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NIGHTFALL : At Night We Prey

NIGHTFALL
At Night We Prey
Dark/Death Metal
Season of Mist

Tout au long de ces trois décennies sur la scène musicale hellénique, Nightfall nous a souvent habitués à des œuvres uniques héritées de son riche patrimoine culturel, mais aussi surpris par ses provocations artistiques toujours suivies de longs silences radio. Les Athéniens sortent de leur léthargie avec un disque très personnel pour son chanteur Efthimis Karadimas, exprimant là publiquement l’un des grands maux de notre siècle : la dépression.

Ce dernier nous avait alors confiés à l’époque d’Astron Black and the Thirty Tyrants il y a onze ans : « Nous faisons de l’art, nous créons de la musique et le silence est une part importante dans la genèse de celle-ci… ». Mais tout de même, c’est long sept ans sans nouvelle musicale de nos amis grecs depuis Cassiopeia, leur dernier album en date !

La nuit tombe… Quelques notes de piano graves ouvrent ce bal mental nocturne (« She Loved The Twilight ») qui hante chaque soir l’esprit de son charismatique leader. La nuit devient alors obsessionnelle avec ses pulsions de mort (le très heavy « Killing Moon » aux rythmiques catchy signées de l’ex(cellent)-Septicflesh Fotis Benardo), les ténèbres nous envahissent (le speed « Darkness Forever »)…

Ressentant profondément le besoin de « partager son mal-être avec les Métalleux » sur ce dixième album, Karadimas exhorte véritablement ses démons intérieurs « dont il a ressenti les dents au plus profond de son âme » avec des growls colériques sur des refrains puissants (« Killing Moon ») et menaçants (« Giants of Anger ») rappelant presque l’organe vocal de Johan Hegg d’Amon Amarth véhiculant au passage un message intelligent : « Partagez votre douleur, parlez-en ouvertement. C’est le seul moyen de tuer les démons dans votre esprit. »

Si les touches folk ressurgissent par endroit (l’intro de « Temenos »), globalement At Night We Prey s’inscrit dans la même lignée Heavy/Death Metal mélodique des deux précédents albums Astron Black (…) et Cassiopeia mais en nettement plus Dark (l’ensorcelant « Witches », l’énorme « Meteor Gods »), avec des guitares plus mordantes (le retour de l’ancien guitariste Michalis Galiatsos du cultissime Parade Into Centuries n’y est certainement pas étranger), accompagnées de chœurs et sonorités plus modernes (la fin de la chanson-titre), preuves que Nightfall est loin d’être mort et enterré. Il conserve donc sa place légitime sur le Panthéon grec au côté de Septicflesh et Rotting Christ. [Seigneur Fred]