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Festival 666 à Cercoux (Charente-Maritime) les 20-21-22/08/2021 :
interview du directeur Victor Pepin

Alors que les grands festivals de musique ont repris un peu partout cet été en France (Printemps de Bourges, Francofolies, Les Vieilles Charrues…) et à l’étranger dans des mesures sanitaires quelque peu spéciales après cette pandémie (qui perdure tout de même), en matière de Rock/Métal, saluons le courage des organisateurs des plus petites manifestations qu’il faut justement, et plus que jamais, soutenir. Possédant une affiche plus qu’alléchante pour sa troisième édition (entre autres Phil Campbell and The Bastard Sons, Loudblast, Trepalium, Psykup, No One Is Innocent, Mass Hysteria…), zoomons sur le très intéressant Festival 666 qui a lieu cet été à Cercoux en Charente-Maritime du 20 au 22 août, en compagnie de son jeune directeur. A noter qu’il reste encore quelques places, donc dépêchez-vous de prendre vos billets équipés désormais de votre pass sanitaire ! [Entretien avec Victor Pepin (direction), réalisé par Sadou Dj le 12/07/21 par téléphone]

Dj : Bonjour Victor ! On peut se tutoyer ?
Victor : Oui, bien sûr !

Dj : Comment vas-tu après ces derniers dix-huit mois et le contexte actuel de la pandémie ?
Victor : Je vais bien, je suis dans l’attente et j’ai vraiment hâte de pouvoir organiser notre troisième
édition. J’espère que de l’avoir reportée, ce n’est que pour repartir de plus belle donc je suis
impatient de voir ce que cela va donner et j’ai l’impression aussi que les festivaliers nous attendent
sur cette édition, ce qui promet d’être un chouette week-end !


Dj : Pourrais-tu te présenter pour les lecteurs ?
Victor : Je suis Victor du Festival 666 ; j’ai 19 ans ; j’ai crée l’association ( loi 1901 ) en septembre
2017 à 15 ans dans le but de faire notre première édition du festival en août 2018, où j’avais 16 ans
à ce moment-là !


Dj : Parlons de ton festival le « Festival 666 » à Cercoux (Charente ) : le choix du lieu, tes
envies à ce moment-là, etc. …
Victor : Comme dit précédemment, j’ai monté mon festival en 2017. L’idée m’est venue après avoir
fait plusieurs Hellfest ( Festival Metal à Clisson, qu’on ne présente plus ! ), notamment celui de
2017 et où je me suis posé la question de comprendre comment faisaient les porteurs d’un tel projet
pour monter ce genre de festival à Clisson . Je me demandais alors ce que cela pouvait donner à
Cercoux dans mon village mais évidemment à plus petite échelle… Je suis donc allé voir la Maire
de Cercoux et le projet lui a tout de suite plu, donc on a eu cette chance d’avoir son soutient dés le
début ! Je me suis ensuite rapproché de Niko ( Nicolas Giraudet ) des Tagada Jones ( groupe Punk
Metal français originaire de Rennes ) à Angoulême où je lui ai présenté l’idée de les faire jouer en
tête d’affiche de notre première édition ; comme l’idée lui a plu de soutenir un jeune qui voulait
monter son projet, il m’a aidé. Ca a lancé cette première édition.
On a choisi de le faire à Cercoux, dans notre village car nous sommes dans une zone rurale mais je
trouvais cela intéressant d’attirer du monde ici car on manquait d’événements de ce genre.


Dj : Quelles ont été les difficultés qui se sont mises sur ton chemin au cours de l’élaboration du
projet et quel a été l’accueil des habitants du village lorsqu’ils ont appris qu’un festival Metal
allait avoir lieu ici , à Cercoux ?
Victor : En fait, les riverains l’ont tous accepté dés le début ; ils étaient ravis de voir un festival se
monter à Cercoux. Pendant cette période, on double la population sur ce week-end ; la supérette, la
boulangerie etc., voient leur nombre de clients augmenter. En amont, les riverains sont prévenus
une semaine avant qu’il y aura un peu de bruit et ils l’acceptent.


Dj : Je suppose que tu les as inclus un maximum dans ce projet afin de les rassurer en les
impliquant en amont ?
Victor : Oui ! Nous travaillons beaucoup avec les entreprises et les associations locales, c’est
important pour nous, les associations sportives et culturelles sont impliquées dans le festival, ça
nous permet de s’entraider et je trouve ça chouette que le 666 y ait trouvé sa place.


Dj : Niveau financier, c’est toujours une croix, surtout lorsqu’on a ton âge, d’arriver à obtenir
des budgets et des partenariats… Quelle a été ta stratégie pour boucler ton premier budget ?
Victor : Les gens avaient peut-être un peu de mal à me prendre au sérieux au début mais ils ont
bien aimé l’idée que j’arrive et que je me présente « Salut, moi c’est Victor, j’ai 15 ans et je veux
monter un festival, est-ce que ça vous dit de m’aider ? » ; du coup, voir un jeune qui voulait monter
son projet les a séduit et ils m’ont soutenu ! J’en suis très reconnaissant car ils m’apportent encore
leurs aides. Les partenariats se sont fait avec les commerçants locaux, en échange de publicité sur
nos supports et l’accès à notre festival mais nous n’avons jamais sollicité les banques. Lors de notre
première édition, notre budget était aux alentours de 20 000 à 25 000 euros. Il ne fallait surtout pas
que nous commencions trop « gros ».


Dj : Pour monter un festival, il faut des groupes, c’est l’essence même de la chose ! Comment t’y es-tu
pris ? Par coup de cœur ? En te rendant sur les concerts des groupes pour approcher du management ?
Avais-tu une idée de ce qu’un groupe demandait en termes de cachets.
Victor : L’affiche reflète mes goûts musicaux, pour ce qui est de la scène française. Quand je les
sélectionne, je vais les voir en concerts, je leur présente le projet et lorsqu’ils sont intéressés, on
poursuit nos échanges par email. Je m’occupe de la programmation, donc, si j’ai un coup de
cœur, je me rends dans les loges pour le solliciter et je le recontacte ensuite. Ca, ça concerne
surtout les têtes d’affiche ; pour les groupes plus « petits » ou locaux, on reçoit beaucoup de
demandes et on fait notre sélection en fonction de nos envies ou de ce qu’on recherche. Même pour
notre première édition, j’avais déjà reçu une bonne vingtaine de demandes mais nous avions déjà
bouclé notre affiche et lancé notre communication donc je n’avais pas envie d’ajouter d’autres
groupes. Maintenant, c’est quelque chose que je me permets quitte à ajouter une autre date !
Au niveau conditions et cachets, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Je ne savais même pas
qu’il fallait loger les artistes…


Dj : Quelle a été ta réaction face à leurs demandes ?
Victor : Je leur ai d’abord demandé quelles étaient leurs conditions habituelles, à chaque groupe ;
J’ai ensuite avisé en fonction de mon budget. Nous voyons ensuite avec les riders ce que nous
sommes capables de fournir en dehors des cachets ; les demandes spécifiques à chacun pour les
loges etc.


Dj : as-tu eu des refus ( tu n’es pas obligé de dire de qui ) mais pour quelles raisons ?
Victor : Je n’ai pas eu de refus ( un coq se met à chanter… ^^ ) en tant que tel ; les seuls refus que
j’ai reçu c’est uniquement pour une indisponibilité aux dates du festival.

Dj : Parlons d’aujourd’hui. Tous les festivals ont été annulés depuis 2020 pour cause de pandémie ;
une situation inattendue pour tous et souvent tragique. Dix-mois plus tard, la vie reprend peu à
peu et quelques concerts aussi. Tant bien que mal, les restrictions s’assouplissent et la réalité
économique des entreprises, des associations se fait jour. Tu as décidé de relancer le Festival 666
cette année ; est-ce une histoire de survie ? Quelles aides as-tu obtenu lors de cette période de
crise sanitaire et où en es-tu à ce jour, financièrement ? Quelles sont les difficultés rencontrées pour
refaire partir la machine ?
Victor : Paradoxalement, cela a été une expérience enrichissante.Ce n’est pas tous les jours que
l’on déconstruit un festival entièrement pour le remonter l’année suivante ! C’est quelque chose
qu’on apprend sur le tas…Nous avons eu un peu de chance car financièrement, nous n’avions
pratiquement pas avancé de coûts, ni commencer à avancer des acomptes ni à payer des factures.
Quand j’ai décidé d’annoncer le report du festival, je n’avais pas spécialement envie d’annoncer un
report pur et simple et de demander aux possesseurs de billets de les conserver jusqu’à l’année
suivante ; nous avions envie de faire quelque chose en plus. Nous avons alors décidé de ne pas faire
un festival sur deux journées, comme c’est le cas habituellement, mais sur trois jours et ce troisième
jour, nous l’offrons à nos festivaliers détenteurs du pass deux jours 2020 ! C’est notre moyen de les
remercier.
Cela permet aussi de rassurer nos partenaires, nos habitués, de faire savoir que nous sommes
toujours là. Il a fallu, durant cette année, communiquer sur un événement qui n’a pas eu lieu mais
qui nous permettrait de rebondir pour l’année suivante et de nous relancer !

Dj : La programmation est bien solide, et l’affiche canon au passage, avec des références
qu’on ne présente plus, telles que « Mass Hysteria », « No on is innocent », le retour pour la
seconde «année » consécutive de Shaârghot, une valeur sûre du Metal insudtriel ou encore les
toulousains bien pêchus de chez Psykup. Je ne voudrais pas faire offense à Sidilarsen en ne les
citant pas et toutes les découvertes qu’attend avec impatience le public du 666. C’est quand même une
belle programmation que toi et tes équipes nous proposent pour un festival de cette taille !
Alors, qu’attends-tu de cette nouvelle édition ?
Victor : Nous avons une programmation dont je suis très fier ! C’est la meilleure que j’ai réussi à
monter en trois ans de festival. Elle est assez éclectique et va sûrement plaire à une majorité, on a
de la chance là-dessus. Ce qui est étonnant, c’est d’avoir une belle programmation, telle que celleci,
et que l’on propose d’habitude pour une jauge beaucoup plus importante que celle dont nous
auront le droit cette année. Nous nous sommes limités à mille personnes en 2021 mais cela va aussi
permettre une vraie convivialité entre les artistes et les spectateurs qui seront aussi proches que
possible de la scène ! Si j’ai un souhait, c’est que le beau temps soit avec nous et que les festivaliers
soient nombreux au rendez-vous. Les concerts reprennent petit à petit, les gens ont une grande
envie de se « défouler » et de notre côté, nous préparons de belles choses pour ce week-end !

Dj : La situation sanitaire n’est pas encre derrière nous et il y a une augmentation
exponentielle des cas de contaminations au variant Delta. Ne craints-tu pas de nouvelles
annonces restrictives et anticipées ces prochains jours ? Cela pourrait mettre à mal la tenue
même du festival au mois d’août…Tu te prépares à cela comment ?
Victor : Nous nous étions préparés en amont à toutes éventualités ; c’est pour cela, que dès le
début, nous avons exigé l’entrée du festival avec Pass Sanitaire et que nous avons limité notre jauge
à mille personnes au vu des risques qu’un nouveau variant puisse apparaître. Nous nous sommes
préparés au pire et si la situation s’améliore, tant mieux pour nous ! S’il devait y avoir encore un
report du festival ( et nous le souhaitons évidemment pas ), nous sommes déjà assez prêts.


Dj : Nous allons clôturer cette interview Victor ; mais encore une question ? Qu’as-tu fait pendant le
confinement ? Et si tu devais faire les choses autrement, tu changerais quoi ?
Victor : Le premier confinement, j’étais occupé à réviser mon BAC ; j’étais en terminale à l’époque
et heureusement, il m’a été gentiment « donné » par le Ministre ( rires ), puisqu’on a appris à la fin
qu’il serait en contrôle continu… Ensuite, j’étais très occupé à contacter les groupes, voir avec eux
comment ils envisageaient la suite pour l’été. Certains voulaient y aller et foncer et d’autres étaient
plus réticents.
Je ne changerai rien. J’ai annoncé notre report à la mi-mai, quand d’autres l’avaient fait dès le
début du confinement : mais on ne sait jamais de quoi la vie est faite et je ne regrette rien sur ce
confinement.


Dj : Merci encore Victor pour ce moment que tu m’as accordé dans ton emploi du temps, je
suppose, assez chargé et on se retrouve donc tous à Cercoux les 20, 21 et 22 août 2021 pour le Festival 666.
Bien-sûr, avec le protocole sanitaire en vigueur à ce moment-là ! 😉