GORGOROTH Instinctus Bestialis - Cover

Dans la famille Gorgoroth, je voudrais le père spirituel (et surtout juridique), j’ai nommé Infernus ! Si la formation norvégienne a plus fait parler d’elle ces dernières années dans la rubrique « faits divers » à cause de sévères imbroglios entre son guitariste et ses anciens membres (Gaahl et King ov Hell partis fonder God Seed), on ne peut pas dire que le réenregistrement de l’album culte Under The Sign Of Hell en 2011 fusse d’une grande utilité publique, perdant alors de son charme et donc de son caractère culte. Voici que Gorgoroth nous offre à présent un nouvel effort studio, six ans après Quantos Possunt Ad Satanitatem Trahunt, le véritable précédent album du groupe, qui ne marqua pas franchement les esprits… Question line-up, on retrouve toujours l’ex-bassiste d’Obituary Frank Watkins alias Bøddel et l’ex-batteur de Dissection (R.I.P.) Tomas Asklund, aux côtés d’Infernus, seul membre originel. Au chant, Pest ayant été remercié après son annulation pour la tournée sud-américaine en 2012, c’est un certain Atterigner, à la voix plus grave, du groupe de Black Metal serbe Triumfall, qui blasphème au micro de ce neuvième album. Et Instinctus Beslialis s’inscrit en toute logique dans la suite de Quantos(…), notamment au niveau rythmique et sonore (Tomas Asklund et Infernus ayant produit et mixé eux-mêmes l’album), de manière plus vivante et puissante cependant, une majorité de titres up tempo rappelant même la sauvagerie d’un Destroyer par exemple (« Radix Malorum » en ouverture). Un certain regain d’inspiration (sans aucun vilain jeu de mots avec leur défunt label suédois Regain Records) se manifeste aussi au niveau des riffs (« Dionysian Rite » et son final lancinant entrecoupé de puissants breaks) et surtout des mélodies aux influences Heavy chères à Infernus et joliment servies par quelques soli de guitares de trois invités (Chris Cannella d’Autumn’s End (Groove/Death Metal/USA) ; Fabio Sperandio du groupe Ophiolatry (Brutal Death Metal/Brésil) et Henrik Ekeroth (ex-Funeral Mist/Suède)). Par moment, les compositions peuvent sonner plus typées Black/Death Metal dans les accords plus graves et à travers certaines rythmiques très lourdes (« Kala_Brahman »), la voix d’Atterigner n’étant pas étrangère à cela. Alors même si l’on a donc droit ici à un énième nouveau chanteur sur trente et une minutes à peine de musique, et que l’époque du True Norwegian Black Metal du début des années 90’s est bel et bien révolue, le célèbre combo de Bergen possède encore quelques cartouches à sa ceinture, Infernus sachant faire parler la poudre dès qu’il s’agit d’exprimer ses instincts les plus bestiaux sur disque comme sur scène.

[Seigneur Fred]