IGORRR

La rage au ventre, Igorrr continue de repousser les limites de la musique, d’aller au plus loin de ce qu’elle offre comme potentialités. Mais pour son cinquième album, le deuxième étiqueté Metal Blade, le passionné reconnu de musiques extrêmes et désuètes a orienté sa composition sur des influences orientales. Faire un album de 14 titres où se mêlent metal extrême, électro, musiques du monde et autres musette n’a pas été de tout repos pour Gautier Serre. C’est ce que le gaillard nous dévoile dans cette interview fleuve, avec toujours la chronique pour clôturer le tout en beauté ! [Entretien avec Gautier Serre (composition) réalisé par Guillaume DARTIGUES]



GENÈSE

Comment te sens-tu à deux mois de la sortie de l’album ?

Je me sens plus impatient que jamais ! J’ai fini l’album en octobre 2019, je réponds à cette interview le 1 er février 2020 et depuis, la moindre journée sans pouvoir partager cette musique est une éternité pour moi. On a pu publier « Very Noise » il y a 2 semaines, et on pourra publier « Parpaing » ce mois ci, mais c’est vraiment au compte goutte, j’ai qu’une envie c’est de publier tout l’album d’un coup.

Tu es un habitué des studios Improve Tone dans la région de Clermont-Ferrand. Peut-être connais-tu les musiciens de Pryapisme ? Tu avais même filmé dans la région le clip pour « ieuD ». J’en déduis que tu as des habitudes et/ou attaches particulières dans cette région ?
Oui je connais bien Improve Tone Studios. J’y ai enregistré tous mes albums avec Igorrr et Corpo-Mente. Mais surtout, j’ai participé à sa création en 2010 et j’ai travaillé là-bas en tant qu’ingénieur du son pendant quelques années. Je connais bien aussi les membres de Pryapisme, ce sont tous de bons amis. D’ailleurs certains musiciens intervenant dans les albums de Igorrr sont aussi des musiciens qui jouaient dans Pryapisme, je pense à Nils Cheville et Antony Miranda entre autres. Et vu que tout se passait dans la même région, on en a aussi profité pour tourner « ieuD », au lac Servières et au Puy de Gravenoire pour être plus précis.

Depuis quand la composition de Spirituality and Distortion a commencé ?
Cela fait pas mal d’années déjà que j’avais commencé à plancher et réfléchir dessus, bien avant Savage Sinusoid d’ailleurs. J’avais même déjà enregistré des idées et des brouillons. Mais j’ai réellement commencé à mettre les mains dedans pour mettre tout ça en forme à la fin de notre dernière tournée du Savage Tour, fin 2018.
Une fois que je me suis mis dessus ça a été assez extrême, dans le sens ou j’ai vraiment rien lâché à aucun moment et j’ai gardé la tête complètement dedans, sans vraiment voir le jour pendant presque un an. ça a été vraiment intense et très difficile. Faire un album de Metal, OK. Faire un album de musique électronique ou de pop, c’est une belle expérience mais c’est faisable aussi. Par contre, faire un album de Metal, de musique électronique, de baroque, de musique du Moyen-Orient, de classique et de musique des balkans… ensemble, en articulant tout le monde en même temps, ça a été un véritable challenge pour moi. J’y ai laissé quelques plumes.

Il me semble qu’il n’y a pas si longtemps, l’ensemble du groupe tournait en Amérique… Gardes-tu un souvenir fort de tournée ? Et trouvez-vous de l’inspiration ensemble avec Laure, Laurent et Sylvain en parallèle ?
Oui, on tournait aux États-Unis en 2018, mais en rentrant, on a enchaîné sur une autre tournée européenne, et c’est en sortant de cette tournée Européenne que j’ai commencé à vraiment mettre Spirituality and Distortion sur pieds.
Cette tournée avait été une première pour nous, ça été très difficile. Dans le sens où, pour un petit groupe de musique alternative comme Igorrr, nous jouons une musique décrite comme extrême et non conventionnelle sur un territoire qui est lui, au contraire, culturellement dominé par des choses beaucoup plus normées. On ne s’attendait pas à recevoir un accueil aussi fou et chaleureux ! On a fait beaucoup de route, on a très peu dormi, on a mal mangé… Mais on a joué des concerts mémorables : quelques fois dans des salles vraiment nulles, où la température descendait en dessous de zéro dans les loges et où il y avait peu de monde. Et quelques fois où des centaines voire des milliers de personnes nous attendaient avec impatience. C’était une super belle expérience.

Ce genre d’expériences de vie m’inspirent évidement beaucoup, mais pour répondre à ta question, la composition de la musique, je la fais seul. Quand je suis en tournée avec Laure, Sylvain ou Laurent, on est tous super enthousiastes pour faire plein de choses. Mais pour la musique, j’ai besoin d’une liberté de penser totale pour pouvoir avancer. C’est trop compliqué pour une musique aussi pointilleuse et écrite d’avoir d’autres personnes dans le processus de création.

PROCESSUS / COMPOSITION

« Downgrade Desert », « Camel Dancefloor » ont des sonorités très orientales, est-ce du oud que l’on entend dessus ? En somme, j’ai l’impression que tu as eu une inspiration orientale plus marquée pour cet opus…

Oui, la musique orientale m’a beaucoup inspiré pour Spirituality and Distortion. Pour le oud, notamment sur « Downgrade Desert », je tiens à remercier Mehdi Haddab d’avoir joué la plus belle intro du monde. On a passé toute une journée entière sur ces quelques notes de oud que j’avais écrite, du matin au soir, juste pour avoir l’expression parfaite sur chaque note et chaque corde. On a enregistré ça sur un vieux oud syrien des années ‘50 qui a une sonorité très particulière. Elle fonctionne vraiment à merveille pour contraster la chaleur et la beauté de cet instrument, avec les riffs super bourrins qui arrivent après.
En revanche sur « Camel Dancefloor » c’est une guitare portugaise jouée par Antony Miranda. Mais comme elle sonne très orientale, je l’ai choisie pour ce titre. Les violons ont aussi une couleur très typée Moyen-Orient. J’adore ces enregistrements, je suis super fan du son et de la couleur qu’ils ont. C’est Timba Harris qui les a enregistrés.
Un autre instrument typique aux sonorités orientales est le kanoun, je l’ai utilisé sur l’intro de « Overweight Poesy ». Tu peux entendre Fotini, une joueuse de kanoun qu’on a fait venir d’Istanbul pour jouer cette intro avec Laure qui chante dessus. Timba Harris accompagne Laure avec son violon, et Matt Lebofsky soutient ce trio au piano.

Attardons-nous un peu sur la pochette : elle comporte plein de détails croustillants ! Par exemple, le smartphone discret à droite de la pochette a-t-il une signification particulière ? Puis pour faire écho à la question précédente, est-elle également d’inspiration orientale ? As-tu fait appel au même artiste que sur Savage Sinusoid ?
Oui la pochette est aussi d’inspiration orientale. La scène se passe dans un désert il y a des milliers d’années. On peut voir un bâtiment très inspiré de l’architecture arabe à gauche, renforcée par la présence d’un dromadaire et d’un petit lézard. Le petit smartphone est là pour apporter un anachronisme. Avec Førtifem, on cherchait à mettre quelques éléments débiles sur la pochette pour contraster avec l’ensemble très imposant et sérieux. Tu y vois donc un vieux mage avec un t-shirt Cannibal Corpse et plein de petits détails que tu peux voir notamment sur la version vinyle, comme l’image est plus grande. Pour Savage Sinusoid, on avait fait appel à Valnoir pour la pochette, mais pour Spirituality and Distortion, on voulait vraiment faire ça avec Førtifem.

On te sait depuis longtemps passionné de metal extrême, citant souvent Cannibal Corpse comme une source d’inspiration. Après la participation de Travis Ryan (Cattle Decapitation) sur Savage Sinusoid, tu dois être heureux d’avoir George Fisher sur Spirituality and Distortion ! Peux-tu nous raconter la genèse de cette rencontre avec lui, de sa participation sur « Parpaing » ?
Depuis que je suis dans le Metal, j’ai une sorte de héros, le boss final du Death Metal. Quand on a demandé à George Fisher de chanter sur ce titre, il a accepté. Là j’ai ressenti un truc très bête, je me suis dit que ça y est, ma vie ne serait plus jamais la même. C’est un peu comme une consécration d’ado qui se réalise !
« Parpaing » est un titre sans aucune concession. Il est super brutal et très très lourd. Sylvain a enregistré une partie de batterie absolument incroyable dessus et Martyn a joué des riffs complètement extrêmes, super exagérés. Dans la musique en général, j’adore contraster les genres avec leurs opposés pour souligner le message qu’elle transmet. Avec « Parpaing » et ses riffs super violents, le meilleur contraste qui peut lui être donné c’est de la musique 8-bits de vieux jeux vidéos. C’est pourquoi j’ai construit ce morceau en 3 parties : ça commence avec du Death Metal, donc super brutal et presque normal pour ce style d’ailleurs. Là je le contraste avec son opposé : de la Chiptune, pour ensuite refaire venir le Death Metal, détruisant au passage l’intervention Chiptune qu’il y avait au milieu. Un jour, juste pour rigoler, j’ai essayé de mettre un couplet de George Fisher, non pas sur la partie Death Metal, comme prévu, mais sur la partir 8-bits du milieu. Là, j’ai compris que c’était ça le match parfait : mon Graal, la combinaison absolue des sons, ce que je recherchais vraiment. Avec sa voix légendaire, George a réussi à faire un lien et à accompagner le 8-bits sur quelques couplets et ça a eu un gros impact pour moi.
Le Death Metal n’a aucune envie de sonner comme de la Chiptune, et la Chiptune n’a aucune envie de sonner comme du Death Metal, c’est pourquoi chaque genre de musique a chacun toute la place nécessaire pour accueillir l’autre.

Ayant lu quelques interviews pour préparer celle-ci, il m’a semblé que tu évoques souvent la notion d’introspection, qu’elle revient souvent dans ton processus créatif. Et à ce propos j’ai été agréablement surpris par la beauté du morceau « Lost in Introspection ». Est-ce qu’il renferme une signification particulière ? As-tu eu un moment de saturation pendant la composition ?
« Lost in Introspection » parle effectivement de ça, un voyage intérieur qui subit pas mal de perturbations. C’est un sujet super délicat à aborder en musique instrumentale, c’est pourquoi j’ai mis autant d’années à produire un morceau comme celui-là. Je parle de musique instrumentale : même si Laure chante sur ce morceau, les paroles n’importent pas ici. Seule la musicalité de la voix fait sens, donc je la considère comme un instrument.
Ce morceau est un peu la description et l’expression de ce que tu peux ressentir lorsque tu as la sensation de perdre tes repères, d’être dépassé par les événements et pire, d’avoir cette désagréable sensation de devenir fou. Ce titre parle de tout ça et du fait que malgré tout ce qui se passe, tu retombes toujours sur tes pieds. C’est assez lourd et sombre comme sujet, souvent connecté avec de la souffrance. Du coup, je trouvais ça plus digeste d’adoucir le trait avec un langage cinématographique en utilisant des violons et des chœurs de femmes. C’est comme s’ils t’accompagnaient dans ce voyage et le romançaient un peu, en quelque sorte.

Quelle importance accordes-tu à l’ordre des morceaux ? Est-ce que la tracklist finale de ce nouvel album a été particulièrement étudiée ou bien elle s’est assemblée petit à petit une fois les morceaux finalisés l’un après l’autre ?
Le choix de la tracklist a été le dernier gros travail avant d’avoir l’album vraiment fini. Ça a été compliqué car chaque morceau a une place bien précise. Chaque changement de place donnerait un sens complètement différent à l’album. J’avais déjà passé des semaines entières à rectifier les moindres détails, des plus notables à ceux que personne ne va jamais entendre et que je suis le seul à connaître. Après avoir écouté l’album des centaines de fois, à tout passer et repasser dans ma grille de vérification, il y avait toujours au final quelque chose qui m’empêchait d’en être content à 100%. Sans savoir ce que c’était, j’en étais content à 99,9% mais il y avait toujours quelque chose dans la construction générale de l’album qui me faisait sentir un peu comme si je passais à côté d’un truc important. J’ai même embêté tout le monde à cause de ça une fois que le mastering était fini. Je te passe les détails techniques, mais il y a un moment ou tu ne peux plus revenir en arrière. Une fois que tu passes une certaine étape, ça devient vraiment compliqué.
Un jour, j’ai pris le CD et je suis parti seul dans la montagne pour être sûr que personne ne m’appelle ou ne me parle. Pour être absolument entièrement dédié à cet album, je l’ai écouté, plusieurs fois. À un moment, ça m’a paru super évident : il fallait que « Parpaing » soit juste avant « Musette Maximum » sur la tracklist. Ce n’était pas le cas, car il y avait « Himalaya Massive Ritual » à l’époque. Je suis redescendu de la montagne et j’ai appelé notre manager. Je lui ai expliqué la situation en lui demandant de faire un changement. Il a un peu boudé, mais il a été super compréhensif. Il a dû appeler toutes les personnes concernées et ça a posé pas mal de problèmes. On a essayé de m’en dissuader, je me suis fait engueulé par certaines personnes qui n’étaient pas contentes de faire des modifications sur le travail qu’ils avaient déjà commencé. Mais au final ça s’est fait et heureusement, parce que déjà la transition avec « Parpaing » et « Maximum Musette » est juste parfaite, mais aussi maintenant je suis à 10000% en accord avec cet album.

À CÔTÉ DE L’ALBUM

Après celle de « Very Noise », es-tu sur le travail d’autres vidéos ?
Oui, là justement on est en train de travailler sur une vidéo pour « Parpaing ». Mais aussi, en décembre dernier, on est allé dans le désert Marocain à côté de Ouarzazate pour tourner le clip de « Downgrade Desert ». On est toujours en train de travailler dessus, mais ça devrait être prêt pour la sortie de l’album le 27 mars.

J’ai vu quelques commentaires sur YouTube de gens nostalgiques de l’époque Nostril, Hallelujah (la période samplée en soi). Sur Savage Sinusoid et donc Spirituality and Distorsion, je trouve pourtant sur ces deux-là que tu as trouvé le bon équilibre (« breakcore »/metal extrême/classique). Quel est ton avis là-dessus ? Es-tu attentif aux commentaires ?
Et bien justement, les nostalgiques de l’époque Breakcore devraient être rassurés avec la publication de « Very Noise ». Pour moi l’équilibre parfait ou la juste mesure est celle que j’ai peaufiné avec Spirituality and Distortion notamment. Il y a du Breakcore oui, pas mal même, mais plus utilisé comme une épice que tu utiliserais dans un plat pour lui donner du piquant, au lieu de l’utiliser comme un élément lead.
J’ai l’impression que les gens qui ont découvert Igorrr avec la période « sample » sont, non pas nostalgiques de cette période, mais plutôt nostalgiques du sentiment qu’ils ont eu à l’époque de découvrir quelque chose. Et ça, heureusement pour eux, personne ne pourra leur enlever. Ce sera toujours là. Et en plus de ça on peut toujours réécouter les anciens albums !
La période sample pour moi est une période de découverte incroyable. Elle représente aussi une période où je n’avais pas les compétences techniques ni les moyens de vraiment pousser la musique jusqu’où je le voulais. Ce sont des albums d’un énervé qui se fait plaisir en découvrant plein de choses, quelques fois presque habilement, mais quelques fois maladroitement.
Pour répondre à ta question sur les commentaires, oui j’en ai lu quelques-uns. Je suis fasciné de la diversité des avis sur notre musique, le spectre des avis et des opinions est vraiment total. La plupart du temps ça me fait beaucoup rire, mais Igorrr c’est avant tout un projet personnel. Je fais la musique que je ressens et que j’ai envie de faire. Donc au final peut importe les avis, ça ne changera pas ma musique.

Tu as de nombreuses dates de prévues bientôt. Puisque vous passez beaucoup de temps à composer et à enregistrer, qu’en est-il de la préparation pour les concerts ? Vous prend-elle autant de temps que la composition ?
Les concerts aussi sont quelque chose d’assez important. On s’apprête à partir là pendant 1 mois, avant de faire une petite pause et de repartir encore, et encore… En gros, on va partir pour environ 2 ans en mars 2020 je pense.
Ça va dépendre de comment Spirituality and Distortion est accueilli par le public. Les préparations de concerts nous demandent moins de temps que la conception d’un album, c’est sûr. Mais finalement, tourner nous demande autant de temps, bien que ce soit pas du tout la même énergie. Après, tu peux aussi composer de la musique dans le tour bus. Je me rappelle que la structure du morceau « Downgrade Desert », je l’ai écrite sur un bout de papier dans le tour bus quand on tournait pour l’ancien album Savage Sinusoid.

Cette dernière partie est la tienne ! Si tu souhaites ajouter ou mentionner quelque chose que j’aurais oublié, je te laisse le dernier mot…
Oui merci, je te cite un artiste que j’écoute beaucoup en ce moment : Jacob do Bandolim. J’aime bien laisser des mots en fin d’interview, je te laisse avec le mot : Courgette.

IGORRR

Spirituality and Distortion

Metal… expérimental

Metal Blade Records

4,5/5

À l’instar de Savage Sinusoid, on craint dès les premières secondes de savoir à quelle sauce on va être maltraité. Mais c’est un début mystique qui plonge l’auditeur en plein désert… Est-ce bien un album d’Igorrr qu’on écoute ?
L’arrivée massive de la batterie et des guitares nous rappelle vite à l’ordre. Au fil des morceaux, on retrouve cette schizophrénie musicale si particulière : accordéon, oud, piano et violons mais aussi les guitares extrêmement saturées. La mention particulière est à adresser également aux chants et chœurs féminins hypnotisants de Laure Le Prunenec, « Polyphonic Rust » pour exemple. L’ajout du oud sur certaines pistes et le piano renforcent cet aspect spirituel. Cette émotion est son apogée sur « Lost in Introspection », véritable délivrance avouée par Gautier Serre quelques lignes plus haut. Beauté et poésie sont complémentaires aux pétages de plomb traditionnels : les sons « breakcore » électroniques et les screams infernaux de Laurent Lunoir, on pense à « Paranoïd Bulldozer Italiano ». Mais au-delà du très réussi Savage Sinusoid sorti il y a déjà trois ans, Gautier explore ici beaucoup plus le côté organique de chaque instrument. Les sons breakcore sont ainsi davantage minimisés, pour les laisser s’exprimer pleinement dans quelques morceaux déglingués comme « Very Noise ».
L’éclectisme qui règne dans cet album ne plaira pas à tous, loin s’en faut. Mais c’est un parti-pris qui fait la particularité de la musique d’Igorrr qui rassemble toujours de plus en plus de fans et d’intéressés à travers le globe. Avec toute cette foule d’inspirations musicales enchevêtrées les unes dans les autres, on pourrait prétendre à la saturation. Erreur : les morceaux de l’album, fichtrement bien étudiés, s’enchaînent avec beaucoup de cohérence. Et c’est en cela qu’Igorrr réalise un nouveau coup de maître. [Guillaume DARTIGUES]