rammstein_-_paris_-_19.05.2017

Filmée en mars 2012 par l’équipe de Jonas Åkerlund sur deux soirées du Made In Germany Tour au POPB, devenu entre temps l’AccorHotels Arena, cette « expérience visuelle et sonore hors du commun » aura mis du temps à investir une salle obscure française. Sphérique, en l’occurrence, pour cette première du 23 mars 2017 à la Géode (Cité des Sciences, Paris). Un choix bien curieux, puisqu’on perd la haute définition au profit d’une vision « fish eye » qui casse les lignes droites seyant tant au metal industriel de Rammstein. Plus que jamais, les Allemands théâtralisent leur entrée, fendant la foule, puis la surplombant sur une passerelle à la Mad Max, pour entamer « Sonne » sur le caillebotis de la scène principale. Le contraste de gabarit entre le mâle alpha Till Lindemann (chant), micros en cartouchière, et le soumis Christian « Flake » Lorenz (claviers), moustache à la Master Costello et sur tapis roulant, reste le fondement de saynètes bien rodées. Comme celle du chaudron de « Mein Teil » dans lequel le petit phasme au teint blafard est cuit au lance-flamme. La grande nouveauté réside dans le traitement SM jusqu’au-boutiste de « Bück Dich ». Pendant que le guitariste Richard Kruspe s’affaire aux samples d’introduction, maîtresse Christoph Schneider (batterie et perruque blonde) maltraite son attelage de quatre esclaves jusqu’à l’îlot central où l’indicible se produit : Flake, slip en cuir baissé et scrotum apparent (!) se fait casser les pattes arrières par Till, armé d’un phallus de latex qui n’en finit plus de cracher sa haine. Cette plongée au cœur de l’action soulève quelques interrogations pour l’édition DVD / BluRay annoncée pour le 19 mai : censurée ou réservée à un public averti ?

[Jean-Christophe Baugé]