La douzième édition du festival breton s’est achevée le dimanche 18 août tard dans la nuit du côté de Kerboulard avec son lot habituel de merveilleux souvenirs, de cocasseries en tout genre, de belles découverte musicales, le tout dans une ambiance conviviale et très familiale du fait de sa programmation encore plus hétéroclite cette année qui a tout de même attiré 42 000 spectateurs sur quatre jours ! Néanmoins, le Motocultor 2019 a quelque peu été gâché par une météo humide durant deux jours (c’est là le jeu des festivals open air, et l’investissement dans deux chapiteaux il y a quelques années pour les grandes scènes fut appréciable) mais surtout par une forte démobilisation des bénévoles et ce, dès le premier jour des festivités qui était pourtant la grande nouveauté avec ses artistes folkloriques celtes de renom (Alan Stivell, Excalibur) rendant l’accès au site plus long et compliqué les premiers jours, voire décourageant, sans compter les difficultés de restauration le dimanche soir… Petite rétrospective donc des moments forts du festival en attendant une édition 2020 sans faille, on l’espère, avec la formation Néo-Folk germano-scandinave Heilung d’ores et déjà bookée pour l’affiche de la journée Folk l’an prochain dont l’expérience est reconduite ! [Texte : Seigneur Fred avec la complicité de Morbidou – Photos : J-C Baugé/Deadly Pix et Seigneur Fred]

Jeudi 15 août 2019

Bienvenue à Kerboulard, le royaume du Folk et du Métal pour petits et grands !

Grande nouveauté cette année en vue d’attirer un public plus large : dès le jeudi, une soirée d’ouverture aux accents folk, majoritairement celtiques (normal, nous sommes en terre bretonne !) mêlés à du Méta (Eluveitie), voire du Rock (Alan Stivell et son guitariste armé de sa Les Paul). En voilà une bonne idée ! Petit changement de programme, pendant que nous patientons pour retirer notre précieux sésame parmi la foule à l’entrée du festival, ce sont les troubadours de Corvus Corax qui ouvrent en cette fin de journée le bal vers 17h30 sur la Massey Ferguscène en lieu et place des de Stille Volk. Nous manquons donc à notre grand regret les Germains qui, d’après nos esgourdes et nos éclaireurs présents, délivrèrent un set folklorique convivial et réussi. Place donc ensuite à nos vieux briscards pyrénéens de Stille Volk sur la grande scène déjà préparée (et partagée dans le pit) pour la tête d’affiche de cette première soirée : Excalibur. Mais chaque chose en son temps, et malgré une certaine distance et froideur du fait des conditions scéniques (Excalibur oblige donc), nous apprécions non sans une certaine impatience le concert des Occitans, un concert toutefois dans un registre plus mélancolique que leurs prédécesseurs de Corvus Corax, mais tout aussi entraînant et appliqué. Le public commence même à guincher sur « La danse de la corne » et le « Banquet » à l’heure de l’apéro. Si vous les avez manqués sur scène, n’hésitez pas à les voir en live près de chez vous dans des conditions plus intimes et écouter leur dernier opus Milharis récemment paru (Prophecy Prod.), tout comme leur projet Folk Métal du nom de leur premier album avec Stille Volk, Hantaoma (Holy Records/1997).

Les Pyrénéens de STILLE VOLK

Ensuite, c’est le respectable Alan Stivell et sa harpe (qu’il utilisera peu durant le concert) qui monte humblement sur la Massey Ferguscene du Motocultor accompagné d’un guitariste grimé de noir et vêtu d’un kilt et surtout affublé d’une guitare électrique Les Paul noir apportant un son Hard Rock aux classiques du vieux barde celte. L’accueil réservé à la star bretonne est extraordinaire (même s’il est né il y a 75 ans à Riom dans le Puy-de-Dôme en Auvergne pour l’anecdote) car il est ici chez lui en véritable patron. Cependant, il ne joue que peu d’instruments (flûte, harpe) sur scène, assurant là le minimum syndical… Mais bon c’est toujours un honneur d’avoir Alan Stivell à un festival, qui plus est en Bretagne au Motocultor ! Un bon moment qui s’achève par le classique « Tri Martolod » » que reprendra quelques heures plus tard Eluveitie avec sa version musclée Folk Métal baptisée « Inis Mona ».

Le patron ALAN STIVELL accompagné d’un guitariste Hard Rock en kilt très efficace

A présent, les quelques heures à venir vont sembler bien longues avec la comédie musicale Excalibur célébrant ici ses vingt ans, suivi des Origines… Outre l’intro intéressante sur un tapis de flammes sur la scène principale traversant le pit digne où l’on aurait préféré y voir Metallica ou Rammstein, c’est la nombreuse troupe d’Excalibur que nous allons voir, « subir » diront certains. Par respect cependant envers les nombreux musiciens, choristes et danseurs, nous n’enfoncerons pas là le clou bien que par moment cela nous rappelle dernières légèretés commerciales de Therion avec amusement avec un côté variétoche totalement hors propos ici. Finalement, passé minuit, après un show d’Excalibur : The Origins légèrement écourté (ouf !), le public impatient est remonté à bloc et n’attend plus que les Suisses d’Eluveitie pour se lâcher et pogoter dans le pit. Chrigel Glanzmann et ses compagnons se retrouvent comme à la maison ici en Bretagne, et ce, au moins la troisième fois à St Nolff. Le show est carré comme d’habitude (exit les problèmes techniques dans le mixage comme parfois avec les instruments folkloriques). La set-list est volontairement dynamique et pas trop redondante car à force de les voir partout en France chaque année, on pourrait se lasser. Leur dernier album Ategnatos taillé pour la scène est fièrement présenté ici avec un show classique, certes, mais rondement mené par la nouvelle muse Fabienne Erni au micro (et accessoirement à la harpe inaudible). Si on aurait pu s’attendre davantage à un set acoustique ou en partie acoustique pour cette journée Folk, que nenni ! Nos Hélvètes misent tout sur la puissance car n’oublions pas que nous sommes à un festival de Metal avant-tout où les festivaliers répondent déjà présent pour cette première soirée !

Fabienne Erni (ELUVEITIE) en tête d’affiche de cette première journée test folk au Motocultor Festival de Saint-Nolff le 15.08.2019

Vendredi 16 août 2019

Que les festivités Métal commencent à Motocultor Park !

Les hostilités Rock et Métal commencent réellement le vendredi avec les Bordelais très en vogue en France et à l’internationale de Mars Red Sky dont la nouvelle cuvée The Task Eternal paraîtra dans un mois chez Listenable Records. Déjà vus ici-même sur les terres bretonnes en 2015, ils nous abreuvent avec tact de leur Stoner Rock bien lourd et mélodieux sur la grande scène Dave Mustache où Julien Pras, chanteur/guitariste de petit gabarit mais au grand talent, nous bluffe toujours autant au côté du bassiste Jimmy et Mathieu à la batterie. Leurs pépites Desert Rock sont vraiment progressives et jouissives… A ne pas manquer cet automne sur les routes de France et de Navarre.

Extermination Dismemberment et des marins fans de Turbonegro un peu en avance…

Allez, on change d’ambiance avec les poètes biélorusses d’Extermination Dismemberment où leur Brutal Death, comme le Synthol, fait du bien là où ça fait mal un peu plus loin sur la Supositor Stage entourée de la forêt bretonne. Pas de pitié pour les croissants pour les festivaliers qui se réveillent tard au camping et viennent après le bagad de la veille.  En parallèle, Oak’s Crown, les vainqueurs vannetais du tremplin Motocultor cette année, délivrent à domicile un set de Stoner/Sludge pas piqué des hannetons et sans prétention sur la Massey Ferguscène. A présent, nos rois suédois de la moustache reviennent une nouvelle fois à St Nolff plus excités que jamais et très attendus sur la Dave Mustage, naturellement… Rares sont leurs shows qui nous ont déçu. Mustasch fait justement le show, à l’image de son chanteur en grande forme n’hésitant pas à donner de la voix et faire participer le public français avec presque un côté à la Freddie Mercury.

Les Suédois de MUSTASCH en grande forme

Puis nous nous rendons rapidement à la Massey Ferguscene pour ne pas louper la venue (une des premières à ma connaissance) des Lituaniens d’Au-Dessus dont nous vous avions parlé à Metal Obs avec grand bien à l’occasion de la sortie  de leur premier album End Of Chapter avec grand bien il y a 2 ans. Curieux de voir ça en live, nous ne sommes pas déçus même si le show est simple et minimaliste. Encapuchés, relativement statiques et tout en noir, les quatre gaillards enchaînent leurs morceaux  sans nom de titre (l’album est composé uniquement de chiffres romains) comme des perles sur un chapelet, froidement, arrivant à créer une atmosphère Post Black Metal brutale et hermétique, relativement hypnotique pour peu que l’on pénètre dans leur univers. A  revoir dans des conditions plus intimes mais une bien bonne surprise.

Début du show des Lituaniens d’Au-Dessus…

On rechange complètement d’ambiance avec du Thrash Metal Crossover et les terribles rejetons de l’Oncle Sam, j’ai nommé Iron Reagan. On y retrouve Land Phil Hall, le chanteur/guitariste récemment interviewé pour son autre groupe Cannabis Corpse, mais ici uniquement sur sa six cordes. Sur la Supositor Stage, il envoie donc des salves de méchants riffs pour faire headbanguer le public français sur de terribles mosh parts. Les influences de Nuclear Assault sont prédominantes, Suicidal Tendencies aussi un peu mais en moins mélodique. Quelle baffe ! Auteur chez Metal Blade d’un EP 2 titres cette année avec leurs compatriotes de Sacred Reich que l’on verra d’ailleurs pour son grand retour le dimanche, on attend avec impatience un nouveau LP du groupe de Richmond (Virginie). Tout cela nous met sur d’excellents rails pour rejoindre la Dave Mustage et continuer dans cette mouvance Thrash US avec l’un des pionniers du genre made in Bay Area : Death Angel. Leur dernière bombe Humanicide (Nuclear Blast) parue au printemps passe le test du live haut les mains. Le public ne s’y trompe pas et headbangue avec joie sous le chapiteau plein à craquer. Rob Cavestany fait encore des étincelles sur sa guitare  blanche alors que Mark Osegueda assure lui aussi encore au micro depuis 1984 après avoir succédé à Denis Peppa à ce poste. Leurs confrères d’Exodus et Testament sont passés ici-même il y a quelques années, et c’est donc toujours pour notre plus grand bonheur d’accueillir et voir une légende américaine du Thrash Metal de la Bay Area…

IRON REAGAN, enfin de loin car dans le pit, ça remue sacrément…

Les tribulations d’un groupe scandinave énigmatique qui monte sur la scène internationale depuis quelques années à l’instar d’un Ghost, mêlant Death, Black et Heavy Metal aux influences Gothic nous attirent enfin sur la Supositor Stage… Pas évident pour un tel groupe de se produire en plein jour mais Tribulation et son frontman Johannes Andersson délivrent un très bon show, rythmé et vraiment captivant par la force de ses mélodies et le charisme de son chanteur/bassiste aux influences parfois Frostiennes sous son maquillage noir & blanc. Son camarade guitariste Jonathan Hultén au look Gothic androgyne virevolte dans tous les sens tout en jouant juste, même s’il glisse un instant sur ses franges de vêtements longs noirs comme s’il avait glissé sur une peau de banane sur scène. (rires) Peu importe, lui qui projette  de sortir bientôt un album solo reste concentré et professionnel mais intriguant. Réécoutez The Children Of The Night (Century Media/2015) et le petit dernier Down Below (Century Media/ 2018) dont nous vous avions déjà parlé dans nos colonnes si vous voulez mieux apprécier leurs atmosphères car en festival en condition open air alors que le soleil n’est pas encore couché, pas l’idéal…

Oh my God ! Des terroristes !!!
Ah non, juste un Pokémon, la Schtroumphette à lunettes, et deux fans de SLIPKNOT égarés…

Dans le même temps, la légende française du Rock progressif des années 1970 Ange, avec sur scène le chanteur Christian Décamps (vu la veille dans Excalibur), rappelle des souvenirs à nos aînés qui découvrirent à l’époque le prog’ avec Aphrodite’s Child, Ange, Pink Floyd… Un superbe moment intergénérationnel qui ravit les amateurs du genre et en séduit toujours de nouveaux. On retourne en Suède sur la Dave Mustage avec Soilwork et son frontman à la voix versatile Bjön « Speed » Strid qui chantera de nouveau le lendemain avec The Night Flight Orchestra dans un registre Opéra Métal. Si le quintet d’Helsingborg a sorti ces dernières années de très bonnes galettes (The Ride Majestic en 2015 et Verkligheten en tout début d’année (Nuclear Blast)) revenant à un Death/Thrash Metal mélodique plus direct dans la lignée de ses meilleurs albums (Natural Born Chaos par exemple), on ne se lasse pas de les voir même dans l’Hexagone (Download 2017, tournée avec Hatesphere, etc.). Notons la présence du fidèle guitariste français Sylvain Coudret toujours aussi tranquille sur la droite de la scène dont on attend un jour futur un nouvel album de sa formation première Scarve avec le batteur belge Dirk Verbeuren qui avait quitté justement Soilwork pour un certain Megadeth il y a déjà trois ans… (Tiens, à quand Dave Mustaine de Megadeth live sur la Dave Mustage ? Il faudrait se dépêcher…) ¨Pour l’heure, superbe concert carré de Soilwork avec tout ce que l’on aime dans le Death/Thrash suédois : rythmé, puissant et mélodique.

SOILWORK

Alors qu’il s’apprête à sortir un nouvel album à la rentrée dont vous retrouverez l’interview de Christoph « Lupus » Lindemann dans le prochain numéro 4 de Classic Obs à la rentrée (oct/nov 2019), nous nous dépêchons d’aller Kadavar et son bassiste géant Simon « Dragon » Bouteloup qu’il a rejoint en 2013. Sur album, leur Stoner Rock typé à mort seventies est agréable et semble Rock que Hard Rock. Sur scène, c’est tout le contraire et le trio berlinois va alors mettre le feu sur la Massey Ferguscene dont le chapiteau est maintenant plein à craquer. Le batteur au centre captive l’audience alors que le chanteur Lupus se déchaîne comme un diable sur sa Gibson SG. Kadavar est absolument à voir en concert si vous voulez revivre le bon vieux Hard Rock des années 70 de Papa, pattes d’éléphant incluses.

Christoph Bartelt alias « Tiger » de KADAVAR, tel Animal du Muppet Show

Rendez-vous maintenant avec un groupe suédois qui se fait rare dans le coin : Hypocrisy. Pourtant sans nouvel album studio en poche, Peter Tägtgren vient nous rappeler que son groupe fut au début des années 90 l’un des références du Death Metal majeures d’abord dans un registre brutal puis mélodique avant qu’il se mette par la suite au l’Electro-Métal à la Rammstein avec Pain et à présent Lindemann. Mais Hypocrisy, qu’est-ce que c’est toujours aussi bon ! Nous avons droit ainsi aux classiques  « Fractured Millenium », « Fire In The Sky », « The Final Chapter », « Roswell 47 » en passant par le plus récent « End Of Disclosure », avec un Horgh (Immortal, Grimfist) impérial à la batterie, le tout sous de magnifiques lumières sur la Dave Mustage. Peter annonce durant le concert qu’un nouvel album est dans les tuyaux prévus pour 2020, chose que le label nous confirmera en effet pour la fin du 1er semestre 2020… Si l’année passée, ça manquait peut-être un peu de Death Metal scandinave, cet été on est servi avec Soilwork, Hypocrisy et demain At The Gates ! Un des meilleurs shows de cette première journée Métal !!

C’est la fin de transmission (« End of Disclosure ») pour HYPOCRISY. Au lit !
Ladies boue de Fort Boyard !

Malheureusement, la météo va se gâter ce vendredi soir, la pluie s’invitant une demi-heure avant le set de Gaahl’s Wyrd, le nouveau groupe de l’ex-chanteur de Gorgoroth et Wardruna. Chose incompréhensible : alors que les prévisions météo annonçaient clairement des précipitations, pourquoi ne pas avoir protégé dès le début de la soirée les pré-amplis et les pédaliers et micros sur le devant de la scène non abritée de la Supositor Stage, seul lieu sans chapiteau (sauf pour la régie son & lumière) ?? Les fans de Black Metal les plus courageux comme nous vont être alors rincés. L’ambiance est d’autant plus froide et singulière dans cette clairière entourée d’arbres en pleine nuit. Malgré les pépins techniques (diverses coupures électriques, l’artiste norvégien, quelque peu embêté fait tout ce qu’il peut avec ses compatriotes pour nous présenter son nouvel album studio GastiR – Ghosts Invited  (Indie Rec.) après un live Bergen Nov ’15 publié prématurément, un peu comme le fit d’une certaine manière Mayhem à ses débuts. Au bout de 40 mn, Gaahl devra finalement rendre les armes pour écouter ce concert plutôt humide sans pouvoir s’expliquer davantage ni dire au revoir à son public, le son de son micro étant déjà coupé. Décidément, le chanteur norvégien qui était venu livrer en 2015 au Motocultor son ultime concert avec son autre groupe fondé God Seed après son départ de Gorgoroth, il repart une nouvelle fois quelque peu frustré. Ceux qui voulaient écouter au chaud des choses plus douces, en l’occurrence du progressif, restèrent durant tout ce temps sous la Massey Ferguscene assister au show des légendaires Magma.

Christian Vander (MAGMA) derrière ses fûts

Enfin la soirée s’oriente vers le Punk décalé et original en compagnie des Californiens de NOFX d’abord, dont les débuts poussifs font rire un peu mais ça peine à décoller, les blagues les plus courtes étant généralement les meilleures, dommage… Puis se succéderont les immanquables Ramoneurs de Menhirs, et Turbonegro qui nous présentera son dernier opus Rock’n Roll Machine. La pluie continuant, la rumeur court que Watain va peut-être annuler son show sur la même scène que Gaahl’s Wyrd… Mais non, c’est bien mal connaître Erik Danielsson et sa horde démoniaque déterminée qui sur scène délivrent toujours des messes noires en communion avec son public prêt à se sacrifier devant lui (cf. interview 2018). Leur dernier show parisien le 13/01/2018 à La Maroquinerie était plus que convaincant encore une fois en matière de cérémonie Black Metal. Allez, Ave Sathanas avec Watain ! Nous tirons notre révérence nocturne pour aller rejoindre les bras de Morphée car n’oublions pas que le festival dure 4 jours cette fois, or nous voulons être en forme pour ne pas en louper une miette, ou plutôt une goutte au vu de la météo arrosée ce second soir…

Samedi 17 août 2019

Réveil shamanique avec les Sibériens de NYTT LAND

C’est dans une ambiance folklorique shamanique que nous réveillons le samedi sous la Dave Mustage après une nuit arrosée au premier sens du terme… Lumières sobres majoritairement violettes, deux protagonistes maquillés et drapés de vêtements blancs s’accompagnent d’instruments folkloriques minimalistes, percussions, et un ordinateur (bah, ça n’existait pas ça dans les temps anciens ??!) pour envoyer quelques boucles. Avec des albums malheureusement difficilement disponibles par chez nous dont leur dernière offrande Odal (Cold Spring Rec./2018) et quasiment aucune promo, nous découvrons donc véritablement à Saint Nolff le groupe russe Nytt Land que nous attendions avec impatience faisant superbement la transition avec la journée folk de la veille. Si le show peut paraître minimaliste avec cette prestation en duo au lieu d’un quatuor sur les photos, cette cérémonie païenne va être progressive et transcendante. L’homme assis à la batterie est maquillé, tout comme la femme, Natalya Pahalenko, à ses côtés au départ encapuchée. On entre dans un rituel shamanique, une méditation. On écoute les yeux fermés et l’esprit vient. Les steppes de Sibérie, la toundra envahissent notre imaginaire. Debout et captivante, la chanteuse nous déchiffre les messages de la Terre et de la nature derrière ses percussions. Elle dévoile alors sa chevelure comme des dreadlocks, ses yeux sont clairs. Parfois elle émet un cri d’animal en pleine nuit. La magie est là, bien présente. La journée s’annonce sous de bons augures…

Une fan de NYTT LAND, déjà prête pour la venue de HEILUNG l’an prochain

Pour nous réveiller, rien de tel maintenant que le Death Metal de nos amis français d’Undead Prophecies (ex-Undead suite à un problème juridique sur le patronyme déjà existant) dont nous ne connaissons toujours pas officiellement l’identité exacte du groupe malgré nos questions lors de notre dernière interview pour leur second album Sempiternal Void paru cette année (Listenable Rec.).

UNDEAD PROPHECIES : plus mortel en Death Metal, tu meurs !

Bon allez, on vous a reconnu les gars de Loudblast (Jérôme et Hervé) ainsi que Putrid Offal, Division Alpha et Mercyless ! Derrière leurs masques et sous leurs toges et capuches, pas du tout pratique pour jouer d’un instrument, nos cinq gaillards d’Undead Prophecies envoient du lourd : un Death Metal d’obédience old school mais avec un son puissant et contemporain. Les influences Death et parfois Obituary ressortent nettement. S’ils n’inventent rien musicalement derrière leurs accoutrements, c’est rudement efficace et ça commence à bouger au pied de la Supositor Stage. Le Métal de la mort est au rendez-vous à l’image de son chanteur très en forme.

« Jésus revient, Jésus revient, Jésus revient parmi les tiens… »

Echauffés que nous sommes à présent, nous fonçons voir les Canadiens Cancer Bats originaires de Toronto pour du Punk/Hardcore qui va tout déchirer sur la Dave Mustage avec des musiciens prêts à en découdre et un chanteur Liam Cormier lançant le premier mosh-pit en français sous le grand chapiteau. Les extraits de The Spark That Moves (New Damage Rec. 2018) donnent un set musclé, dynamique et frais. Mais voilà que nous sommes happés par une ambiance occulte à côté sur la Massey Ferguscene…

CANCERT BATS

Il s’agit de Wolvennest qui va littéralement nous charmer. La formation belge qui prend du galon à chaque nouvel opus (Void/Van Rec. en 2018) distille un Doom/Sludge Métal mystique aux ambiances très Dark, Black… Une entrevue sera prévue avec Wolvennest sur le pouce plus tard dans la journée mais malheureusement celle-ci n’aboutira pas, ce sera un rendez-vous manqué et reporté pour une prochaine occasion afin de mieux découvrir cette nouvelle sensation en tête-à-tête. Dans tous les cas, ce samedi sent l’encens et les forces de l’au-delà. Après Nytt land, la méditation éthérée continue, mais on passe de la chouette blanche à la chauve-souris noire de par l’ambiance gothic qui règne sur la scène. Le show s’installe d’abord par le décor qui se peaufine en notre présence attentive. Un autel, du feu, une messe se prépare… La musique est hypnotique, avec des boucles aériennes ensorcelées qui paraissent infinies lancées par la claviériste/chanteuse. La prêtresse derrière son autel de samplers chante de temps à autre mais ce n’est pas là l’essentiel chez Wolennest. Nous sommes captivés par le son irréel du thérémine. Une grande puissance évocatrice, cinématographique presque chez Wolvennest. Les guitares sont à la croisée du Black et du Doom. Une bien belle surprise là encore.

Séance de spiritisme avec les Belges de WOLVENNEST et sa prêtresse gothic Sharon Shazzula

Du coup, on en a oublié d’aller voir Gronibard avec notre camarade Morbidou ! Mea culpa les gars mais nous nous reverrons, nus ou habillés, dans d’autres circonstances, c’est sûr ! Il faut dire que leurs concerts dans en France notamment en région Centre (festival Grind à Loches par exemple) sont monnaie courante. Et puis qui n’est pas amateur de Gronibard ? Notre photographe J-C n’en a pas perdu une miette, pensez-donc !

GRONIBARD

Il est presque 16h00, et les Rennais de Fange montent sur la Dave Mustage pour nous mettre une grosse claque de Sludge avec Punir, leur troisième album réussi paru en début d’année (Throatruiner Ṙecords). Comme quoi là encore on a tous les styles et de très bonnes formations nationales pour ceux qui ne jurent que par les groupes scandinaves ou ceux outre-Atlantique ! Justement, traversons dès maintenant l’Atlantique sud pour faire saigner nos cages à miel avec le trio infernal de Krisiun et ses frérots Kolesne. Coutumiers des terres bretonnes de St Nolff, nos trois Brésiliens vont une nouvelle fois faire très mal à nos oreilles, avec un son dantesque malgré le vent mais l’avantage de la Supositor Stage est que dans les bois, nous sommes un peu à l’abri. Leur dernier opus, Scourge of the Enthroned (Century Media/2018), plus groovy et direct, passe admirablement le test de la scène pour laquelle il est taillé, Alex Camargo Kolesne et compagnie ayant voulu faire un nouvel album plus spontané et frontal donc comme il nous l’avait expliqué en 2018 en interview lors de la sortie de leur onzième galette aux influences Thrash dans l’approche rythmique (ce sont de gros fans de Slayer !). Sauvage et chaud comme la selva non encore brûlée par les boutte-feux de Bolsonaro. Un groupe chaleureux, une prestation brutale qui fait du bien. Un concert qui ravira tous les amateurs de Death Metal ! Pendant ce temps-là, les Autrichiens de Harakiri For The Sky, au succès croissant,comblent d’un autre côté tous les fans de faux, pardon, de Post Black Metal sur la Massey Feruscene. Son chanteur prépare d’ailleurs la sortie d’un nouvel album solo avec son groupe d’origine Karg. Là encore, une petite pépite dans ce festival très hétéroclite en matière de Métal extrême.

Certain(e)s aiment les Fréro Delavega,
nous à Metal Obs on préfère les frérots Kolesne de KRISIUN !

Freak Kitchen et son guitariste Mattias Eklundh, aussi sympathique que doué, fait plaisir à revoir avec sa musique Heavy, technique, et progressive, qui ne se prend jamais au sérieux et arrive encore à apporter de la fraîcheur dans le genre. C’est fun et techniquement original. Il n’y a qu’à écouter leur dernier album Confusion to the Enemy (Thunderstruck Prod./2018).

Le bassiste Christer Ortefors (FREAK KITCHEN)

Plus rentre-dedans et sauvage mais tout aussi singulier, Anaal Nathrakh dont le guitariste Mick Kenney (alias « Irrumator », à vos souhaits !) absent ici car il s’est cassé une jambe, va alors déverser son Black Metal brutal, aux limites du Grind, de l’Indus et du Black sympho notamment grâce à son chanteur et frontman Dave Hunt, aka « V.I.T.R.I.O.L. » qui vient de quitter Benediction dernièrement au profit de l’ancien chanteur de Bolt Thrower et Hail Of Bullets, Dave Ingram. Jetez une oreille à A New Kind Of Horror sorti chez Metal Blade il y a un an l’an passé si vous préférez la version studio car en live, ce n’est pas toujours évident de pleinement apprécier cette formation britannique sans concession. Dans un tout autre genre, sur La Massey Ferguscene, Bjön « Speed » Strid démontre une nouvelle fois tout son talent vocal avec son side-project The Night Flight Orchestra pour du Heavy Metal épique à la sauce Opéra Rock. C’est mélodique et épique, l’anti-thèse d’Anaal Nathrakh. Au Motocultor, il y en a pour tous les goûts…

« Tu vois Papa, je t’avais dit de mettre ton casque aussi pour le concert d’ANAAL NATHRAKH… C’est différent de Henri Dès, tu sais… »

Puis les cowboys islandais de Sólstafir retrouvent leur public d’habitués car le quatuor a déjà foulé la scène du festoche breton mais cette fois c’est sur la Dave Mustage. Leurs mélodies Rock/Post Métal atmosphérique réchauffent les cœurs et son chanteur, le grand Aðalbjörn Tryggvason, n’hésite pas à aller au contact des fans au premier rang coiffé de son chapeau. Si leur dernier album Berdreyminn (Season of Mist) à la pochette brumeuse et mystérieuse ne fit pas totalement l’unanimité en 2017, reste Sólstafir cependant une valeur sûre et toujours aussi agréable à voir et écouter sur scène, avec un peu de banjo parfois, surtout à l’heure de l’apéro… Les nouveaux U2 islandais ? A vous de juger.

Ambiance toujours aussi décontractée au Motocultor…

A présent, passons aux choses sérieuses : si les British d’Anaal Nathrakh avaient réveillé les spectateurs, les Polonais de Decapitated vont faire très mal avec leur Death Metal technique même si la formation a quelque peu évolué sur ses derniers vers vers un Death/Thrash Metal groovy et moins technique qu’auparavant. Depuis la reconstruction du line-up du groupe après le drame qu’ils traversèrent en 2007 (accident de leur tour bus en Biélorussie qui engendrera des séquelles au chanteur Covan et la triste disparition du batteur Vitek), leurs derniers opus en studio, Blood Mantra (Nuclear Blast/2014) et Anticult (Nuclear Blast/2017) ont plus de mal à convaincre à vrai dire, mais en live, Decapitated défouraille tout autant qu’un Hate ou Vader sur la Supositor Stage. Vous voulez encore du brutal ? Pas de problème, car en même temps, nous assistons au show des Canadiens de Dopethrone et sa nouvelle chanteuse tatouée partout, visage compris, qu’il faudrait mieux éviter de croiser dans un couloir tant la frontwoman fait peur à voir. Le Sludge Metal de Dopethrone possède un côté méchant comme la teigne mais qui transpire la souffrance. On sent la violence de la vie, de la rue, hostile dans leur propos, à l’image de Julie Unfortunate (la faute à pas de chance avec ce surnom), la chanteuse, qui en porte les stigmates jusque sur sa peau avec ses tatoos. L’envers de la modernité heureuse. Un bon set efficace, brutal, et radical, sans compromis. Et dire que les poètes anglais d’Anathema joueront sur la même scène dans quelques heures… C’est ça le Motocultor : la diversité et le contraste des émotions.

DOPETHRONE : violent et sans concession à l’image de sa chanteuse Julie Unfortunate
« Hé toi là-bas, tu crois que je t’ai pas vu ne pas chanter en chœur avec moi ? »

C’est la fièvre du samedi soir mais la pluie est de la partie encore ce soir. Tout le monde s’abrite donc sous les chapiteaux et la fosse de la Dave Mustage est remplie comme un œuf. On attend Trust, mais avouons-le, on était dans l’expectative… Que peut-on attendre de ce nouvelle reformation avec la énième réconciliation à des fins mercantiles entre le célèbre guitariste Norbert Krief dit « Nono » de Johnny Hallyday avec le chanteur Bernie Bonvoisin, réalisateur de films (le culte « Les Démons de Jésus ») et d’excellents documentaires (« Paroles d’enfants syriens, la misère entre deux jardins ») à ses heures perdues ? Quel Trust allait-on voir en 2019 ?

TRUST live @ Motocultor 2019 !

Le show est simple, basé sur du matériel récent (Dans Le Même Sang) et annonciateur d’un nouvel album studio (Fils de Lutte à paraître chez Verycords). On touche plus au Rock’n Roll, au Blues, au Boogie, aux chansons à textes qu’au Hard Rock enlevé des 80 qui de toute façon ne pourrait plus passer à la radio de nos jours tant c’était politiquement incorrect à l’époque. Une danseuse et chanteuse accompagne sur les quatre premiers morceaux puis Bernie lui fait comprendre que la récréation est finie et qu’elle doit partir. La set-list est musclée et carrée. Manque quand même un petit « L’élite » ou « La junte » par exemple plus à notre goût. Mais le charisme du chanteur, même en jogging et avec son bob vissé sur la tête, rassure. Le plaisir du groupe d’être là, avec le bassiste aux mimiques simiesques, notamment à la Robert Trujillo. Bernie est toujours ce tribun qui harangue inlassablement sur les dérives du monde, notre monde. En fin de show, « Antisocial » est un moment de communion et de jeu avec la foule… : « vous la connaissez celle-là » ? Suit un pogot généralisé des familles, un bain de jouvence… et oui ! Cela ne nous rajeunit pas. Un départ comme au théâtre, puis Bernie reviens seul, presque derrière le rideau, remerciant les spectateurs sans trop faire de démagogie à deux balles : « soyez bon et tolérants les uns les autres » car c’est bien ça qui manque de nos jours, quelques mois après les jacqueries des gilets jaunes qui ont réveillé certaines consciences. Une madeleine de Proust pour les nostalgiques de l’époque Répression que nous sommes avec des sujets socio-politiques qui finalement sont toujours d’actualité depuis le second choc pétrolier de 1979 et l’apparition de Trust sur la scène Hard Rock française. Super moment.

TRUST ou les tôliers du Hard Rock français en communion avec son public allant de 7 à 77 ans

On retourne dans le Sludge Metal avec Eyehategod, plus accessible et old school que ses prédécesseurs et violents Dopethrone. Et cette fois-ci, nous n’allons pas les manquer nos Américains, eux qui avaient annulé leur participation ici-même en 2013 car leur manager était déjà rendu du côté de Clermont-Ferrand avec le groupe dans leur tour bus en pleine tournée européenne. En effet, il s’était trompé de date sur son calendrier… La lose ! Bref, les fans étaient déçus et le groupe avait intérêt à assurer ce soir. Eyehategod fut l’un des pionniers du Sludge du côté de La Nouvelle-Orléans et leur musique n’a pas vieilli. A la batterie, on retrouve désormais Aaron Hill, successeur du défunt Joey LaCaze (R.I.P. 2013), Jimmy Bower à la guitare (batteur de Down, ex-Crowbar) et le chanteur Mike Williams qui assure toujours au micro même si parfois c’est un peu plus dur que par le passé. Il faut dire que la formation culte américaine a vu le jour en 1988 du côté de la Louisiane. C’est un peu la rencontre de Saint Vitus avec Discharge avec un côté cradingue à la Darkthrone ou Hellhammer, et bien Heavy à la Black Sabbath. Un bon concert, correct mais après Dopethrone, on trouve EHG (pour les intimes) presque trop gentillets finalement. Culte quand même !

Allons guincher et consommer divers breuvages (« Vodka », « Beer Beer », « Tequila », « Let’s Drink ») à présent avec nos amis finnois de Korpiklaani sur la Dave Mustage ! Voilà le genre de groupes taillés pour les festivals avec leur Folk Metal (ou « Humpa Metal, style basé rythmiquement sur l’équivalent de la Polka polonaise mais version finlandaise). Nous les avions rencontrés lors de leur toute première tournée française de passage au Hellfest en 2007 si notre mémoire est bonne… On ne s’ennuie pas une seconde. A la guitare, Cane a pris du bidon à vue d’œil depuis toutes ces années mais reste toujours impeccable sur sa six cordes envoyant des riffs sur les parties de violon de son camarade Tuomas Rounakari très en forme et en jambe courant d’un bout à l’autre de la scène alors que l’accordéoniste sur son instrument chromatique assure et impressionne par sa vélocité, lui qui a remplacé Juho Kauppinen en 2013 à ce poste à cause de ses problèmes de dos. A noter que le chanteur Jonne Järvelä joue de moins en moins de guitare afin de faire davantage le show. Un chouette moment convivial ! Néanmoins, sur album, le groupe va devoir vite se réinventer car leur formule Folk Metal semble dorénavant éculée sur leur dernière galette Kulkija (Nuclear Blast/2018)…

Place maintenant à la pluie, le froid, la violence, la guerre, et Satan avec les patrons suédois du Black Metal Marduk sur la Supositor Stage alors qu’il pleut des cordes. Le déluge ! Les éléments naturels peuvent bien se déchaîner, notre ami guitariste et fondateur Morgan Steinmeyer Håkansson s’en moque bien avec ses sbires, dégainant ses riffs avec une précision et vélocité rare. A l’instar de ses compatriotes Watain la veille, le groupe de Norrköping délivre un set d’une violence presque habituelle et sanguinaire, c’est-à-dire guerrier et brutal, à l’image de son très bon dernier opus Viktoria (Century Media/2018) qui renoue avec l’ère Panzer Division Marduk (Osmose Prod./1999) d’une certaine façon, comme l’admet son leader en entretien, et comme ce fut déjà également le cas sur Frontschwein (2015). C’est un Black Metal cru et frontal, moins sinueux que Rom 5 :12 par exemple. Cette fois, les roadies et le staff technique du festival a enfin pensé à bâcher tout le matériel électrique au bord de la scène afin de ne pas écouter le concert comme celui du malheureux Gaahl la veille… Un concert intense avec un Mortuus au micro véritablement habité. Marduk reste indétrônable dans le genre, et ce depuis trente ans.

Les Suédois de MARDUK imperturbables sous la pluie

A l’opposé total sur la Massey Ferguscene, il y a l’autre groupe culte de Liverpool après les Beatles bien sûr : Anathema. Nous courons alors sous la pluie à l’autre bout du site de Kerboulard pour aller écouter les dernières notes du show des Anglais qui interprètent là un florilège de leurs derniers albums (Weather Systems, Distant Satellites et The Optimist chez Kscope Music) à l’image de son best of paru l’an dernier Internal Landscapes – The Best of 2008-2018. En 2019, c’est définitivement exit les débuts Death/Doom Metal du combo britannique de l’aube des années 1990 (l’album Serenades…). En 50 mn et en condition festival, Anathema arrive à nous émouvoir. La magie opère toujours avec les trois frères Cavanagh qui ont eu une relation privilégie avec la France (Daniel parle d’ailleurs très bien français de temps à autre aux claviers/guitares). C’est une histoire de famille tout cela, et la chanteuse blonde Lee Douglas qui accompagne le groupe depuis 2010 devant la batterie de son frère aîné John Douglas apporte aussi cette émotion palpable à chacune de leurs chansons (« Untouchables part 1 », « Untouchables part 2 »…) que ce soit sur des sonorités Rock progressives invitant au voyage ou plus Pop et électroniques sur lesquelles le guitariste/chanteur Vincent n’hésite pas à taper sur sa batterie électronique (« Distany Satellites »)et jongler ainsi entre ses instruments. Le répertoire est relativement varié mais récent, et défile avec émotion devant des projections vidéo. Le public applaudit nos six artistes, humbles et toujours proches de leurs fans. Anathema demeure un groupe génial, singulier. Brexit ou non, on a hâte de retrouver bientôt nos Britanniques pour un prochain album studio…

ANATHEMA

La fièvre du samedi soir va s’achever avec les tôliers du Death Metal mélodique suédois, inventeur du genre au côté des Dark Tranquillity, In Flames et compagnie un beau jour de 1990 à Göteborg : At The Gates ! Casquette vissée sur la tête, le chanteur Tomas Lindberg est en voix et en forme ce soir, lui qui a occupé ce poste durant de nombreuses années, et devenu un véritable mercenaire sur la scène Métal mai aussi Hardcore (Lock Up, Disfear, ex-the Great Deceiver, ex-The Crown, etc.) et reformé le groupe avec les frères Björler (malheureusement Anders a raccroché en 2017). On repart dans les années 90 ou Slaughter Of The Soul tournait en boucle alors sur nos platines CD. Leur dernier album To Drink from the Night Itself qui ne fit pas l’unanimité à sa sortie (Century Media/2018) mais que l’on apprécia nous à Metal Obs bénéficie de quelques extraits mais on reste sur les classiques. L’audience est ravie sous le chapiteau de la Dave Mustage pleine à craquer malgré l’heure tardive (début du set à 1h20 du matin !). Les morceaux d’At The Gates n’ont pas pris une ride en 2019, avec toujours dans le line-up les incontournables Adrian Erlandsson (The Haunted, ex-Cradle Of Filth, ex-Vallenfyre, ex-Paradise Lost qu’il a quitté pour mieux se consacrer pleinement à At The Gates) à la batterie et donc le bassiste Jonas Björler (The Haunted). Une soirée magique et décidément éclectique au Motocultor où il y en aura eu là encore pour tous les goûts et publics.

Dimanche 18 août 2019

Dimanche et dernier jour : ça commence à être dur pour certains…

En ce jour du Seigneur, ce sont les Rockeurs australiens de The Lazys qui ouvrent le bal ce dimanche midi pour les spectateurs les moins fainéants. Avec ses riffs Blues/Hard Rock inspirés de leurs compatriotes et honorables grands-pères spirituels que sont clairement AC/DC, la musique de The Lazys passe admirablement le cap du live et ne pique pas trop les oreilles ni les cheveux en cette quatrième et dernière journée de festivités au Motocultor où la fatigue se fait sentir pour certain(e)s… Notons également la présence d’influences intéressantes à la Rose Tatoo les distinguant quelque peu de leurs concurrents et plus connus Airbourne.

Navré, il est temps de restaurer nos estomacs et nous manquâmes Beheaded et Third Meridian, mais il faut prendre des forces pour cette dernière ligne droite. Pour digérer maintenant, rien de tel que le Hardcore de nos cousins québécois de Get The Shot venant ici en Bretagne avec leur dernier LP Infinite Punishment remontant à 2017 sous le coude. Ce troisième album a été produit en collaboration avec Christian Donaldson (Cryptopsy) sous le label indépendant New Damage Records. Nos cousins très énergiques sur scène comme sur album ne déçoivent jamais en live. A l’aide de son frontman Jean-Philippe Lagagé aux paroles engagées et de méchants mosh-parts et autres breakdowns, ils mettent véritablement le feu dans le pit de la Dave Mustage, et ça réveille ! Quelle ambiance de folie !

Autre groupe, autre ambiance, plus froide celle-ci, avec les Polonais de Hate. Nous avions d’ailleurs interviewé dernièrement son leader Atf Sinner pour leur nouvel opus Auric Gates of Veles (Metal Blade Rec./2019) au début de l’été. Puissant et moins expérimental que les précédents albums, ce onzième disque studio centré sur l’antique mythologie païenne slave passe tout à fait bien en live. Le groupe de Varsovie développe un Death/Black Metal sombre et direct, lui qui a toujours été dans l’ombre de Behemoth vu l’an dernier ici même en tête d’affiche. Il faut dire qu’en plein jour sur la Supositor Stage, ce n’est pas idéal alors que les Nippons de Vampillia, ravis d’être au Motocultor, présentent leur Métal avant-gardiste sur la Massey Ferguscene.

PENSEES NOCTURNES et Gilou avec son petit accordéon…

Place aux Français de Pensées Nocturnes et son clown chanteur déchu, accessoirement joueur de trombone sur la Dave Mustage. La troupe parisienne, véritable figure de proue du label Les Acteurs de l’Ombre (avec qui nous aurons rendez-vous la veille à leur stand au Metal Market pour rencontrer son responsable et co-fondateur Gérald Milani et sa fine équipe dans le cadre de notre rubrique « Label manager » à paraître dans nos pages dans le prochain numéro de novembre-décembre), présente son dernier ouvrage Grand Guignol Orchestra. Une scène de cirque de l’entre-deux guerres mêlant le jazz, le musette, avec un Black/Death décalé, chaotique et décadent. Apparence de putréfaction habillée des anciens oripeaux comiques, le spectacle est bien là, divertissant, même si le clown Vaerohn, grimé de son maquillage volontairement trash tel le Joker chez DC Comics, est amer dans son ciré jaune. Un spectacle cependant non pas pour petits et grands mais pour les grands enfants uniquement que nous sommes tous plus ou moins au fond de nous en attendant la venue de Henri Des quelques heures plus tard ici même !

La team des Acteurs de l’Ombre sur son stand au Metal Market
(ah ! Sacré Gérald ! Il a toujours su bien s’entourer ;-))

Maintenant nous accueillons un autre groupe québécois après Get The Shot : la légende canadienne du Techno-Thrash Voivod ! Lui qui frappa fort avec War and Pain (Metal Blade/1984) et révolutionna le Thrash vers des sphères plus techniques et industrielles à sa manière, vit passer dans son line-up Eric Forrest (E-Force) ou le célèbre bassiste Jason Newsted (ex-Metallica et ex-Flotsam and Jetsam), ne rassemble plus guère les foules aujourd’hui et peine à remplir le chapiteau de la principale scène. Pas grave, les fans sont au rendez-vous et nous aussi pour un set  relativement court (35 mn) mais intense avec quelques classiques car une gloire du Métal canadien au Motocultor, c’est pas tous les jours ! La technique (« Korgüll the Exterminator » de Rrröööaaarrr (Combat Rec./1986) est bien présente et la violence originelle aussi même si elle a quelque peu perdu de sa superbe. On a droit à un court panorama (pas la chanson-titre d’Angel Rat dont un titre est cependant joué) de toutes les facettes de la musique du groupe. Un hommage est fait au regretté Piggy d’Amour par le chanteur Denis Bélanger alias « Snake » sur le culte « Voivod » repris en cœur par les fans. Chewy et Rocky font le boulot (même si on regrette le départ de Blacky en 2014). Nos Québécois sont visiblement contents de parler français entre les morceaux devant l’audience, Snake s’asseyant même au bord de la scène à un moment donné. N’oublions pas leur très bon dernier album The Wake paru l’an dernier (Century Media/2018). Pour la séance de dédicaces, elle se fit illico presto et tous les fans ne purent saluer notre cousin Snake, pas cool après avoir pourtant fait la queue en face du stand dédié. Une meilleure communication à ce sujet d’ailleurs serait souhaitable pour les prochaines éditions.

Le guitariste Daniel Mongrain de VOIVOD alias « Chewy »

Autre légende, Death Metal celle-ci, il s’agit d’Incantation qui va délivrer un set d’une puissance redoutable sur la Supositor Stage avec une ambiance sombre et oppressante. C’est là l’une des caractéristiques du Métal extrême old school d’outre-tombe des Américains originaires de Pennsylvanie et non de Floride comme la majorité de ses confrères. Cette origine géographique qu’Incantation explique peut-être pourquoi le groupe a toujours été quelque peu reléguée sur la scène Death Metal internationale durant trois décennies. C’est brutal, la voix est caverneuse. Ça cogne sévère donc et si les chansons peuvent s’avérer un brin répétitives, elles comblent les amateurs (que nous sommes) du dernier album Profane Nexus (Relapse Rec.) mixé par Dan Swanö pour lequel nous avions interviewé son chanteur/guitariste John McEntee, désormais à la longue barbe grise, en 2017.

Parallèlement, le trio italien d’Ufomammut joue sur la Massey Ferguscene délivrant son Doom/Sludge réputé aux accents délicieusement psyché. Malheureusement pour apprécier, il vaudra mieux les revoir live indoors dans d’autres conditions car il manque quelque chose pour convaincre totalement l’audience en cette fin de dimanche même si les projections vidéo habillent l’ensemble quelque peu dépouillé et le gros son bien volontairement cradingue. Sympa mais peut mieux faire donc.

Soundcheck de Henri Dès et Ze Grands Gamins sur la Dave Mustage

L’heure de la récré a maintenant sonné avec le spécialiste des comptines pour enfants : Monsieur Henri Dès et Ze Grands Gamins. Retour en enfance sous le chapiteau plein à craquer de la Dave Mustage. Quel succès pour cette star sur le retour accompagné de deux musiciens Rock dont le guitariste coiffé d’une perruque rouge à la Marge Simpson et équipé d’une Gibson SG noire double manche à la Jimmy Page. Durant près de 50 mn, les slams vont alors se multiplier dans la joie et la bonne humeur sur les classiques de l’auteur/compositeur/interprète suisse très populaire dans les années 70-80 auprès de nos chères petites têtes blondes et des parents. Un moment inattendu et familial à cette édition du Motocultor 2019 qui surprit même le chanteur francophone lui-même. Que ça fait du bien d’entendre « La petite Charlotte » vitaminée ou « Les bêtises en classe », on dédramatise et on a de nouveau le droit de faire pipi caca, sans nos amis d’Ultra Vomit avec tout ce bon peuple métalleux habillé de noir et méchant, qui reprend tout ça en cœur ! Un exemple d’autodérision et d’ouverture d’esprit en 2019… qui nous honore ! La queue ensuite pour une dédicace ou un selfy (sans aucun disque à la main) au stand dédié toujours tenu par la charmante Calypso en dira long sur le retour gagnant de l’artiste bientôt octogénaire.

M. Henri Dès en pleine séance de dédicaces, à la fois surpris et ravi par son joli succès au Motocultor

Grand dilemme à présent entre nos vieux amis Sven d’Aborted sur la Supositor Stage et Ihsahn sur la Massey Ferguscene. Plus rare par chez nous, nous allons davantage nous attarder sur l’ex-Emperor même si nous constatons rapidement qu’Aborted envoie comme à l’accoutumée la sauce avec son Death Metal et son dernier missile Terrorvision (Century Media/2018). Le chanteur Sven de Caluwé, seul rescapé du line-up original de la formation belge, vocifère des growls à une vitesse ahurissante alors que ses musiciens font preuve d’une belle vélocité dont deux anciens membres d’Abigail Williams et de System Divide, l’ancien groupe de Sven et sa femme Miri Milman (ex-Distorted) que nous avions d’ailleurs vu ici-même live lançant le premier circle pit de l’édition 2013. D’ailleurs, Aborted récidivera lançant également cette année le plus grand circle pit à son tour. Jamais Aborted ne déçoit sur scène à l’image de son frontman toujours très énervé. Une belle boucherie Gore Death Metal comme on les aime en Bretagne au Motocultor !

IHSAHN

Mais penchons-nous sur Ihsahn, l’ex-chanteur/guitariste de Peccatum, Zyklon-B (claviers) et surtout Emperor (quoique le groupe existe encore se reformant régulièrement officiellement pour divers évènements (festivals Hellfest, Inferno…)) qui se produit simultanément. Ce dernier est très attendu par les fans du groupe culte de Black Metal symphonique, mais il y a aussi beaucoup de curieux et néophytes qui découvre l’artiste en solo, enfin tout de même accompagné des musiciens de Leprous généralement dont son beauf Einar Solberg (normalement claviériste) qui rencontrera quelques problèmes sur sa guitare (une de ses 7 cordes cassera en plein concert mais Ihsahn le dépannera avec l’une de ses autres grattes). Promo oblige, l’artiste norvégien débute son show par les nappes de claviers étranges du titre « Lend Me The Eyes Of The Millenia «  qui figure en ouverture de son dernier album Àmr (vieux norvégien signifiant « noir » ou « sombre » en quelque sorte comme nous l’avait expliqué Ihsahn dans notre dernier entretien pour Metal Obs). Le chant Black arrive suivi d’une cavalcade Black/Death au tempo relevé. Rythmiquement ce n’est pas tout à fait en place et les musiciens prennent leur repère. Le titre suivant, « Arcana Imperii » plus lourd et mid-tempo attire un peu plus les curieux devant de jolies lumières bleues/violettes et le son s’affine, puis succède un autre extrait « Sámr » d’Àmr malgré le pépin technique entre temps du second guitariste donc. Puis retour sur l’avant-dernier album Arktis. avec pas moins de deux titres « Mass Darkness » et « My Heart Is From The North ». Le public est attentif devant la prestation appliquée mais assez complexe et dissonante des Norvégiens. Un show de qualité même si on attendait un peu plus peut-être tellement on est exigeant avec le frontman d’Emperor du fait de la toujours excellence de ses albums en groupe ou bien en solo. Question ambiance, ce n’est donc pas la folie même si le frontman communique un peu avec son public. Ihsahn s’apprécie finalement plus en petite salle qu’en festival de par son côté prog’. Et malheureusement aucun morceau du répertoire d’Emperor ne fut interprété en ce dimanche soir, au grand regret des fans. A noter que d’après nos dires, un nouvel EP est en préparation pour le début  d’année prochaine pour Ihsahn…

IHSAHN et ses superbes lights (à défaut des quelques petits problèmes de sons)

Nous passons sur le phénomène New-Metal des Suédois d’Avatar pour reprendre des forces car un peu plus tard, c’est le grand retour de Sacred Reich qui refait surface avec son nouvel skeud Awakening à paraître ce mois d’août (Metal Blade Rec./2019), vingt-trois après leur album Heal avec à la batterie Dave McClaine (ex-Machine Head) de retour derrière les fûts !! Si le fait de revoir live les Thrasheurs texans fait plus que plaisir avec son chanteur/bassiste Phil Rind bien en forme, il faut bien avouer que sur disque, leur cinquième album ne révolutionne rien, Sacred Reich n’ayant jamais eu le succès des groupes de Thrash de la Bay Area, trop éloigné de la Californie comme nous confiera en interview son frontman dans notre numéro 89 de sept-octobre, ravi tout de même de revenir sur la sc-ne, la quête du plaisir de jouer avant tout. Mais le public français répond présent aux mosh-parts et pogots sur les nouveaux titres d’Awakening qui réveillent une dernière fois le pit de la Supositor Stage sans oublier les quelques classiques du groupe culte américain : « Manifest Reality » ou le plus ancien « Surf Nicaragua » tiré du EP culte du même nom (Metal Blade Rec./1988). Côté ambiance, ça bouge plutôt bien donc en ce dimanche soir où les spectateurs ne veulent et ne peuvent plus trop réfléchir et veulent du Speed/Thrash simple et direct. Sacred Reich tombe à pic !

Le guitariste Wiley Arnett (SACRED REICH)

Dans le même temps, c’est avec plaisir et dévotion que nous vouloir revoir le clan irlandais d’Alan Averill Nemtheanga : Primordial, lui qui nous avait quelque peu déçu par son show moins endiablé que d’accoutumée mais aussi trop tardif le samedi 19 août 2017 vers les 01h30 du matin… Hé bien là, l’heure est idéale (21h10) et nous sommes comblés cette année. Le Black/Pagan Metal mélodique et folklorique (sans instrument folklorique) nous envoûte et son charismatique frontman est bien plus habité cette fois. Il harangue le public comme sur le traditionnel « Where Greater Men Have Fallen » en ouverture ce soir. Nos païens irlandais nous gratifient que d’un seul morceau malheureusement (« Nail Their Tongues ») de leur dernier opus et très réussi Exile Amongst the Ruins (Metal Blade Rec./2018) qui résumait parfaitement le savoir-faire du groupe. Les six chansons du concert de ce soir sont longues mais épiques. Cela s’achève par le mélancolique et puissant « Empire Falls » de To The Nameless Dead, et sincèrement nous pardonnons Primordial de sa prestation en demi-teinte d’il y a deux ans tant leur concert ce soir est parfait. Mention bien à la production sonore pour faire sonner les arpèges des guitares au son clair pas toujours évident en condition festival et aux lumières contribuant grandement à la réussite d’un show tel que Primordial.

A présent, il est bientôt tant d’en finir et les Américains de Hatebreed, vont tout écraser sur la Dave Mustage où tout le monde saute à cœur joie sur les refrains lancés par le chanteur Jamey Jasta (et accessoirement animateur/producteur d’émission TV sur MTV comme « Headbanger’s Ball » et entrepreneur avec sa marque de fringues). Les rythmes sont taillés pour la scène et comme à chaque fois en festival, le public mange dans la main de nos Yankees, véritables patrons du Hardcore/Metal. On ne peut lutter et Hatebreed met tout le monde d’accord : la machine américaine est bien rôdée et la set-list aussi, avec quelques titres de The Concret Confessional (Nuclear Blast) remontant tout de même à il y a trois ans, le groupe tournant énormément sur la scène mondiale qu’il domine depuis près de 2 décennies.

Enfin Napalm Death et Carpenter Brut (ou plutôt l’artiste français Franck Hueso accompagné du guitariste Adrien d’Hacride (petit mais costaud sur sa 6 cordes) et du batteur de Klone et Hacride, Florian Marcadet), ce sont 2 styles, 2 ambiances : du Death/Grind made in England dont Napalm Death a le secret depuis 40 ans (seconde fois que nous les voyons cette année après leur passage dévastateur au festival The Outbreak à Blois) ; ou du Darkwave avant-gardiste teinté d’électro et de films gore à la John Carpenter avec de superbes lumières et projections vidéo. Dans tous les cas, c’est du bon !!

Pour conclure, Bloodbath et sir Nick Holmes (Paradise Lost), habillé en smoking, achève cette douzième édition du Motocultor sur du Death Metal brutal et gore, deux ans après leur venue à St Nolff, mais avec un nouvel album dans leur poche (de sang) : The Arrow of Satan Is Drawn (Peacevill Rec./2018), second effort avec le chanteur de Paradise Lost plus orienté encore old-school et aux influences Black dans les riffs parfois du guitariste de Katatonia, Anders « Blakkheim » Nyström. Nous sommes rincés et les festivités prennent fin.

Alors si tout n’a pas été au point cette année (manque de bénévoles suite au départ de 40% d’entre eux dès le premier jour, pas assez de restauration, l’éternelle queue à l’entrée du festival) et les aléas météorologiques (2 soirs de pluie) qui font partie du jeu, la qualité musicale a encore été au rendez-vous et le plaisir aussi. C’est là bien l’essentiel, avec une journée supplémentaire folklorique réussie, certes un peu lourdingue avec Excalibur, mais d’ores et déjà renouvelée l’an prochain avec la venue du groupe germano-norvégien Heilung ! Rien que ça, on signe déjà mais il faudra bien savoir accueillir les plus de quarante mille festivaliers venus cette année si le but est de les fidéliser à cet évènement unique et convivial que demeure le Motocultor ! Bonne nuit et rdv l’an prochain à la mi-août 2020 du côté de St Nolff ! Keep the metal flame alive !

[Seigneur Fred]