Si Hyborian a réduit la voilure pour se conforter dans une formule power trio, son sludge metal n’en est que plus massif et percutant. Dans ce Volume II, le groupe du Kansas fait preuve d’une intensité exceptionnelle, mise au service d’un groove et de riffs décapants. [Entretien avec Martin Bush (chanteur et guitariste) par François Alaouret — Photo : DR]

Trois ans après le Volume I, votre deuxième album arrive. Vous l’avez conçu dans la continuité ?
L’idée de base est que le Volume I était composé de plusieurs histoires sur les premiers temps de l’humanité sur terre, tandis que le Volume II traite de la fin de l’univers. Dans des périodes de narration différentes, cela se rejoint même si c’est un monde fictif.

Ce nouvel album est plus incisif et plus heavy que le premier. C’était votre objectif de composer un sludge aussi massif et puissant ?
Notre processus d’écriture reste honnête et très organique. Cela dit, on ne se fixe pas de cadre précis pour notre son. Nous écrivons toujours à trois et il faut que nous soyons tous satisfaits du résultat. Si l’un de nous n’est pas content, on laisse tomber. En fait, tout cela se fait très naturellement.

D’ailleurs, Volume II est très largement basé sur les riffs. Créer des riffs rapides et puissants semble vraiment être la signature d’Hyborian…
C’est sûr. De gros riffs, de gros riffs et encore plus de gros riffs ! Et dès le départ, nous voulions en outre que ce nouvel album soit plus rapide et plus thrash.

Entre les deux albums, il y a aussi eu un léger changement de line-up. La formule en power trio paraît donc la bonne ?
En fait, nous avons toujours été trois sur les albums. C’est juste en tournée que nous prenons un membre supplémentaire. Tout ça a pris des proportions un peu inattendues. Hyborian est bien meilleur en trio.

À vos débuts, on vous a souvent comparé à Kyuss et Crowbar. Mais, après l’écoute de morceaux comme « Planet Destructor », « Driven by Hunger » ou « Stormbound », on peut dire que vous avez défini un style très personnel…
Je suis carrément d’accord. Nous avons trouvé notre processus d’écriture. Et puis, nous écoutons aussi beaucoup de choses différentes et sonner comme d’autres groupes ne nous intéresse pas. Évidemment, nous avons des influences, mais on essaie de les gommer le plus possible. 

Sur ce Volume II, vous avez parfaitement réussi à mixer l’énergie du stoner et du sludge avec des éléments progressifs pour créer un nouveau registre metal. Comment décririez-vous le son d’Hyborian ?
Si Robert Fripp rejoignait Motörhead et composait des chansons pour Testament, ce serait assez proche, je pense. En fait, le thrash de la Bay Area, le groove metal des années 90, le sludge des années 2000, le proto-metal des années 70, le prog et même le hardcore des années 80 ont beaucoup compté. C’est difficile de décrire objectivement notre son, car beaucoup de genres le composent. 

Enfin, pensez-vous déjà au Volume III ?
Ces albums ont été conçus dès le départ pour être une trilogie. Je ne sais de quoi sera fait notre futur, mais tu peux être sûr que nous ferons le Volume III. Ce ne sera peut-être pas le prochain album, mais il sortira !

HYBORIAN
Volume II
Sludge metal
Season Of Mist
★★★★★

Après un cataclysmique Volume I, Hyborianlivre un second volet de son puissant sludge, où il reste quelques bribes de stoner. Soudé dans une formule power trio, le groupe de Kansas City multiplie les riffs tranchants et intenses, flirtant parfois même avec un thrash metal épuré. Il a creusé avec précision le sillon de son metal pour se distinguer naturellement de la scène actuelle. Nettement plus compact que sur son premier album, Hyborian avale, les uns après les autres, les riffs acérés, tandis que des rythmiques très groove se transcendent sur des tempos lourds et soutenus. Avec ce Volume II, le combo s’invite dans la cour des grands et démontre qu’il faudra désormais compter sur lui (« In The Hall Of The Travellers »). [François Alaouret]