HEATHEN
Empire Of The Blind
Speed/Thrash Metal
Nuclear Blast/ADA

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Alors que les Titans du Thrash Testament ont encore frappé fort au printemps dernier avec leur nouvel opus malgré le contexte actuel, leurs collègues de la Bay Area, toujours mené par David White au chant et Lee Altus à la gratte, remettent le couvert aujourd’hui, dix ans tout de même après la sortie de l’excellent The Evolution Of Chaos qui posait déjà pas mal de questions sur les dérives de notre espèce avec ses conséquences sociales et écologiques sur notre planète. Ce nouvel album de Heathen est donc seulement le quatrième effort longue durée depuis 1984 ! En effet, le quintet californien fit un long break silencieux entre 1993 et 2001, et les fans durent alors clairement prendre leur mal en patience jusqu’à 2010 où The Evolution Of Chaos vit enfin le jour même si le résultat chez Heathen déçoit rarement. A l’image du genre musical, c’est-à-dire ici vous l’aurez compris du Thrash US, rentrons directement dans le vif du sujet pour vous avouer que cet Empire Of The Blind s’avère toutefois un cran en deçà de nos espérances et notamment par rapport à son prédécesseur… Si l’intro très classique « This Rotting Sphere » constitue une belle entrée mélodique en matière dans cet univers post-apocalyptique à l’ambiance New York 1997 de John Carpenter, et que les premiers riffs de « The Blight » vous donnent d’emblée envie de taper du pied et de headbanguer en ces temps de vache maigre de concerts, on a l’impression d’écouter un récent Overkill ou un quelconque Exodus (normal, rappelons que Lee Altus est aussi guitariste d’Exodus. Le chant mélodique assez grave de David White atténue quelque peu l’agressivité de ce premier extrait pourtant bourré d’excellents breaks et d’un court solo du guitariste Kragen Lum. Rebelotte sur le titre suivant qui n’est autre que la chanson-titre, efficace et classique. Le refrain demeure efficace, tout comme « Dead & Gone » rappelant presque le Power/Thrash Metal des regrettés britanniques de Dearly Beheaded mêlant puissance et mélodie. Les soli des guitares s’enchaînent avec fluidité tout du long sur un répertoire toujours relativement Heavy/Speed dynamique (le terrible « In Black » et son riff incisif) sans oublier les instants plus mélodieux et calmes (« Shrine Of Apathy »). Avec sa rythmique plombée, le plus lent « Sun In My Hand » donne quant à lui dans un Heavy/Thrash extrêmement carré mais plus basique, suivi du très réussi « Blood To Be Let » qui n’aurait pas dénaturé sur le dernier Annihilator par exemple. Notons l’arrivée dans le line-up des Californiens du batteur Jim DeMaria (Toxik, ex-Merauder mais aussi Whiplash (live)) qui impulse une bonne énergie tout du long derrière ses fûts avec son style hérité du Hardcore. Heathen n’invente donc rien en 2020 sur cet Empire Of The Blind au demeurant très plaisant et propre, irréprochable techniquement et d’une précision redoutable, mais il restera à jamais un bon petit soldat des Titans du Thrash derrière le Big Four, à l’instar d’un Forbidden (ou Forbidden Evil) trop souvent mésestimé. [Seigneur Fred]