Depuis son premier album « Primo Victoria », paru en 2005, Sabaton s’est fait remarquer en ne traitant dans ses textes que de sujets en rapport avec les guerres. La formule a séduit et le groupe suédois continue d’alimenter les cours d’Histoire avec Heroes, sa septième production, comme nous l’explique son leader Joakim Brodén. [Entretien avec Joakim Brodén (chant) par Alex Kolarski]

sabaton-pic

Le nouvel album s’intitule Heroes. Qui sont ces héros ?

C’est fin 2009, en écrivant la chanson « White Death » sur l’album Coat of Arms, que l’idée est née. On a commencé à parler d’individus précis jouant un rôle dans les conflits et c’était une nouvelle perspective pour Sabaton. C’est ce que nous avons développé avec Heroes. De nombreux fans nous offrent des livres qui évoquent des scènes de guerre qui nous sont totalement inconnues. Je dirais qu’environ 50% des histoires que nous relatons proviennent de ces ouvrages qu’on nous donne…

 

Ainsi vos fans sont aussi les héros de l’album…

Oui, d’une certaine manière !

 

Comment les chansons de Sabaton viennent-elles au monde ?

J’écris d’abord la musique, puis je cherche des sujets qui vont coller au niveau des paroles. Je me demande toujours si je vais être suffisamment créatif pour ne pas me répéter. Il m’arrive de travailler seize heures par jour jusqu’à ce que je sois complètement satisfait.

 

Alors, es-tu satisfait de ce nouvel album ?

Il me faut toujours environ six mois pour me prononcer. Mais, au vu des réactions des personnes qui l’ont déjà entendu, j’ai une assez bonne impression.

 

Te charges-tu également des orchestrations ?

Oui, je suis claviériste à la base. Je pense être le seul membre du groupe à connaître le solfège et, même si ce n’est pas une absolue nécessité – Björn et Benny d’Abba ne le connaissent pas non plus –, ça m’aide pour les orchestrations, car je connais le registre des instruments utilisés. Il est très courant dans les albums de métal d’entendre par exemple des violons virtuels jouer des notes que l’instrument réel ne pourrait atteindre.

 

N’est-il pas réducteur d’avoir la guerre comme unique sujet ?

Oui et non ! Parfois, j’ai envie de parler d’autre chose, mais je suis vite rattrapé car la guerre est un sujet tellement vaste ! Le déroulement de la Deuxième Guerre mondiale n’a rien à voir avec ce qu’a fait l’Empire suédois ou Napoléon, ou Alexandre le Grand…