choses plus gaies à présent, si tu veux bien, et je voulais en savoir plus sur ton rôle de manager et ton implication auprès du groupe suisse féminin Burning Witches que j’ai encore récemment interviewé en début d’année pour leur troisième album très réussi Dance With The Devil. Tu es leur manager alors en plus d’être un bon ami de la guitariste Romana Kalkuhl ? Comment les aides-tu concrètement au quotidien ?
À la base, j’ai produit leurs albums, et je les suis au quotidien, les accompagne, les conseille dans le music business avec mon expérience de musicien aguerri. Ce sont des filles extra, et j’ai pu ainsi leur trouver un contrat avec le label Nuclear Blast. Je les aide quand elles ont des questions et les connecte avec les autres acteurs de la scène grâce à mon réseau que j’ai développé car parfois ce n’est pas évident et il y a des loups dans l’industrie musicale. Je gère aussi leur merchandising, leur trouve des concerts, etc.

Manages-tu d’autres groupes comme ça si tu en as le temps ?
Oh non, je n’ai guère le temps, tu sais.

Au printemps, ton vieil ami Tom G. Warrior (Triptykon, ex-Celtic Frost, ex-Hellhammer) nous a enfin présenté son Requiem live avec Triptykon paru en CD/DVD en mai dernier. Je l’avais interviewé là aussi à cette occasion. As-tu jeté une oreille à ce Requiem entamé du temps de Celtic Frost sur Into The Pandemonium ? Es-tu toujours en contact avec lui ?
Non, je ne suis plus trop en contact avec lui en fait… Et pour t’avouer je ne suis pas trop familier avec ce qu’il fait dorénavant, désolé.

Pourtant tu m’avais raconté une fois que dans le temps, aux tous débuts de Destruction, à l’aube du Thrash, tu fréquentais beaucoup Tom G. Warrior et Martin Eric Ain de Hellhammer (et futur Celtic Frost) car vous sortiez pas mal ensemble du côté de Bâle et Zurich étant donné que vous étiez du même coin même si vous du côté allemand et eux du côté suisse… ?!
Tout à fait, on est issu de la même scène à la même époque, eux alors dans Hellhammer puis Celtic Frost, et nous après avoir changé au bout de deux semaines notre nom Knight Of Demon pour Destruction. Nous sortions souvent ensemble et traînaient alors du côté de Bâle et Zurich en Suisse et à la frontière germano-suisse.

Enfin quels sont tes derniers mots à l’attention des fans français pour conclure et quels sont les projets de Destruction d’ici la fin d’année 2020 ? On va vous revoir live alors bientôt ?
Je pense que cet album live Born To Thrash représente bien Destruction sur scène : direct et efficace. C’est un album honnête avec de bonnes chansons nous représentant bien, en attendant des jours meilleurs. Cela devrait ravir les fans pour l’heure et permettre de nous découvrir pour ceux qui ne nous connaissent pas encore et aiment le Thrash et le Métal en général. Avec ce contexte, c’est aussi une bonne opportunité pour nous découvrir. Sinon, nous devrions venir jouer en France début décembre si tout va bien. Un concert à Paris est d’ores et déjà programmé, en espérant que tout aille bien d’ici là bien sûr. Portez-vous bien et à très bientôt !

CHRONIQUE ALBUM

DESTRUCTION
Born To Thrash
Thrash Metal
Nuclear Blast/Ada
★★★★☆

A défaut de concerts durant la période estivale à cause de ce satané Corona virus, quoi de mieux qu’un nouvel (et quatrième) album live au compteur de la légende Destruction, l’un des leaders du Thrash Metal outre-Rhin ! Capté live en plein jour lors de la précédente édition du festival allemand Party San du côté de Flugplatz Obermehler, Schlotheim (Land de Thuringe) en août 2019, Born To Thrash permet ainsi à Schmier et sa bande de rester sur le devant de la scène et de battre le fer tant qu’il est encore chaud à propos de leur dernier album studio en date Born To Perish tout en restant bien sagement au frais à la maison en ces temps de vache maigre en matière de concerts et festivals tant pour les artistes que les spectateurs. Ne contenant aucun bonus ni de version vidéo (DVD ou Blu-ray) de ce concert contrairement au copieux Savage Symphony – The History of Annihilation (AFM Records 2010), on peut s’interroger alors sur la démarche ici (à laquelle nous avons répondu précédemment), mais surtout sur l’intérêt premier d’un disque live supplémentaire dans la déjà bien féconde discographie des Allemands. Simplement en l’espace de dix morceaux, le trio teuton, devenu quatuor dernièrement, démontre là à quel point on peut encore compter sur lui pour des riffs assassins et des mosh-parts efficaces dans le pit en concert ! Tels les dix commandements du Thrash, Born To Thrash recèle de chansons efficaces et bien rentre-dedans, aussi bien récentes que datant des années 80 en passant par des titres de second rang devenus finalement avec le temps eux aussi des classiques (« The Butcher Strikes Back » extrait d’All Hell Breaks Loose). On constate alors que la musique de Destruction n’a pas ou peu pris une ride (le puissant et très heavy « Life Whithout Sense » extrait d’Eternal Devastation). Si le guitariste Mike est désormais épaulé par le Suisse Damir Eskić (Gomorra) à l’autre six-cordes, celui-ci assure toujours sur scène. Derrière les fûts, la nouvelle recrue Randy Black (ex-Deception, ex-Annihilator, ex-Primal Fear, ex-W.A.S.P. (live) vient booster un groupe vieux de trente-sept ans et quelle efficacité ! Quant au charismatique Schmier (basse/chant), il n’hésite pas à haranguer la foule à domicile pour rappeler que Destruction n’a jamais fait semblant et conserve sa fougue d’antan (comme sur le classique « Mad Butcher » extrait du EP du même nom de 1987). Même s’il ne déborde guère d’originalité (on retrouve seulement deux nouveaux titres (« Born To Perish » et « Betrayal »), et aucune réelle surprise n’a lieu dans ce set bien rodé), Born To Thrash ravira tous les amateurs de Thrash (mais pas que) et comblera les fans en attendant le retour du groupe allemand sur les planches en décembre prochain dans la capitale française. On croise les doigts !

🤘

[Seigneur Fred]

DESTRUCTION
Natural born Thrashers

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