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LOCK UP
Descente aux enfers

Quand ils ne sévissent pas avec leurs formations respectives toutes aussi brutales les unes que les autres, c’est au sein de Lock Up que se réunissent, entre potes, le bassiste Shane Embury (Napalm Death, Venomous Concept, etc.), le guitariste Anton Reisenegger (Criminal, Brujeria…), et notre habituel interlocuteur, le chanteur légendaire Kevin Sharp (Venomous Concept, ex-Brutal Truth…). Mais sur leur cinquième bombe de death/grind, The Dregs of Hades, un petit nouveau fait son apparition alors qu’un ancien fait son grand retour au micro : Tomas Lindberg (At The Gates, The Lurking Fear, Disfear…). Une mise au point s’imposait. [Entretien avec Kevin Sharp (chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]

Je viens de m’entretenir précédemment avec votre tout premier chanteur, Peter Tägtgren, à propos de son nouvel album de Hypocrisy. Il m’a confié avoir chanté sur votre nouvel album The Dregs of Hades, c’est vrai ? Où précisément ?
Oui, c’est vrai. En fait il chante sur la chanson-titre… Juste un peu, c’est une brève apparition. De toute façon, tu sais, tout le monde est le bienvenu pour aller et venir chez Lock Up. (sourires)

Lors de la promotion de l’album Demonization en 2017, on avait évoqué la présidence de Trump dans ton pays, chose que tu abordes aussi dans ton autre groupe Venomous Concept. Depuis, ce dernier a quitté le bureau ovale de la Maison-Blanche. Que penses-tu de l’arrivée de Joe Biden ? C’est mieux, ou peut-être moins pire ?
La maladie, ou plutôt le mal, est avant tout médiatique… Trump était doué pour manipuler les agendas, la vérité, etc. Mais le mal est toujours là. Biden est terrible en matière de marketing aussi, tu sais. Pour moi, tous les politiciens sont des clowns, quelque soit leur couleur, rouge ou bleu… (Ndlr : démocrate ou républicain).

Autre surprise vocale de taille sur The Dregs of Hades, tu es accompagné tout du long par le chanteur Tomas Lindberg qui fait là son grand retour dans Lock Up au micro. Comment s’est passé son come back ?
Nous avions interprété une chanson avec lui il y a quelques années en live, et ça sonnait bien… J’aimais le contraste avec moi dans le phrasé et le ton. Dans Brutal Truth, j’avais déjà fait des concerts avec Lock Up de toute façon, et j’ai pensé que c’était une bonne idée. Tomas a aussi enregistré un nouveau disque avec The Lurking Fear (à paraître chez Century Media fin 2021). En fait, Shane Embury (basse) a ensuite contacté Peter Tägtgren pour boucler la boucle… Lock Up est devenu plus un collectif pour les amis avec le temps, on va et vient pour jouer de la musique de notre jeunesse, partager des idées au sein du groupe. Il n’y a pas de pression pour ci ou ça. Tout vient du cœur et il s’agit d’une opportunité pour les amis de se réunir.

A deux chanteurs, ça ne doit pas être évident de gérer chacun ses parties tellement c’est rapide. Vous sentez-vous encore plus puissants maintenant dans l’exécution de votre death metal/grindcore fracassant ?
Nous avons tous les deux passé beaucoup de temps à enregistrer au casque. Disons que l’on a chacun notre style, deux styles uniques. On a échangé des chansons, des idées, puis nous nous sommes faufilés dans les studios, en esquivant le virus pour ensuite enregistrer toutes les paroles. Quand le disque a été mixé, le meilleur des deux performances a été pris ici et là. C’est une approche intéressante pour moi, après tant de disques enregistrés, c’était agréable de procéder de la sorte, disons que c’était un peu différent.

Kevin Sharp (chant) en studio
Tomas Lindberg (chant) en studio également

Au fait, pourquoi Nicholas Barker a-t’il quitté le groupe après vingt-deux ans passés à la batterie ?!
Barker est parti pour poursuivre un genre musical différent. Il joue désormais dans un groupe nommé Borstal, c’est plus hardcore. Mais on est toujours potes. J’ai justement entendu parler de lui l’autre jour car on a le même agent de booking pour nos concerts. T’inquiète pas, il n’y a aucune drôle d’histoire ici, il fait juste quelque chose d’autre à présent.

Par conséquent, les parties de batterie sonnent peut-être différentes sur The Dregs Of Hades, je trouve. Elles sonnent plus dans une ambiance hardcore/grindcore, je trouve. Comment pourrais-tu décrire le jeu de ton nouveau et excellent batteur Adam Jarvis (Nicholas était excellent aussi, mais il jouait différemment) ? Adam a-t-il été impliqué dans le travail de composition des nouveaux morceaux avec vous parce qu’il est aussi américain ? Ou est-ce que Shane a composé toutes les parties de batterie de son côté en amont à Birmingham ou Kettering (Angleterre) ?
Je n’entends pas vraiment de hardcore dans le jeu d’Adams ici personnellement. En fait, la plupart des musiques proviennent des données en stock de notre guitariste d’Anton… Adam a écrit toutes ses parties avec des programmes de batterie et a travaillé les arrangements avec Anton justement… Il a tout enregistré en direct de mémoire. Shane a écrit quelques chansons et un ensemble ou deux de paroles… Il s’agissait de savoir qui avait les meilleures idées et ensuite on garde ce qui sonne le mieux.

La huitième chanson « Triumph of the Grotesque » du nouvel album est-elle un clin d’œil à l’ancien side project Grotesque de Tomas ? Tomas est-il l’auteur des paroles de cette chanson heavy peut-être ?
Ouais, il a écrit cette chanson, en effet, alors je suis sûr comme toi que ça a quelque chose à voir avec ça… (sourires)

Sur l’album précédent Demonization, vous aviez testé, expérimenté disons, quelques passages de metal industriel sur certaines chansons, un peu comme tu le faisais par le passé avec des vieux albums de Brutal Truth et plus récemment avec le side projet Venomous Concept que j’aime beaucoup. Pourquoi n’avez-vous pas continué à explorer cette voie sur The Dregs Of Hades ? Sauf peut-être le morceau « Crucifixion of Distorted Existence » éventuellement, je n’entends pas cela cette fois… Pourquoi ?
Nous voulions faire quelque chose de plus metal old school avec des prises d’enregistrement directes et modernes… Shane a écrit ce morceau « Crucifixion… » qui se rapproche de Venomous Concept car c’est sa patte… C’est en lien avec la chanson-titre de l’album précédent de Lock Up en fait par rapport à ta question et la comparaison avec ce que l’on a pu faire précédemment.

Demonization traitait de toutes les mauvaises choses et les maux de la terre, vous n’êtes guère optimistes sur ce cinquième album studio The Dregs Of Hades (Ndlr : Les lies de Hadès)… Quel est le concept ici ou les sujets principaux ? Tout cela est relatif à la mort et à l’enfer, je suppose ? Veux-tu dire ainsi avec ce titre que la terre ressemble à l’enfer actuellement ?
Eh bien, la majorité du disque a été écrite et enregistrée au début du virus, en fait… Les chansons ne manquent pas à propos de cet événement qui apparaissait dans nos sociétés… Je pense que c’était aussi cool d’un autre côté malheureusement de pouvoir à présent écouter le disque pendant que chacun fait ou a fait l’expérience du virus… C’est donc le plus sombre des temps actuels que nous visons pour nos générations, et nous sommes nous-mêmes dans la lie de l’enfer, c’est certain…

Pour conclure, quels sont vos projets pour fin 2021 et 2022 ? Êtes-vous prêts et impatients de réaliser de proposer live ce nouvel assaut brutal devant une foule sans masque ?
Les tournées sont encore compliquées ces temps-ci. Espérons que le virus finira par s’évanouir pour de bon ou du moins deviendra gérable mais avec des restrictions ou des protocoles sanitaires et administratifs différents partout… Nous avons un agent en charge de cela pour le biooking de nos tournées de concerts et festivals. Des choses ont été discutées et nous espérons refaire des spectacles en direct.

Kevin Sharp (chant)

CHRONIQUE ALBUM

LOCK UP
The Dregs of Hades
Death metal/grindcore
Listenable Records

Nom de Dieu ! Ce nouveau Lock Up défouraille sévère ! Quatre ans après Demonization, nos gaillards remettent le couvert en descendant au plus profond des enfers du grind. Sur The Dregs of Hades, deux chanteurs éructent désormais côte à côte au micro : le titulaire américain Kevin Sharp (ex-Brutal Truth, Venomous Concept…) et le Suédois Tomas Lindberg, de retour au bercail, lui qui était parti en 2014 suite à la reformation d’At The Gates. Growls, screams, riffs véloces et assassins du Chilien Anton Reisenegger, rythmiques infernales de la paire Shane Embury (Napalm Death, Venomous Concept…)/Adam Jarvis (Pig Destroyer, Misery Index…), celui-ci remplaçant Nicholas Barker aux fûts parti dans un nouveau projet hardcore (Borstal). Bref, va y avoir du sport dans le pit quand Lock Up reviendra jouer par chez nous, chose que l’on espère tous rapidement ! [Seigneur Fred]