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RÜYYN : RüYYn

RÜYYN
RüYYn
Black Metal
Les Acteurs de l’Ombre Prod.

« Winter is coming » aurait pu être le titre de ce premier EP du groupe RüYYn, ou plutôt du multi-instrumentiste français Romain Paulet, à la vue de son superbe artwork, mais non. Il s’agit là d’un simple EP éponyme, et nous laissons ce slogan à la célèbre série TV de HBO. Mais alors que l’automne s’installe doucement dans notre contrée, paraît à présent la sortie physique de ces cinq titres disponibles depuis le printemps dernier au format dématérialisé. Et passer à côté de cette sortie black metal hexagonale aurait été bien dommage tant elle saura séduire les amateurs de black metal scandinave, norvégien précisément ici. Le format court rend d’autant plus l’objet (un magnifique digipack) précieux, en plus de son contenu sonore.

Sur une intro de guitare au riff sombre et glacial, bien saturé, le premier morceau (« I ») de RüYYn annonce la couleur. Le rythme s’intensifie peu à peu puis s’accélère fortement avant d’aboutir à un premier break. Les loups sont ensuite lâchés dans la bergerie. Plus loin, un superbe break très heavy, simple mais ô combien efficace, rappela alors le meilleur de Darkthrone et Gorgoroth durant leurs années fastes (années 90 pour ceux qui s’en souviennent). Le chant black bien râpeux de Romain, évoquera, quant à lui, la voix d’Abbath (ex-Immortal, I) qui d’ailleurs a tendance à se faire un peu trop discret dernièrement depuis son second album solo. D’une durée de près de dix minutes et évoluant vers des sonorités légèrement plus atmosphériques vers la fin (un petit côté Deathspell Omega), ce titre d’ouverture annonce clairement de belles choses en perspective. Encore une fois, il ne s’agit là que d’un premier EP pour RüYYn ! La batterie impulse la deuxième chanson (« II ») sous fond de grosse caisse et double pédale. On s’interroge alors si nous avons à faire une très bonne batterie électronique ou une véritable batterie acoustique (on pencherait tout de même sur la seconde option). Sur un rythme plus lent et des riffs toujours aussi tranchants et parfaitement exécutés, RüYYn continue à nous impressionner par un savoir-faire à la fois humble mais sincère, et une production sonore qui, contrairement à Darkthrone, donne un rendu puissant tout à fait contemporain sans dénaturer l’essence du black metal de ses pairs. Quelques variations vocales (voix claires par moment, choeurs graves) ponctuent des compositions déjà solides sur « II » et « III ». Le troisième titre passe à la vitesse supérieure mais chez , ce n’est pas que blasts et compagnie. Non, il y a une véritable construction dans les morceaux qui renforcent ce sentiment de maîtrise chez son auteur solo. On pense même à Satyricon sans le côté folk scandinave ou pagan des débuts. C’est froid, dur, carré. Enfin, sur le quatrième morceau, sobrement baptisé « IV » en toute logique, puissant et rageur (notamment au chant), Romain donne la dernière charge, comme s’il affrontait seul le blizzard présent sur la pochette du disque en plein hiver septentrional. Immortal traverse encore notre esprit. Des vocaux, ou plutôt cris, amènent sur la fin un peu de diversité pour une sortie plus mélodieuse, mais toujours puissante. C’est trop court pour être épique car malheureusement, l’ultime « V », sorte d’outro instrumentale de cinquante petites secondes à la Thorns, conclut déjà cet enregistrement diablement efficace, et, qui ne demande qu’à s’exprimer sur la durée. Génial ! Ou plutôt, nouveau petit génie ! Et français qui plus est. RüYYn vient d’éclore à nos oreilles. Une bien jolie découverte encore une fois signée par le label nantais. [Seigneur Fred]