OZZY OSBOURNE
Ordinary Man
Heavy Metal mainstream
Epic Rec./Sony Music
★★★☆☆

Papy Ozzy fait de la résistance ! Black Sabbath a beau avoir splitté en 2017, le « Mad Man » âgé de 71 ans aujourd’hui, qui a entre-temps divorcé, replongé dans la drogue et redit oui à sa femme/manageuse Sharon, rempile pour un nouvel album studio, dix ans après le correct Scream. Les deux premiers singles parus fin 2019, « Under The Graveyard » et « Straight To Hell » (feat. Slash et Duff McKagan des Guns’), donnaient déjà le ton lyriquement exprimant peut-être aussi les dernières volontés du chanteur britannique… Musicalement simples et efficaces, ces deux morceaux restent heavy et plutôt old-school avec des arrangements contemporains aux petits oignons signés Andrew Watt, le « nouvel ami » d’Ozzy mentionné dans les crédits de ce douzième album solo. Même s’il manque un petit quelque chose et qu’Andrew Watt ne sera jamais à la guitare Randy Rhoads (R.I.P.) dans le cœur des métalleux nostalgiques que nous sommes tous, ni Zakk Wylde aux abonnés absent ici (avec qui pourtant Ozzy s’est rabiboché pour ses dernières tournées en solo), le guitariste/auteur/compositeur/producteur américain de Justin Bieber fait le job, un peu comme Yodelice le fit en 2017 avec notre Johnny Hallyday sur son dernier album enregistré de son vivant… L’ex-frontman de Black Sabbath nous fait un dernier au revoir sur « Goodbye », sortant même par avance les violons ou plutôt le piano sur une ballade (la chanson-titre) bien commerciale en duo avec Sir Rocketman. Dans un autre genre mais toujours à but lucratif, on est surpris par m’intervention du rappeur Post Malone en fin d’album sur le très Punk « It’s A Raid ». Ozzy reste Ozzy : un chanteur fortuné et incroyable, encore capable de chanter sur des mélodies bien Heavy/Rock et groovy (« Eat Me », l’entêtant « Today Is The End »). Alors même s’il prétend désormais être un homme ordinaire, comme s’il se repentait de ses péchés de jeunesse ou de vieillesse (on le voit uriner au dos de l’album comme il le fit un jour de 1982 à San Antonio sur un monument aux morts l’interdisant du sol texan durant une décennie), on passe néanmoins un bon moment en famille avec un album pas non plus extraordinaire mais tout à fait honorable à son âge. Malheureusement, le « Prince Of Darkness » a dû annuler sa tournée récemment, souffrant toujours un peu plus de sa maladie de Parkinson. Ordinary Man est peut-être son dernier album studio (de son vivant)… [Seigneur Fred]