DEWOLFF

Attention, pépite en vue ! Les DeWolff reviennent avec un nouvel album plus qu’intéressant et dont la particularité est d’avoir été enregistré sur la route, alors que le groupe était en pleine tournée. Il nous livre ainsi un Tascam Tapes dénué de sonorités superflues, avec un rock 70’s mâtiné de touches soul, blues et funk. [Rencontre avec Luka van de Poel, batteur et chanteur, par François Capdeville]



Vous avez produit 9 albums en 10 ans. Quel est votre secret pour continuer à enrichir aussi régulièrement le rock ‘ n’ roll comme vous le faites ?
DeWolff est notre principale occupation. J’ai fini les cours au conservatoire en 2016 et, pendant ces quatre années, je n’ai rien fait d’autre que de la musique. Et, quand tu as la chance d’avoir un groupe, tu partages ton temps entre composer, écrire, tester des sonorités, faire des shows et aller en studio. Tout cela est très naturel, pour un musicien.

D’où tirez-vous cette culture immense ?
Mon père était chanteur. On a grandi avec Pearl Jam et Nick Cave. On écoutait beaucoup de rock 90’s, période grunge à la maison. Je me souviens que nos parents ont offert à Pablo un album de Jimi Hendrix. Pablo était à fond dans Metallica à l’époque. Mais, quand il a eu entre les mains le double album, il a eu une révélation. Et, après, nous avons toute de suite voulu découvrir les contrées musicales du classic rock où se côtoient Pink Floyd, les Beatles, Led Zeppelin…

De quelle réalisation êtes-vous le plus fiers ?
C’est dur de choisir. Mais je citerai le prix que nous avons gagné dans notre pays l’année dernière : l’Edison Award, qui serait l’équivalent d’un Grammy hollandais. Même si nous ne jouons pas pour gagner des prix, c’était comme un accomplissement de voir notre musique, parfois considérée comme de niche, être reconnue au niveau national.

Les nouveaux groupes de classic rock comme Kadavar, Rival Sons, Greta Van Fleet, Imperial Jade sont sous les projecteurs. Comment expliquez-vous cet intérêt du public pour ce style ?
Bien que je pense qu’il y a un côté trendy, il faut surtout y voir une évolution positive du public. Les gens ont une culture musicale très large aujourd’hui. Et je suis ravi que tous ces groupes, dont certains remplissent des stades, apportent des saveurs vintages qui changent de la musique mainstream de la radio.

Vous avez enregistré alors que vous étiez en tournée. Comment cela s’est-il passé ?
C’est une idée de mon frère, Pablo. Au début, on a pensé que c’était une mauvaise idée : en tournée, tu te couches tard, tu passes des heures dans ta voiture, tu picoles parfois. Difficile de travailler dans ces conditions. On a quand même emporté du matériel d’enregistrement très basique. Mais, en fait, tout s’est installé très facilement et très rapidement. La dernière chanson a été bouclée en quinze minutes, on a ensuite placé les voix à la maison. Le résultat est un son très compact et plus simple.

Avec Tascam Tapes, vous vous orientez vers des touches plus soul et funk…
Notre musique de référence est le rock psyché anglais, époque Cream. Mais aussi tous ces groupes phares qui ont façonné le rock moderne, comme Led Zeppelin ou Black Sabbath. Mais, comme tu le fais remarquer, on se tourne vers un son plus américain, peut-être plus southern rock, country et soul. Mais attention, on ne se force pas, on est DeWolff. On suit notre feeling.

DEWOLFF

Tascam Tapes

Rock/blues rock/soul

Mascot Records

★★★★★



Bon ! On ne va pas aller par quatre chemins, Tascam Tapes est une pure merveille qui nous rappelle que les choses les plus simples sont parfois les meilleures. Les DeWolff ont enregistré un album aux sonorités old school en pleine tournée. Et ça sonne comme ces vieux enregistrements sur cassettes Tascam.
Alors, par quoi commencer pour une première écoute ? Inévitablement, « It Ain’t Easy » avec sa basse hyper funky et sa mélodie très groovy. Du soleil et du bonheur. Ensuite, « Am I Losing My Mind » s’offre à nous, comme un appel rempli de désespoir aux accents Motown. Dans la même lignée, le magnifique « Rain » et sa petite intro toute simple à la gratte… D’ailleurs, elle nous fait penser à un titre de légende (une idée ?). Enfin, on ne peut pas passer à côté de « Blood Meridian » ! Une basse bien sale nous met au parfum et on s’attend à quelque chose de très brut, très garage rock, mais qui sera contrebalancé par une voix très soul, très épurée. Si vous aimez Nina Simone, Curtis Mayfield ou Buddy Guy, vous serez conquis. Car c’est là la force de cet album de rock : il a cette capacité à nous renvoyer de manière très subtile aux grands classiques de la soul, de la funk ou du blues. C’est dire… [François Capdeville]