You are currently viewing <strong>Press to MECO</strong> </br>Transmutation

Press to MECO
Transmutation

Press to MECO est un combo qui nous vient tout droit d’Angleterre qui a commencé à sévir en 2011. Nos British ont à déjà à leur actif trois EP et deux albums, Good Intent, et Here’s to the Fatigue, un opus très bien reçu par la critique et leur permettant de partir sur les routes aux cotés de Shinedown en Europe. Après un EP acoustique en 2019, les voilà de retour avec Transmute produit de main de maître par Machine (Lamb of God, Every Time I Die, As It Is), une galette qui devrait les propulser dans une nouvelle stratosphère tant la qualité et l’innovation sont au rendez-vous. Un cocktail explosif à consommer sans modération. Interview découverte. [Entretien avec Luke Caley (chant et guitare) et Lewis Williams (batterie) par Pascal Beaumont – Photos : DR]

Le 23 Juin dernier vous avez donné un concert en streaming que retires-tu de cette expérience ?
Pour être honnête, c’était juste bon d’être de retour en live et c’était la première occasion pour nos fans de voir Jake (Ndr: Jake Crawford le nouveau bassiste) jouer avec nous. Le streaming est une expérience très différente comparé à la réaction du public que tu as en concert réel. Mais étant donné les circonstances, nous sommes très reconnaissants à Amazon Music UK / Twitch pour l’opportunité qu’ils nous ont donné d’interpréter certaines nouvelles chansons de Transmute.

Comment s’est déroulé le processus d’écriture de Transmute ?
Toutes les chansons de l’album datent d’une époque où Luke et moi avions un peu levé le pied au niveau de l’industrie musicale, nous étions en quelque sorte juste un groupe. Donc, toute cette session d’écriture était légitime pour nous. C’était comme si nous écrivions quelque chose et que nous nous rappelions pourquoi nous faisions cela au tout début. On voulait se rappeler que c’était quelque chose que nous faisions ensemble et qui était pas mal. Ce n’est pas parce que le combo ne se porte pas aussi bien que nous le souhaiterions qu’il est nécessairement mauvais. D’une certaine manière, c’était cathartique et un soulagement car nous n’avions aucune pression et aucune attente. Nous faisions cela pour nous-mêmes et pour l’amour de l’art pour l’art. C’était l’album le plus amusant que nous ayons eu à écrire.

Vous avez enregistré Transmute dans la tour d’un château datant du XVIème siècle. Qu’est-ce que cela à changer comparer à un studio classique ?
C’était donc la chose la plus folle que nous ayons faite. Grâce à cela, nous avons eu une expérience d’écriture plus libre et plus libératrice. Ensuite, Jake est arrivé à bord et cela nous a vraiment donné un nouveau souffle. Nous sommes des grands fans de lui en tant que musicien et en tant qu’ami depuis longtemps. Nous étions tous prêts à partir. Nous allions littéralement nous envoler pour les États-Unis et enregistrer dans le studio de la grange de Machine, appelé Machine Shop. Puis la pandémie a frappé, et on s’est dit « Ah putain je ne sais pas ce qu’on va faire maintenant ». Comme cela devenait de plus en plus un cauchemar logistique, et que de plus en plus de restrictions étaient mises en place, nous avons dit en plaisantant à ce rythme, avec le coût de la location d’un studio et des sessions avec Machine, autant aller enregistrer dans cette tour. Nous avons fait une pause et nous nous somme dit qu’il fallait oublier les millions de raisons pour lesquelles on devait créer notre propre studio et essayer de le faire dans un château. Nous savions que Machine en tant que producteur est un cow-boy. Comparé à n’importe qui sur la planète, le gars est venu avec de vieux micros et à trouver une façon de faire du bricolage et cela sans compromis. Nous avons eu une prise de conscience soudaine qu’en fait, c’était peut-être la meilleure façon de faire ce disque. Étonnamment, nous avons réussi à faire quelque chose de mieux que ce que nous aurions pu espérer.

Quels sont selon toi les différences essentielles entre Here’s to the Fatigue et Transmute ?
Tous ceux qui ont entendu le disque jusqu’à présent ont remarqué la diversité dynamique. Transmute représente toujours indéniablement Press To Meco, mais nous nous sommes aventurés sur le plan sonore plus que jamais auparavant. Les morceaux lourds sont plus lourds et les morceaux plus doux sont plus beaux, mais pour chaque chanson, nous avons vraiment essayé de cultiver et développer sa propre ambiance.

Pourquoi avoir choisi ce nom étrange Press To Meco ?
Lorsque le groupe s’est formé, nous étions énormément intéressé par l’espace et suivions les différentes missions de la NASA. L’une des commandes que la NASA a utilisées lors de la déconnexion de leurs moteurs principaux est « Press to Meco » qui signifie « couper le moteur principal ». Cela correspond au moment où une fusée est sur le point d’entrer en orbite et n’a plus besoin de ses moteurs principaux, le point de non-retour.

Est ce qu’il y a un morceau ou plusieurs qui ont été un challenge à écrire ou enregistrer ?
Sur à peu près tout l’album, c’était une approche assez organique et facile, bien que la chanson qui nous a le plus interpellé soit « A Test Of Our Resolve » simplement parce qu’elle existait sous de nombreuses formes différentes avant que nous ayons pu trouver la bonne structure, nous avons emprunté une voie différente qui nous a permis d’en faire la chanson qu’elle est devenue maintenant.

Comment vous êtes vous rencontrés ?
Cela fait presque une décennie que moi et Lewis nous nous sommes rencontrés c’était à la Brit School Music College de Londres. Grâce à des tournées constantes, Press to Meco a fréquemment croisé et partagé des scènes avec Jake et son groupe ACODA, c’est comme cela que notre amitié à débuté et que la formation est née. Nous savions que Jake et moi allions finir par former un groupe ensemble, que ce soit Press to Meco ou un autre projet.

Quel est l’idée que vous développé derrière ce titre Transmute ?
Tout au long de l’album, il y a beaucoup de références au sentiment que nous sommes au milieu d’un grand bouleversement ou d’une transformation, personnellement, en tant que groupe et en tant que société. Le mot Transmute relie tous ces sentiments de changement.

Vous avez déclaré « Avoir eu des doutes sur le fait de vouloir continuer une carrière dans la musique et avoir atteint le point le plus bas mentalement » qu’est ce qui a fait que tu ais envie à un moment de tout stopper ?
Les tournées que nous avons effectuées avec Shinedown et Don Broco ont été fantastiques mais elles ont été rapidement suivies par les doutes insignifiants notamment par rapport au succès de l’industrie et des engagements réels. Nous avons vu tous nos amis progresser dans leur vie, d’autres se retrouver en couvertures de nombreux magazines grâce à des liens avec l’industrie musicales. Je me dévalorisais beaucoup par rapport à ce que nous avions accompli et j’avais l’impression que nous devrions en faire plus. J’étais en colère à cause de tout cela. J’étais épuisé mentalement et cela a déclenché plusieurs mois d’introspection.

Pourquoi avoir choisi de travailler de nouveau avec Machine (Lamb of God, Every Time I Die, As It Is) ?
C’est un des meilleurs et des plus créatifs qui soit et avec qui nous ayons eu le plaisir de travailler. Nous sommes un groupe étrange avec une approche un peu folle. Il nous faut quelqu’un de plus fou que nous et qui ait des oreilles brillantes pour décortiquer les chansons et les élever musicalement. Il travaille également avec un ingénieur du son incroyable appelé Julian que nous adorons. La beauté de travailler avec Machine est que nous nous sentons en de bonnes mains. Il a les oreilles et la direction pour diriger une session d’enregistrement et  tirer le meilleur parti de la chanson, tout en repoussant nos limites préconçues en tant que musiciens. C’est vraiment la combinaison parfaite qui parvient à obtenir le meilleur parti de nous.

Quel a été l’impact de l’arrivée du Covid sur la genèse de cet album ?
L’album a été principalement écrit avant que les blocages sanitaires liés au Covid ne commencent à apparaître, donc à cet égard, nous avons été très chanceux, car écrire cet album était quelque chose que nous devions faire ensemble tous dans la même pièce.

Comment avez-vous vécu la crise sanitaire en tant qu’artiste ?
C’est difficile en ce moment, mais il a toujours été compliqué d’équilibrer la vie, la santé et l’art. La situation de Covid ne nous a pas mis en confiance, elle a diminué de semaine en semaine car nous ne pouvions plus jouer sur scène et c’est ce qui nous fait avancer.

Qu’est-ce qui a motivé le choix de recruter Jake Crawford (Acoda, Dan Lancaster) comme nouveau bassiste ?
75% de l’album était écrit, et nous avions besoin d’un nouveau bassiste, nous avons donc demandé à un ami de longue date Jake de rejoindre le groupe et de nous aidé à le terminer. Ce dernier 25% qui restait est ce qui peut vraiment faire passer un disque de bon à excellent. Nous aurions pu facilement trouver quelqu’un qui faisait juste son travail, mais avoir quelqu’un qui pouvait entrer de manière créative pour les compositions restantes c’était vraiment excitant. L’album ne serait pas le même si Jake n’y était pas. Ça a été une transition tellement naturelle que c’est bizarre de penser que nous n’avons pas toujours fait partie de ce combo tous les trois.

Quels sont les qualités que vous recherchez chez un musicien ?
Pour nous c’est une évidence, il faut avoir une capacité d’ouverture d’esprit, être capable de se concentrer et de travailler dur en cas de besoin et généralement être un être humain agréable.

Quel est le thème que vous développez à travers votre premier single ‘Another Day’ et le second « Smouldering Sticks » ?
Pour nous choisir ‘Another Day’ comme premier single était une évidence car nous pensions qu’il offrait la bonne transition par rapport à notre album Here’s To The Fatigue. La chanson parle de la difficulté d’apporter un changement positif et de l’apathie que vous pouvez ressentir pour réparer les choses qui ne vont pas dans votre vie. Juste être pris dans une spirale descendante et ne pas avoir l’impression de pouvoir revenir. Quand à « Smoldering Sticks » il  parle de l’incapacité de rester à l’écart des choses qui peuvent finalement nous nuire. Notamment au niveau de la Santé mentale , on se retrouve bloqué sur les mêmes schémas de pensée nocifs. Cela nous conduit à gérer et entretenir des relations avec lesquels on aurait dû mettre fin. Boissons et drogues.

Qu’est ce qui a vous a donné envie d’enregistrer un EP acoustique ?
C’était juste une façon de s’amuser pour nous. Nous avons toujours eu une réponse très positive à nos sets acoustiques, et c’était un peu comme, eh bien pourquoi n’enregistrerions-nous pas ce côté du groupe. Les voix se prêtent bien à cette configuration.

Est-ce que vous appréciez de jouer sur scène en mode acoustique ?
Il y a un très bon festival au Royaume-Uni appelé 2000 Trees et à côté de notre set principal, nous avons toujours joué un set acoustique supplémentaire sur la « Forest Stage ». Jouer là-bas dans un cadre acoustique pour la première fois était juste très amusant et être capable de dépouiller nos chansons nous ouvre plus d’opportunités de jouer.

Quel type de relations entretenez-vous avec vos fans ?
Nous avons une relation étroite avec nos fans et il y a quelque temps, nous avons mis en place un serveur Discord qui regroupe une communauté incroyable et en constante expansion de personnes partageant les mêmes idées que nous. C’est un endroit sûr et attentionné pour passer du temps avec tout le monde, que nous utilisons pour publier du contenu exclusif et que les fans utilisent pour organiser des rencontres lors de nos concerts.

Comment décrirais tu l’évolution musicale de groupe depuis la sortie de votre premier Ep en 2012 ?
C’est une progression constante et ce n’est que pendant le processus d’écriture et d’enregistrement de ‘Transmute’ que nous avons enfin pu démêler notre son et nous rapprocher beaucoup plus de ce que nous sommes.

Quel souvenir gardez-vous de votre concert à Paris le 9 novembre 2018 au Cabaret Sauvage en première partie de Shideown ?
Nous n’avons donné qu’un seul concert à Paris, c’était lors de la tournée avec Shinedown. Nous reviendrons car c’était l’un des meilleurs publics de la tournée et nous avons vraiment envie de revenir en France.

Quels sont les thèmes en général que vous développé à travers vos textes ?
Les thèmes sont vraiment centrés sur notre propre santé mentale et les transformations qui en découlent à la fois personnellement et au sein du groupe…

Quel sera le prochain single extrait de l’album ?
En ce moment, nous n’avons pas d’autre single prêt à sortir.

Qu’est-ce qu’un bon concert de Press To Meco selon toi ?
Une réponse évidente, mais c’est lorsque notre public est totalement investi, en osmose avec nous quelque soit l’implication technique de chaque musicien.

Vous allez partir en tournée en Octobre 2021 avec Vukovi. Quel est ton état d’esprit ?
Ça va être une super tournée. Nous connaissons nos amis Vukovi depuis de nombreuses années et avons joué plusieurs fois avec eux à travers l’Écosse lorsque nous y tournions fréquemment. Ça va être une explosion absolue !

CHRONIQUE ALBUM

PRESS TO MECO
Transmute                                             
Rock Alternatif
Marshall Rec.

L’album Transmute porte véritablement bien son nom quand il s’agit d’altérer, de modifier, de faire et de défaire. C’est bien de rock dont Il s’agit. Subtil  mélange entre un rock alternatif  aux compositions éparses et un rock plus progressif, voire alternatif comme sur les titres « Another Day » ou « Smouldering Sticks ». Pour augmenter en gamme et en puissance, il y a bien sur des titres rock progressifs aux compositions saturées et lourdes, comme le fameux « Baby Steps ». Globalement, ces compos s’avèrent plus structurées, avec des solos et des cris saturés exprimant toute la violence ou voulant encore donner plus d’impact dans l’émotion véhiculée par ces nouvelles chansons. Comme s’il fallait toujours un dernier cri pour se faire entendre ou imploser afin de donner encore plus d’ampleur et divertisité. Alors maintenant : press to play ! [Laurent Machabanski]