Au regard du nouvel opus en tout point remarquable de Rhapsody, on ne peut que souligner le génie créatif de son guitariste. Encore une fois, ce fou de Luca Trulli s’est enfermé près d’un an pour nous offrir sa vision 2015 de Rhapsody, à savoir une fresque cinématographie de haut vol. Rencontre avec un passionné dont le « How are you my friend ? » est devenu légendaire.

[Entretien par Julien Meurot – julien@metalobs.com]

Luca Turilli Rhapsody

Combien de temps a pris la création de ce nouvel album ?

De mars 2014 à avril 2015, je n’ai fait que ça (rire). J’ai enregistré chaque instrument que tu entends sur ce disque avec mon clavier, et je peux te dire que cela prend énormément de temps ! Le gros avantage que je vois a précéder ainsi, c’est que je peux vraiment mixer chaque instrument séparément. La moindre flûte est donc mixée comme je l’entends dans ma tête. C’est un travail titanesque, mais je suis pleinement satisfait du résultat… enfin presque.

Comment ça ?

Ce que je veux dire, c’est que je suis un éternel insatisfait. Si je n’avais pas de date de sortie fixée par le label, je serais probablement encore en train de bosser dessus, car il me vient sans cesse des idées. Mais le plus est l’ennemi du bien ; c’était une bonne chose que d’avoir cette date butoir !

Jadis, la conception d’un album était plus longue encore, portais-tu autant d’attention à leur création ?

Les choses ont beaucoup changé. Nos premiers albums, nous pouvions mettre autant de temps que nous voulions pour les créer, les limites venaient plus du matériel que de nos envies. Maintenant, tout va plus vite : si je prends autant de temps, c’est plus pour de la composition que pour des contraintes techniques.

Cet album semble être plus philosophique que jamais…

Exactement (rire). Ma vision est chose est très spirituelle. Je lis beaucoup, je me pose énormément de questions. Avant quand j’écrivais un texte, j’essayais de faire évoluer une histoire tout au long du disque. Désormais, je préfère avoir un fil conducteur et traiter cette idée de différents points de vue. Ainsi, la réflexion est plus profonde que de simplement partir d’un point « A » pour arriver à un point « B ».

Emilie Ragni chante sur l’album sur l’album. Si ça continue, Rhapsody va devenir un groupe plus français qu’italien !

C’est bien mon avis aussi (rire). Si tu ajoutes à cela que nous répétons en France, à côté de chez Patrice (Guest, basse), je pense que nous pouvons le dire !

Comme souvent avec tes albums, Prometheus, Symphonia Ignis Divinus pourrait donner lieu à une fresque live des plus épique. Aurais-tu envie de passer le cap pour la prochaine tournée ?

Évidemment, mais ce ne sera pas possible. Même s’il ne faut jamais dire jamais, nous jouerons plutôt des titres de Prometheus ainsi que certains de nos classiques. Nos fans attendent certains titres et il serait bien irrespectueux de notre part de ne pas les jouer. Je pense que comme souvent, nous allons jouer 3 ou 4 titres du nouvel album.

Un mot sur votre reprise de « Thundersteel » de Riot, présent sur l’édition deluxe ?

J’adore ce titre. À mon sens, c’est l’un des meilleurs du speed metal des années 80. C’est le boss de Nuclear Blast qui m’a convaincu, lui aussi adore ce titre. J’aime bien la version très cinématographique que nous avons réalisée (sourire).

Un dernier mot pour les fans ?

Merci a tous mes amis français (en français dans le texte). À très bientôt sur la route !