En histoire, on connait tous l’appel du 18 juin 1940 de notre cher Général De Gaulle pour son combat contre l’occupant allemand. Eh bien, dans les annales du Métal, il faudra désormais inscrire l’appel de notre vieil ami Dino du 18 juin 2021, date de la sortie du dixième album de Fear Factory, Aggression Continuum (en excluant la démo/compil’ Concrete). Le charismatique guitariste, et désormais seul propriétaire du nom de l’Usine de la Peur, s’est battu en justice contre ses anciens camarades, dont le chanteur Burton C. Bell qui a définitivement claqué la porte, pour continuer ainsi son combat contre la machine comme il nous l’a expliqué au téléphone. [Entretien avec Dino Cazares (guitare) réalisé le 22/04/2021 par Seigneur Fred – Photos : DR]

Comment te portes-tu tout d’abord à Los Angeles dans ce contexte de pandémie ? T’es-tu fait vacciner maintenant qu’une réelle politique sanitaire est menée à grande échelle aux États-Unis depuis l’investiture de Joe Biden à la présidence, même si c’est Trump qui avait commandé les stocks de vaccins en fin de compte ? (rires)
Oui, je me porte plutôt bien donc ça va. D’ailleurs, je me suis justement fait vacciner récemment. Ici à L.A., il n’y pas ou plus de confinement. On est libre, mais il y a des règles sanitaires. Pour les commerces, environ quarante pour cent d’entre eux sont ouverts. Les restaurants à l’extérieur peuvent être ouverts et servent en extérieur (en terrasse) mais à l’intérieur la capacité est très limitée (vingt-cinq pour cent). Les choses vont donc mieux. Les concerts doivent reprendre à partir de juillet, en intérieur avec cinquante pour cent de leur capacité, devant un public assis et masqué, je crois. Pour ma part, on recommence à jouer en concert dès le mois de juillet aux États-Unis d’abord. Ensuite on prévoit de tourner à travers le monde avec Fear Factory dès l’an prochain, selon l’évolution de la situation dans les pays, bien entendu…

Allez-vous proposer un concert (enregistré ou en direct) sans public en streaming sur internet le jour de la sortie mondiale de ce dixième album le 18/06/2021 pour les fans de Fear Factory ?
Non, nous ne donnerons pas de concert ainsi en streaming, et pour l’heure c’est un peu tôt à prévoir (NDLR : entretien réalisé le 22/04/21), mais on va quand même célébrer dans tous les cas la sortie de notre nouvel album Aggression Continuum avec une « release party » sur internet avec notre public que l’on verra à distance et qui pourra nous poser alors des questions en direct auxquelles on répondra volontiers avec Tony Campos (basse) et Mike Heller (batterie), et on révélera à ce moment-là le nom du nouveau chanteur, mais là c’est trop pour en parler…

Tu sais, Dino, que ça fait vingt-ans que je ne t’ai pas interviewé ! Entre-temps, on s’est perdu de vue puisque tu quittas Fear Factory (2002-2009). La dernière fois en face-à-face, c’était au festival français du Printemps de Bourges édition 2001 pour la sortie de Digimortal, mais bon, tu ne dois pas t’en souvenir… (rires)
Vingt ans ! Ouah ! Que le temps passe vite… C’est fou. Je t’avoue ne pas m’en souvenir… Mais tu dois donc encore avoir cet album Digimortal dédicacé ?! C’était déjà pour le magazine Metal Obs à l’époque ? C’est distribué où ? Dis-moi en plus s’il-te-plaît.

Non, c’était pour mon émission de radio locale Welcome to Hell à l’époque, sur une radio nommée RFL 101 à Tours, en France mais également pour Radio Béton son émission Bring the noise. J’animais alors aussi des soirées Ondes de Choc dans ma ville pour le label Roadrunner Records. Le Magazine Metal Obs est à la fois digital et aussi distribué en version papier auprès de différents partenaires et chez les disquaires comme Fnac, Cultura, Espace Cultura, Gibert Joseph, Furet du Nord, etc. D’ailleurs ils restent ouverts malgré notre confinement actuel car ils ont été considérés cette fois comme commerces essentiels comme les librairies ou les pharmacies… (NDRL : entretien réalisé le 22/04/21)
OK. C’est une bonne chose, ça ! Même s’il y a internet à présent. (sourires)

Quel bilan dresses-tu de tes deux précédents albums The Industrialist (sorti en 2012), enregistré alors sans batteur mais avec une boîte à rythmes, chose qui finalement colle bien avec l’atmosphère de Fear Factory, et Genexus (en 2015), avant de parler du nouveau, Aggression Continuum ?
Quand on a  fait The Industrialist, malheureusement on n’avait plus de batteur, Gene Hoglan devait partir pour ses autres groupes (Death TDA live, Testament, etc.). On a donc eu recours à la programmation de la batterie ce qui, comme tu dis, convenait bien au final avec le thème. Entre-temps, et depuis presque dix ans, on a un batteur maintenant, tu sais, Mike Heller, qui a enregistré l’an dernier par exemple en studio toutes les parties du nouvel album et celles de Genexus précédemment. Il a vraiment fait un bon boulot sur Genexus, et il a apporté l’énergie que ne peut pas fournir une boîte à rythmes. Là, c’était donc différent du concept de The Industrialist. Il y avait de nouvelles parties de guitares, on a essayé différentes choses, de nouveaux claviers et samples, grâce aussi à la collaboration brillante de Damien Rainaud aux claviers et comme ingé son, même si c’est toujours Rhys Fulber qui s’occupait des claviers en studio et produisait avec comme d’habitude. Il avait produit Genexus, mais le nouvel album ce dernier s’occupe des claviers sur quelques chansons. Sinon c’est Damien Rainaud qui a produit Aggression Continuuum. Mais tu sais que Damien est français ? Il est originaire de Nouvelle-Calédonie puis a vécu à Nice, en France !

Ah non, j’ignorais ?! Mais il a joué avec Dragonforce en 2019 (suite au départ de Frédéric Leclercq pour Kreator) et fait partie, je crois, de Once Human en tant que bassiste au côté du célèbre guitariste/producteur Logan Mader et de la chanteuse Lauren Hart ?
Oui, c’est bien ça ! Il est ingénieur du son et a donc de nouveau travaillé avec Fear Factory sur l’ensemble du nouvel album Aggression Continuum et assuré la majorité des claviers.

D’une certaine façon, Damien Rainaud remplace-t’il ton ancien claviériste John Bechdel ?
Qui ça ??!

John Bechdel, ton ancien claviériste qui vous accompagnait live à l’époque déjà d’Obsolete puis Digimortal, le type brun avec sa coupe de cheveux à l’iroquoise façon années 80 qui a bossé aussi avec Prong, Ministry, Killing Joke… ?!
Ah !! John Beccccccchdel, tu veux dire ?! Avec un « c » (rires) (NDLR : il n’avait pas compris ma prononciation à la française alors que le son « che » se prononce comme « gue » ici) Non, c’est  différent car John Bechdel qui, en effet, a travaillé avec Fear Factory de 1998 à 2004 environ, n’a jamais collaboré sur l’un de nos albums. Il était uniquement un musicien de session live, John.

Ah bon ? Pourtant il est crédité comme tel sur l’album Digimortal de 2001 que tu m’avais dédicacé alors à l’époque… Exactement, c’est écrit, et il est cité ainsi : « Additional keys on « Memory Imprints) Never End » generated by John Bechdel ».
Ah bon ? [NDLR : d’un air sceptique] Je ne me souviens pas exactement de ce crédit, mais bon, il n’a jamais rien joué sur nos albums studio. Uniquement pour les concerts de Fear Factory. C’est toujours Rhys Fulber qui se charge de nos claviers et samples sur nos albums studio. Cela a toujours été ainsi. Damien, ici, ne remplace pas du tout John, car Damien intervient en studio et est notre ingénieur son. Et de toute façon, on a recours à plusieurs personnes pour tout ça lors de l’enregistrement et du mixage. John n’apparaît pas sur le nouvel album. Par contre Damien a en fait produit et a été notre ingé son sur Aggression Continuum.

Mais pour la batterie, comment procèdes-tu général au départ ? Travailles-tu en programmant celle-ci sur un logiciel sur un ordinateur quand tu composes tes riffs à la guitare ? Préfères-tu en fait avoir recours à une boîte à rythmes ou à une vraie batterie pour Fear Factory ?
Au départ, quand je commence, j’ai l’habitude de toujours programmer la batterie sur une machine. J’ai toujours procédé ainsi, j’ai le matériel et c’est pratique. Mais bien sûr, c’est mieux d’avoir un batteur humain à qui je peux donner des consignes, de faire plus ci ou ça, d’apporter un certain groove même si ça doit rester mécanique, et surtout améliorer certains passages, corriger un point. Avec Mike, je peux lui demander de faire cela, et il est très bon. C’est comme ça que l’on a conçu Genexus même s’il y avait donc au départ une programmation, et idem pour notre nouvel album.

Au niveau des guitares, quand on y pense, je pense que tu as été en fin de compte l’un des pionniers à introduire ou plutôt populariser durant les années 90 l’usage de la guitare sept, voire huit, dans le Métal en même temps que des groupes comme Meshuggah très vite par la suite, non ?
Je te remercie… C’est vrai, oui, mais Steve Vai, Trey Azagthoth (Morbid Angel) avaient cependant commencé avant moi, ainsi que Devin Townsend aussi, il me semble. Et oui, les gars suédois de Meshuggah, bien sûr.

Tu ne joues plus du tout de guitare six cordes alors ? C’est devenu désuet, obsolète même si j’ose dire, par rapport aux guitares actuelles sept ou guit très en vogue dans le Métal surtout extrême ?
Non, ça fait des années que je ne joue plus dessus… On peut donc dire ça. (rires) Je jouais auparavant sur guitare Ibanez, mais à présent, je joue sur des signatures de guitares Ormsby exclusivement.

Sur le plan thématique, Fear Factory traite exclusivement du combat de l’Homme contre la machine, parfois l’inverse (sur l’album The Industrialist) mais tu ne sors jamais de ce concept qui fait la spécificité du groupe. Est-ce que les récents évènements liés à cette pandémie (crise sanitaire, sociale, économique, culturelle, remise en question des liens sociaux et de nos habitudes de consommation, etc.) ont pu t’influencer sur ce nouvel album ? Et est-ce que tu pourrais sinon intégrer ça sur de prochaines chansons peut-être ?
Non, le nouvel album a été écrit avant l’épidémie… Aucun morceau d’Aggression Continuum ne traite du Covid-19. Ce ne sera pas un thème d’album ni même d’une chanson à l’avenir. Je n’ai pas envie de parler de ça avec Fear Factory en fait. Ça ne m’intéresse pas ici. Il y a assez de morts et c’est assez douloureux comme ça…

Pourtant, il y a toujours eu de graves évènements qui ont affecté de près ou de loin pourtant le contexte du processus créatif d’albums cultes de Fear Factory. Je pense aux violentes émeutes de Los Angeles de 1992, l’important tremblement de terre de 1994 de Northridge près de L.A. durant la conception de Demanufacture, les feux de forêt en Californie ensuite, etc. Je me souviens, une fois vous aviez même perdu tout votre matériel dans votre local de répétition ?!
C’est vrai même si tu mélanges un peu tout mais tu as bonne mémoire ! (rires) En fait, on avait déjà écrit tous les textes de Soul of a New Machine. Les émeutes venaient juste de se terminer à Los Angeles, et le producteur nous attendait pour rentrer en studio. C’était alors notre premier album, et on est entré en studio alors quelque chose comme dix jours après ces émeutes mais tout était déjà écrit. Ensuite, il y a eu un grave tremblement de terre en 1994 avec des centaines de blessés et presqu’une centaine de morts à Northbridge (NDLR : au nord-ouest de L.A.). En fait, ces émeutes, cette catastrophe sismique et ensuite de graves incendies ont inspiré par la suite clairement l’ambiance de notre second album Demanufacture, oui. En l’espace de deux, entre 1992 et 1994, on a donc eu droit aux émeutes raciales, à un tremblement de terre, et des feux meurtriers en Californie, donc toute cette violence, elle s’est ressentie sur Demanufacture. Et oui, on a perdu dans un incendie tout notre matériel en effet, c’était lié aux émeutes… Je vois en tout cas que tu te souviens de toute l’histoire. Ça fait plaisir.

Revenons sur l’artwork de ce nouvel album Aggression Continuum et donc son concept… La chanson « Recode » est-elle en lien avec le hacking et les hackers qui piratent dans le monde des systèmes informatiques ?
La pochette indique que le combat de Fear Factory contre la machine continue, de par le nom de l’album, « Aggression Continuum » mais aussi si tu regardes bien le design et aussi, la forme des deux lettres « F » forment aussi un X, qui en chiffre romain signifie dix, pour ce dixième album donc. Le thème principal tourne autour d’un robot qui prend vie grâce aux humains mais ces derniers veulent le détruire, un groupe d’humains sous forme d’organisations. Tu peux avoir un aperçu dans notre premier vidéoclip de la chanson « Disruptor ». Tu y vois à la fin le logo de FF représentant cette machine. Quant à la chanson « Recode », non, cela n’a pas de lien avec les hackers. Cela parle de comment extraire la mémoire, ta conscience, tes souvenirs restants de notre cerveau pour les transférer dans un robot.

Certains passages et l’atmosphère générale d’Aggression Continuum m’ont rappelé par moment l’un de vos albums phares, Obsolete, notamment la huitième chanson « Cognitive Dissonance » par exemple. Est-ce que tu avais l’album Obsolete en tête quand tu as composé toutes les nouvelles chansons du nouvel album ?
Non, pas spécialement. À vrai dire, j’avais plus en tête notre précédent album Genexus sur lequel nous avions amené de nouveaux éléments et sons, notamment les claviers, avec Damien Rainaud (producteur, ingénieur du son, et claviers). J’avais vraiment bien aimé la nouvelle vibration amenée sur Genexus car les chansons étaient vraiment très bonnes, sa production sonore aussi, etc. Alors j’avais plus envie d’essayer de prolonger cela, un peu comme une extension de Genexus. Après, bien entendu, Obsolete est l’un de nos albums emblématiques et fait partie de notre ADN, de l’ADN de Fear Factory. Mais je vois ce que tu veux dire et ce que tu ressens. Certains trouvent là plutôt du Obsolete, d’autres voient là un peu de Mechanize, mais c’est normal.

En fait, il y a sur Aggression Continuum à la fois le groove et certaines ambiances d’Obsolete, l’agressivité que vous aviez retrouvée sur Mechanize, et les nouvelles sonorités amenées principalement par Damien Rainaud (déjà sur The Industrialist) sur Genexus, es-tu d’accord ?
C’est plus ou moins ça, tu as raison. Chacun y trouve son compte du coup ! (rires) Mais tout ça est très naturel, tu sais, c’est ce qui fait Fear Factory. Il ne faut pas donc chercher bien loin. Je ne peux renier cela. C’est ce qui coule en moi. Le chant aussi est un peu plus lent et bas parfois, d’autres parties vocales de Burton sont plus agressives et intenses. Cependant je considère vraiment ce nouvel album comme le prolongement de Genexus.

Sur la chanson « Cognitive Dissonance », qui chante les growls justement assez énervés et plus graves ? On dirait qu’il y a un invité sur ce titre… C’est Burton ?
Qui veux-tu que ce soit d’autre ? (rires) C’est bien Burton. Tu t’attendais à quoi ?! C’est son style, il sait tout faire Burton ! Il n’y a donc pas d’invité ici, désolé.

Bah, j’aurai presque cru à un moment que c’était Randy Blythe (Lamb of God) au cas où il s’ennuierait durant le dernier confinement en 2020 ?! (rires)
Ah ah !! (rires) Non, comme je te dis, même si c’était enregistré il y a longtemps (en 2017) et qu’il a quitté le groupe depuis, c’est Burton qui chante d’ailleurs sur tout le nouvel album. Avec le temps, la voix change, tu sais aussi. Burton est capable encore d’hurler comme ça, et de descendre plus bas. En revanche, il y a quelques invités comme le musicien russe Igor Khoroshev (ex-claviériste du groupe Yes entre 1997-2001) qui intervient. C’est un bon ami à Rhys Fulber et Mike Plotnikoff (claviériste sur Digimortal). Il a aussi édité quelques parties de chants additionnels. Enfin, un rapide solo de guitare a été joué par Max Karon (Once Human) sur le titre « Monolith ». Mais avec l’épidémie, on n’a pas pu tout faire, même à distance et même si pas mal de choses étaient déjà enregistrées.

Ah oui, j’oubliais que tu n’aimais pas jouer des soli de guitare ! Cela n’a jamais été ton truc, n’est-ce pas Dino ? (rires)
Ah ah ! (rires) Eh bien si, disons que je n’en pratique pas ou très peu dans Fear Factory, c’est sûr. C’est pas trop mon habitude, mais si tu te souviens bien, sur Mechanize, j’en avais joué plusieurs sur cet album. Avec Divine Heresy aussi, j’en assurais pas mal. De toute manière, en live, je serai bien obligé de les jouer sur scène quoi qu’il en soit ! (rires)

Tiens justement, quels sont les nouvelles de tes projets parallèles en dehors de FF ? As-tu profité d’être coincé à la maison et de ne pas pouvoir partir en tournée pour composer des choses pour Brujeria, Divine Heresy, ou lancé d’autres projets ?
Brujeria, je n’en fais plus partie, mais avec mon personnage d’Asesino, je vais sortir un nouvel album avec Asesino d’ici la fin d’année chez Listenable Records. Il s’appellera La Segunda Venida… Quant à Divine Heresy, non, c’est en stand-by. La priorité à présent de toute façon est Fear Factory pour lequel je me suis battu en rachetant le nom, et notre tournée qui démarre dès juillet 2021.

Enfin, as-tu le temps de me dire qui va être ou est le nouveau chanteur officiel de Fear Factory pour votre tournée à venir cet été étant donné que Burton C. Bell est parti l’an dernier ?
Malheureusement, je dois y aller car j’ai une autre interview maintenant. Mais là, c’est encore un peu trop tôt pour l’annoncer, désolé. Tu le sauras très bientôt…

CHRONIQUE ALBUM

FEAR FACTORY
Aggression Continuum
Cyber death/thrash metal/Indus
Nuclear Blast

Un nouvel album de l’Usine de la Peur ? Sincèrement, on n’y croyait plus à vrai dire car l’entente n’était plus très cordiale depuis longtemps entre le chanteur historique et co-fondateur Burton C. Bell, et son guitariste et autre co-fondateur, Dino Cazares. En 2015, Genexus ouvrit cependant des portes (que Burton a claquées depuis) vers de nouvelles sonorités même si l’ensemble sentait le réchauffé du côté des riffs de Dino et que le grand blond était à la peine au micro en live. L’ingé’ son français Damien Rainaud (bassiste de Dragonforce (live) en 2019, et Once Human au côté de Logan Mader) a cette fois carrément produit ce dixième album studio, et repris en charge les claviers et arrangements (alors que l’habituel Rhys Fulber semble avoir passé la main, ne s’occupant que d’une poignée de chansons ici). Le résultat sur Aggression Continuum mixé par Andy Sneap sonne finalement assez frais. On y retrouve diverses madeleines de Proust pas totalement périmées, comme le côté martial et rentre-dedans de Demanufacture ou Mechanize (« Recode », « Fuel Injected Suicide Machine »), le groove d’Obsolete (le très convaincant « Cognitive Dissonance » avec ces growls et ces breaks) ou Digimortal (« Disrupt »). Bien sûr, certains claviers de Damien Rainaud donneront des boutons aux fans qui pleurent le départ de Burton C. Bell qui se consoleront avec Ascension of the Watchers… Du changement dans la continuité en quelque sorte. [Seigneur Fred]