FIRESPAWN Shadow Realms Press_Cover_02

Que font des amis suédois et actuels (ou anciens) éminents membres d’Entombed A.D., Unleashed, Necrophobic, Dark Funeral, Defleshed, Raised Fist, ou Naglfar (live) entre eux quand ils s’ennuient durant l’hiver et ne jouent pas dans leur formation respective ? Hé bien du bon Death Metal, pardi ! D’abord né sous le nom de Fireborn en 2014 pour devenir à présent Firespawn, ce super groupe scandinave alléchant sur le papier au vu de son line-up est plus que convaincant une fois l’ouverture des hostilités lancée. Passée une intro sombre et menaçante (une sorte d’alarme), le quintet de Stockholm balance une sauce Death plutôt américaine que suédoise aux compositions ultra-dynamiques. Imaginez ou plutôt écoutez un peu : L.G. Petrov et sa voix gutturale et grasse comme sur un Left Hand Path vieilli au malt à whisky de vingt ans d’âge et au goudron, des riffs de guitares d’une précision diabolique, inspirés et modernes version Unleashed vs Cannibal Corpse signés Fredrik Folkare et Victor Brandt, une basse vrombissante maltraitée par Alex « Impaler » Friberg (« Imperial Burnings » et ses relents gojiresques), et la batterie impeccable de Matte Modin qui blaste et pilonne tout ce qui passe (« Ruination », « Shadow Realms ») ! Mais attention, cette première bombe n’en est pas pour autant un simple subterfuge ni un ersatz de Death Metal suédois de plus. En effet, nos gaillards savent mélanger leurs influences (le sombre « Lucifer Has Spoken » et ses chœurs évoquant le « When In Sodom » d’Entombed), doser leurs attaques (« Spirit Of The Black Tide »), et varier les plaisirs de nos sens, en attestent ces superbes soli de guitares (« All Hail », le final de « Infernal Eternal ») ou bien ce bref passage acoustique sur « Contemplate Death » dont le guitariste/producteur Fredrik Folkare en a déjà le secret avec Unleashed. Plus qu’une belle pochette surprise au visuel déjà vu, Shadow Realms vous donne véritablement la banane et on a pour son argent. Si le dernier Entombed A.D. vous a semblé un peu mou du genoux et si vous appréciez aussi bien la scène Death de Floride que celle de Stockholm revisitées en 2015 avec brio par des vétérans du genre, ruez-vous sur cette galette suédoise ! 

[Seigneur Fred]