QOTSA_VILLAINS

Il est toujours bien difficile de juger honnêtement un nouvel album de QOTSA. Car pour les anciens ou tout simplement les fans de Kyuss, Josh reste ce génie du riff plombé et enfumé. Il faudra se faire une raison ce Josh là n’est plus et au vu de son acharnement à pourrir la vie ses anciens compères dans leur entreprise de faire perdurer sa propre musique il n’a pas vraiment envie de s’y remettre. Mais Josh s’en fout, car il est cool et ses envies sont ailleurs. Bien lui en prenne, car si l’on regarde la courbe de popularité du groupe elle monte en flèche passant d’une salle de 800 personnes en 2005 à 16 000 en 2017. Voilà pour le statetement du jour, mais cela ne gâche en rien la réelle qualité de ce nouveau disque. Car si ce n’est pas ce que certains comme votre serviteur pourraient attendre du géant rouquin, il faut reconnaître que la patte est bien là. Tout au long des neuf titres qui jalonnent ce nouvel opus, nous retrouvons donc le savoir-faire de Homme. Pas de grandes prises de risque, mais des titres qui sonnent. Il faut dire que la production de Mark Ronson met en avant les instruments et notamment la basse de Michael Shuman de manière très convaincante. Nous disions donc neuf titres tous écrits et joué par QOTSA contrairement aux précédentes productions qui voyaient bon nombre d’invités défiler. Un argument de plus pour dire que cet album se veut vraiment plus intimiste et centré sur le « rock ». Pas de réels fillers dans ce disque ou les différentes ambiances se côtoient. On y retrouve d’ailleurs des références aux différents projets de son géniteur comme cet opener qui aurait très bien eu sa place sur l’excellent album de Them Crooked Vultures ou encore le single « The Way You Used To Do » que n’aurait pas renier les Eagles Of Death Metal. D’autres influences font aussi leurs apparitions comme celles de Bowie (palpable sur plus d’un titre), Led Zepplin (« The Evil Has Launded ») ou même Lou Reed (« Villains Of Circumstance »).
Un album qui se montre au final bien moins rock que ses prédécesseurs avec des incursions volontaires dans des contrées très pop/dansante (« Feet Don’t Fail Me » en est un parfait exemple) mais qui au vu de la carrière du groupe n’est pas si déroutant. Faut-il encore pouvoir faire abstraction de la première vie de Sir Homme…

[Julien Meurot]