KatalepsySupposons. Vous êtes en Sibérie parce que vous avez décidé de partir à la chasse à l’ours avec une bande de copains chevelus. Il fait -30°C, le froid vous assaille, vos bottes sont enfouies sous la neige, le vent fouette votre visage et vous n’avez plus une goutte de vodka sur vous. Après plusieurs heures de marche, tout le monde décide d’aller enfin se réchauffer à l’intérieur ; vautrés devant la cheminée, l’hôte de maison propose de mettre un peu de son « bien de chez nous ». Le temps de quelques secondes, et vous vous prenez une rafale qui vous gifle les oreilles. C’est violent, c’est brutale et c’est bon. Il y a la voix puissante du chanteur qui hurle avec la conviction d’un mourant à qui l’on aurait accordé ses dernières paroles. La guitare geint et s’égosille avec une force peu connue tandis que la basse, bien au devant de la scène, gonfle et prend toute l’ampleur qu’elle mérite. Et la batterie, enfin, qui martèle à en faire trembler les murs et appuie chaque percussion et chaque cymbale. A la fin de ces 45 minutes, vous n’avez plus froid et êtes perplexe. Vous demandez alors à cet ami : « Mais qu’est-ce que c’est ? » et lui de répondre : « Ça mec, c’est la Russie ! ».

[Elisa Wolf]