DOMKRAFT
Seeds
Doom/Sludge Metal psychédélique
Magnetic Eye Rec.

Mais qu’ont-ils fumé nos trois Suédois de Domkraft durant la pandémie pour accoucher d’une pochette d’album aussi laide, franchement ?? Fort heureusement, le contenu est de bien meilleure qualité que le contenant, même si là encore, on baigne en plein psychédélisme. Evoluant en effet dans un doom/sludge bien lourd, cru, et sonnant très live, d’emblée on se dit alors qu’une épaisse fumée a sacrément dû envahir le Welfare Sounds Studio situé au centre-ouest de Göteborg… Très proche de leurs voisins norvégiens de Superlynx récemment interviewés sur notre site web, le trio scandinave envoie cependant davantage la purée, préférant accentuer sa touche psyché par ses riffs de guitares très heavy et ses longues atmosphères (cf. la chanson-titre) plutôt qu’une voix douce hypnotique et des riffs stoner rock moins systématiquement massifs comme chez Superlynx (que nous adorons et vous conseillons d’écouter au passage).

Ainsi, après avoir publié une galette live à l’ancienne l’an dernier captée au Saint Vitus Bar à Brooklyn (New York) qui, rien que ça, mérite le respect tant Saint Vitus demeure une référence incontournable dans le Doom old school bien suicidaire, Domkraft s’est donc remis à l’ouvrage en studio et propose sept nouveaux titres tout simplement énormes sur Seeds. Si parfois on a l’impression que le chanteur/bassiste Martin Wegeland est à la limite de l’agonie (« Perpetuator », « Into Orbit »), rassurez-vous, dans le cadre de ce genre musical, c’est tout à fait normal au contraire. Que ce soit sur des passages plus dark et noisy (« Into Orbit »), clairement Domkraft repousse encore un peu plus les limites du doom/sludge sur ce troisième opus à la fois sombre et atmosphérique, ô combien efficace dans lequel, attention, certains auditeurs pourraient se perdre, mais la formation scandinave sait ménager sa monture ainsi que nos oreilles en réduisant quelque peu la durée de ses compositions à partir de la seconde moitié de l’album afin de ne pas nous faire décrocher dans cette perpétuelle descente dans les limbes et montée dans les extrêmes (notamment dans les aigus). La chanson « Tremors », par exemple, vous ne laissera pas insensible. Enfin, après un léger interlude salvateur (« Krank Blekhet »), Domkraft atteint son climax avec le titre « Audiodome » pour conclure Seeds, un disque que l’on vous recommande chaudement après une écoute du dernier Superlynx Electric Temple en préliminaire. [Seigneur Fred]