You are currently viewing <strong>HELLOWEEN</strong> </br>Hydre flamboyante

HELLOWEEN
Hydre flamboyante

Ce qui à la base ne devait être qu’une tournée avec les anciens du bahut s’est transformé en citrouille à plusieurs têtes. Car, oui, il fallait bien une actualité pour repartir sur la route ensemble… Alors, pourquoi ne pas faire un disque  ensemble ? Et quel disque ! Tout simplement, l’un des meilleurs de la discographie du groupe ellemand, rien que ça (on parle quand même ici d’une légende dans le genre Heavy Metal). Le retour en grâce de Kai Hansen et Michael Kiske a donc reboosté le combo de Hambourg Il était temps de contacter son guitariste historique, qui enchaîne les clopes comme il enchaîne les riffs. [Entretien avec Michael Weikath (guitare) par Julien Meurot, julien@metalobs.com – Photos : DR]

On sent beaucoup de fun et de positivité dans ce disque. On dirait que tu t’es amusé comme au premier jour…
C’est vrai ! Mais cela a toujours été le cas. J’apprécie énormément le travail en studio, regarder comment les riffs s’assemblent, comment les voix se mélangent, etc. C’est aussi super intéressant de découvrir ce que les autres ont à proposer. Y compris au sein d’un même morceau, les arrangements, les orchestrations. Si la façon de faire reste la même pour l’enregistrement, voir les titres grandir et grandir c’est magique.

L’album est prêt depuis très longtemps, puisque vous deviez commencer la tournée en juin 2020, non ?
Effectivement, tout ou presque était fini avant le confinement. L’album a été enregistré dans différents studios. Michael Kiske a, par exemple, enregistré chez lui. Nous avons assemblé tout cela et nous y voilà. L’album va enfin sortir et j’espère que nous pourrons repartir sur la route prochainement. 

Pas trop frustrés quand même d’avoir dû attendre quasiment un an entre la fin de l’enregistrement et la sortie de ce nouvel album éponyme ? N’avez-vous pas eu des envies de modifications de l’album entre-temps ?
Non, car avec la situation, les fabricants de disques/vinyles n’étaient pas en mesure de produire l’album, par exemple. Maintenant que les choses commencent à rentrer dans l’ordre, Nuclear Blast est à nouveau capable de promouvoir et distribuer l’album correctement. Pour répondre à ta deuxième question, nous avons fait au moins 5 mixages différents, principalement à cause de « soucis techniques ». Mais les compos sont restées inchangées. J’adore notre son, la basse ressort très bien, ce qui n’est pas toujours le cas dans notre style.

On peut prendre en exemple le titre d’ouverture, « Out For The Glory », tous les ingrédients y sont ?
J’ai cette mélodie en tête depuis plus de quinze ans ! Elle m’est venue en regardant le documentaire d’Al Gore, Une vérité qui dérange. Je me souviens l’avoir rapidement enregistrée pour ne pas l’oublier et cela m’a pris quinze ans pour en venir à bout. La mélodie était chouette, mais je n’arrivais pas à trouver les bons accords pour le couplet.

Tu gardes donc scrupuleusement tes idées sur bande ?
Oui, j’ai eu des K7, des Minidisc et maintenant mon iPhone. Le téléphone est tellement pratique, car en plus du son, tu as la date et tu peux même ajouter le lieu. Cela m’aide beaucoup pour y revenir. Par exemple, j’ai trouvé la mélodie du couplet lors d’un arrêt à l’aéroport de Francfort (rires).

Pour finir, pourquoi avoir choisi une version edit de « Skyfall » comme premier single, alors que d’autres titres tout aussi excellents avaient le bon format ?
Au départ, nous étions effectivement partis sur « Out For The Glory » ou « Fear Of The Fallen ». Mais, sur « Skyfall », tu as cette vibe qui fait penser au diptyque Keeper Of The Seven Keys et il y a les trois chanteurs, même si je devrais dire quatre, car il y a aussi Sascha (Gerstner, guitare). De plus, c’est la chanson que Kai Hansen a écrite pour ce disque et tout le monde semble l’adorer.

CHRONIQUE ALBUM

HELLOWEEN
Helloween
Heavy/Speed Metal mélodique
Nuclear Blast/ADA

Quand on dépasse les trente ans de carrière et que l’on s’apprête à sortir son seizième album, difficile de croire que l’on va tomber sur la pépite absolue. Et pourtant, le retour des tauliers Hansen et Kiske permet de faire du neuf avec « des vieux ». Le résultat est un album flamboyant, qui peut se targuer de pouvoir regarder dans les yeux les albums cultes du groupe. Les mélanges des trois chants, les duels de guitares, les riffs, les mélodies tout est imparable. Pour ne rien gâcher, la production est en béton armé. On retrouve dans ce disque la magie que l’on a vue opérer sur scène, lors de la tournée Pumpkins United. Le point d’orgue étant ce final de 12 minutes, écrit par un Kai Hansen chaud comme la braise et qui évoque le bon vieux temps des années 80, avec toute l’excellence de 30 ans d’expérience. Un disque appelé à devenir culte !!!! [Julien Meurot]