NECROWRETCH

Le temps de la maturité

Et de quatre pour Vlad et sa bande. Après de nombreux remous et succès, le groupe apparait plus fort que jamais avec un album solide, inspiré et varié. Le temps pour nous de discuter avec son géniteur qui nous parle en toute franchise de sa vision de la musique et de l’avenir de Necrowretch. [Entretien avec Vlad (chant, guitare) par Julien Meurot & Seigneur Fred, julien@metalobs.com]

 


Cela fait bientôt 12 ans que Necrowretch existe (Vlad Rituals d’abord, puis Worm Eater, et enfin Necrowretch) et Metal Obs te suit depuis le premier album, Putrid Death Sorcery. Quel regard portes-tu aujourd’hui, quand tu jettes un œil derrière toi, car Necrowretch a plutôt été productif et très actif durant ces dernières années ?
Je suis plutôt satisfait du chemin parcouru. Malgré les très nombreux changements de line up, l’esprit du groupe a demeuré et même si, aujourd’hui, je suis le seul rescapé, je pense tenir le bon line up. Je donne tout mon temps et mon énergie pour le groupe, quand je ne compose pas je m’occupe des « à côtés » tout en devant assurer à mon taf. Au final Necrowretch ressemble vraiment à la vision que je m’en faisais et je suis fier de cela.

Il est surprenant de voir que vous n’êtes que 3 sur les photos promos alors Pierrick Debeau vous a pourtant rejoint.
Il est effectivement notre bassiste, mais il a rejoint le groupe après la composition de ce disque. C’est aussi simple que cela. Tout se passe très bien avec lui et, pour le prochain album, il fera partie de l’aventure à 100%.

Ce quatrième album est plus nuancé et mature. On y retrouve par exemple des titres plus mid tempo voire plus lents, à la limite du dark/doom, où tu prends le temps de développer des mélodies. Une raison particulière à cela ? L’Age de raison ?
Je ne sais pas si c’est vraiment la maturité, mais il est vrai que ce disque montre de nouvelles facettes de Necrowretch. Même si l’on garde cette noirceur et que certains titres auraient pu figurer sur notre premier démo cassette, d’autres portent le sceau de notre état d’esprit actuel.

Qu’écoutes-tu comme musique lorsque tu es en phase de composition.
Je reste attaché aux classiques comme Dissection. Mais le plus souvent j’adore me plonger dans la musique instrumentale orientale. Le coté voyage à travers une œuvre me plait beaucoup. J’écoute aussi par exemple des artistes comme Matt Uelmen.

Quels sont les plans pour 2020, Il y a déjà le Hellfest d’annoncé, mais quid du reste de l’année ?
Il va y avoir le Sublime Terror Fest à Londres. Le Hellfest ça va être génial. Mais avant nous allons tourner en Europe avec Taake et Kampfar.

Dernière petite question bonus. As-tu vu le film Lords of Chaos. Si oui, qu’en as-tu pensé ?
Je l’ai vu récemment et j’ai bien aimé dans son ensemble. L’esthétique est bien rendue et, pour le contenu, il faut surement en prendre et en laisser. On ne saura jamais vraiment le fin mot de l’histoire mais cela fait partie du mythe.

NECROWRETCH

The Ones From Hell

Black/death metal

Season of Mist

★★★★☆



2020 sonnerait-il l’âge de la maturité pour Vlad et sa horde démoniaque ? Si Satanic Slavery nous avait asservis avec un malin plaisir en 2017, The Ones From Hell fait apparaître un visage toujours aussi infernal mais plus mélodieux et moins nécessairement speed. Enregistré, comme son prédécesseur, au Blackout Studio à Bruxelles sous l’égide du producteur Phorgath (Jeremy Bézier, Enthroned, Emptiness…) et masterisé par le grand Alan Douches (Cannibal Corpse, Deicide…), ce quatrième méfait conserve la rage d’un Putrid Death Sorcery (2013), tout en apportant une touche plus séduisante à l’ensemble, à l’instar du premier morceau « Pure Hellfire » et son intro réussie à la guitare acoustique. Bien sûr, les stigmates des vieux démons (Death, Dissection…) demeurent, comme par exemple sur la chanson-titre, mais on ressent indéniablement un véritable savoir-faire chez le trio français dans ses compos black/death totalement habitées, doublées d’une approche dark mélodique appréciable (l’interlude « Through The Black Abyss ») et sans compromis, pour un résultat qui sonne in fine plus personnel (l’utime « Necrowretch » en guise de signature). Bravo les gars, hail Satan ! [Seigneur Fred]