On l’avait quitté en même temps que tout son groupe, qui remplissait alors les plus grandes salles. Après quelques projets collectifs, l’ancien guitariste de My Chemical Romance s’est lancé en solo, et ça n’a pas été une mince affaire. [Entretien avec Philippe Jawor]

Frank IeroParlons de « Stomachaches », ton premier album en solo : c’est un travail très personnel, c’est toi qui joue de tous les instruments à l’exception de la batterie. Qui sont alors The Cellebration ? Seulement des musiciens de tournée ?

En fait, j’ai aussi joué la batterie sur « Joyriding » mais sinon oui, c’est mon ami Jarrod Alexander (ancien de My Chemical Romance) qui s’en est chargé.

En fait, en ajoutant « The Cellebration » à mon nom sur la pochette, je voulais faire comprendre que ce n’était pas seulement moi avec une guitare acoustique. En fait, The Cellebration c’est… le bruit, la musique de l’album (rire).

 

Désormais, c’est tout de même un groupe à part entière, qui t’accompagne notamment sur scène… Ou alors tu joues sur bandes ?

(rire) Non ! Pas du tout ! Ce sont des amis, de la famille… Quand j’ai commencé à constituer cette équipe en vue de la tournée, je savais par exemple que je voulais jouer avec mon beau-frère Evan, qui joue de la guitare et qui chante, Rob Hughes avec qui je jouais déjà dans LeATHERMØUTH et à qui j’ai demandé de troquer sa guitare contre une basse… et puis il y a un an et demi j’ai rencontré Matt Olsson, qui est un batteur fantastique.

 

Sur ce disque, tu chantes principalement l’amour. Quels événements ont pu t’inspirer ces textes ?

Dans son essence, je dirais que cet album se rapproche du mouvement folk : je raconte des histoires à propos d’expériences que j’ai pu avoir ou que j’ai vu traversées par des gens qui m’entourent.

Ce qui est marrant, c’est qu’il y a beaucoup de choses qui viennent de ma tendre enfance. Je ne le voyais peut-être pas en les écrivant mais ça me paraît flagrant avec le recul : j’y fais énormément référence à ma jeunesse.

 

On ne pourra pas y couper mais ce sera la seule question à ce propos : est-ce que c’est des chansons que tu aurais pu écrire du temps de My Chemical Romance mais qui n’auraient pas eu leur place dans la discographie du groupe ?

En fait, écrire dans My Chemical Romance était totalement différent : quelqu’un proposait une mélodie et on s’y mettait en commun.

Sur ce coup, j’ai fait ça dans mon coin, assez égoïstement : je n’avais pas la prétention de sortir un album, encore moins de le jouer pour d’autres. À l’époque, j’avais ce projet appelé Death Spells avec mon pote James Dewees (claviers de My Chemical Romance) mais on a dû faire une pause parce qu’il partait en tournée avec son autre projet, Reggie and the Full Effect ; c’est là que je me suis mis à écrire ces chansons.

Un ami de longue date, producteur, m’a demandé sur quoi je bossais alors. Je lui ai répondu « pas grand chose, on est en pause avec James, j’ai juste écrit quelques chansons… » Il a demandé à les écouter, et c’est lui qui m’a proposé de sortir un album.

Au début, j’étais assez hésitant mais il a fini par me convaincre ; ça a quand même était difficile de me séparer de ces chansons pour les offrir à d’autres, c’était quand même quelque chose de très personnel.

 

L’album est finalement très rapide, avec 12 morceaux pour seulement 37 minutes d’écoute. Cependant, des titres comme « She’s the Prettiest Girl at the Party, and She Can Prove It with a Solid Right Hook », « Stage 4 Fear of Trying » ou encore « Guilttripping » ont un tempo plutôt lent…

C’est juste comme ça qu’ils sont sortis de mon esprit. Quand j’écrivais ces chansons, ma seule intention était de retranscrire ce que j’avais en moi, pour moi, et de ne surtout pas dénaturer ça. J’ai voulu les garder aussi pures que je les avais imaginées. « Stitchess », par exemple, sort du format couplet-refrain-couplet-pont-refrain, mais c’est comme ça que la chanson m’est venue, et je n’ai pas voulu changer ça ; certaines prises de guitare sont les premières prises enregistrées, avant même que je ne sache ce que serait la chanson au final. De toute façon, qui pourrait dire qu’elle auraient dû être différentes (rire) ?

 

Dis moi si je me trompe, mais sur « Neverenders », je ne peux m’empêcher d’entendre des similitudes avec « Walk like an Egyptian », des Bangles. C’est intentionnel, ou je fais totalement fausse route ?

(rires) Non mec, c’est totalement ça ! Quand j’étais petit, « Walk like an Egyptian » était une de mes chansons préférées, c’est un titre complètement badass ! Dans ce titre il y a de ça, mais aussi du Cyndi Lauper, tu as juste sur toute la ligne et c’est totalement volontaire !

 

À l’occasion du Record Store Day (le 18 avril) sort également un 4 titres enregistré live à la BBC. Pourquoi ces titres plutôt que d’autres ?

En fait, quand j’ai écrit ces chansons, je n’avais aucune idée de comment ils devraient sonner en live, puisque je ne comptais pas les sortir un jour, et puis c’est quelque chose que je n’ai jamais fait. Quand j’ai réuni le groupe, les chansons ont commencé à changer, comme si elle prenaient vie à nouveau. Je me sens très chanceux d’avoir réussi à capturer ça sur ce disque. En l’écoutant, on entend vraiment un groupe prendre vie, et les chansons évoluer.

 

En parlant de live, tu seras en France le mois prochain (le 7 mai au Backstage, à Paris ; le 8 au Rocklive Fest de Lyon). Qu’attends-tu du public français ?

Je ne sais pas quoi en attendre ! Tout ce que je sais, c’est que je suis impatient : j’ai eu l’occasion de m’y frotter avec mes précédentes formations et il me tarde de lui faire découvrir ce nouveau projet. J’espère juste qu’on prendra du bon temps ensemble.