Après sept années d’absence, les blackeux de Seth revenaient en 2013 avec un tout nouvel album, The Howling Spirit. Et même si le temps a passé et que beaucoup de choses ont changé et évolué dans le petit cercle du métal français, le groupe a su contenter aussi bien les anciens fans qui attendaient ce retour avec impatience, mais aussi les nouveaux qui ont pu découvrir Seth avec un album puissant. Alors que le groupe s’apprêtait à partir en tournée européenne aux côtés de Pestilence et Ancient Ascendant, nous avons pu nous entretenir avec eux afin d’en savoir plus sur ce retour, ce nouvel album et leurs projets à venir. [Entretien réalisé avec Cyriex (guitare) par Elisa Wolf – Photo : DR]

sethSept ans après Era Decay, Seth revient avec un nouvel album, The Howling Spirit. Sept ans, c’est fort long ! A quoi vous êtes vous occupés pendant tout ce temps – je sais que certains ont joué dans d’autres groupes – et pourquoi la décision a-t-elle été prise de revenir en 2011 ?

Ce fut effectivement un long break pendant lequel nous avons chacun vaqué à divers projets musicaux : Asmodée, Decrepit Spectre et Offending pour ma part, Code, Reverence, Toxic Engine, Ad patres, TCX… pour les autres membres, donc on ne peut pas dire que nous ayons chômé pendant ce laps de temps et c’est certainement ce foisonnement de projets divers et variés qui a permis au groupe de revenir avec une certaine fraîcheur en 2011 lorsque l’opportunité s’est présentée. A vrai dire, nous y pensions déjà depuis plusieurs années à l’époque et c’est l’opportunité de jouer en Allemagne au Sinister Howling Fest en 2011 qui a vraiment relancé le groupe. L’idée était de faire le concert, de voir comment ça se passait entre nous et avec le public et d’aviser par la suite. Nous n’avions pas vraiment prévu de se relancer dans l’enregistrement d’un nouvel album dès la reformation du groupe, l’idée a germé petit à petit.

 

Est-il difficile de retrouver une alchimie, une spontanéité, dans un groupe lorsqu’autant de temps séparent deux albums, que ce soit sur scène ou en studio ?

Oui, tout à fait, et c’est pour ça que nous ne voulions pas faire trop de projet sans savoir si l’alchimie allait être là justement. J’avais gardé contact avec Heimoth pendant le break, ne serait ce que par le biais de notre projet commun Decrepit Spectre, et ce malgré l’éloignement géographique, mais nous avions un peu perdu contact avec certains membres du groupe donc il a fallu vraiment passer une période de rodage et de test afin de voir si l’aspect humain allait rendre le projet viable à long terme ou pas. Ce fut le cas pour la majorité du groupe mais cela a conduit au départ de Helldryk qui n’a pas trouvé la reformation à la hauteur de ses espérance, son ressenti ayant été par ailleurs exacerbé par des problèmes de santé l’ayant empêché d’assurer les live pendant l’année 2012.

 

Chacun de vos albums a toujours eu une identité très forte et bien distincte, ce qui a mon sens a toujours été un point très positif et identifiable de Seth. Comment percevez-vous The Howling Spirit ? Ces sept années de pause vous ont-elles amené à concevoir et penser la création d’un album différemment ?

The Howling spirit est pour moi l’album le plus abouti de la carrière du groupe. Il est le fruit d’une longue période de composition et de réarrangements, la majorité des morceaux ayant été écrite pendant le break du groupe par Heimoth et moi-même pour Decrepit Spectre puis réadaptée pour Seth. Les morceaux ont donc beaucoup évolué et se sont enrichis au fil du temps d’influences nouvelles et inédites ; il y a donc une certaine forme de maturité et de recul que l’on ne retrouvait pas sur les précédents albums qui étaient plus spontanés et instantanés. Du point de vue de la production, nous avions pour une fois une vision un peu plus précise de ce que nous voulions et le fait de travailler avec Neb Xort au Drudenhaus studio a vraiment facilité le processus d’enregistrement et a conduit au meilleur rendu que le groupe ai jamais eu en terme de production. Il s’inscrit cependant parfaitement dans la continuité discographique du groupe, dans le sens ou nous essayons à chaque fois de nous renouveler et d’évoluer.

 

J’ai récemment lu dans une interview donnée par l’un de nos confrères que tu décrivais Seth comme s’étant « toujours démarqué de [ses] compatriotes en étant toujours plus singulier ». Peux-tu nous en dire plus sur cette singularité ? Quels sont ces aspects qui vous démarquent des autres groupes français ?

Cette singularité tiens surtout au fait que nous ne nous imposons pas de barrières en terme de composition et que nous n’avons pas peur de nous renouveler et de prendre des risques, ce qui contribue vraiment à rendre chaque album unique et identifiable. Il aurait été très facile pour le groupe après la sortie des Blessures de L’âme de continuer dans la voie de la facilité et de reprendre les ficelles qui avaient contribué au succès de cet album, or il n’en n’a pas du tout été le cas, et le groupe a su se remettre en question et à évoluer à chaque album vers d’autres horizons tout en maintenant une signature claire et identifiable. J’ai l’impression que beaucoup de nos compatriotes restent bloqués sur les vieux clichés et refusent d’évoluer, et même si je n’ai rien contre le feeling old school, je trouve que c’est ce genre de comportement qui contribue a la stagnation et la saturation de la scène. A quoi bon refaire ce qui a déjà été fait ? C’est une vision de la musique que je ne partage pas et que je n’envisage pas.

 

La configuration du groupe a également bien changé ces derniers temps avec, si je ne m’abuse, le départ d’Helldryk et d’Alsvid. Quels sont les nouveaux membres et comment se passe cette collaboration ?

Comme je l’ai expliqué, Helldryk a quitté le groupe en 2012 et a été remplacé juste avant l’enregistrement de l’album par Eguil qui avait auparavant joué avec Reverence et Lyzanxia. C’est à ce jour la seule évolution par rapport au line up de 2004, et pour l’instant nous sommes complètement satisfaits de son intégration, tant du point de vue musical que du point de vue humain. Par contre, Alsvid n’a pas du tout quitté le groupe, il s’avère simplement et comme c’est le cas pour beaucoup de groupes, que ses obligations familiales et professionnelles l’empêchent de pouvoir partir en tournée avec le groupe. Il en est d’ailleurs de même pour Black Messiah qui n’a finalement pas pu se libérer. Le line up pour la tournée sera donc complété, outre la présence de Heimoth, Eguil et moi-même, par l’arrivée de Kevin Paradis à la batterie (Benighted, The Seven Gates…) et de Saint Vincent au chant (Blacklodge, Vorkreist…). La collaboration avec ces deux nouvelles recrues est toute fraîche donc il est encore trop tôt pour donner un avis objectif mais les premières impressions sont très bonnes, le feeling passe bien, ce sont de très bons musiciens et je suis très optimiste pour le déroulement de la tournée.

 

Après quelques dates ci et là sur le territoire français (dont le Hellfest et une date parisienne en 2012), vous vous apprêtez à partir en tournée aux côtés de Pestilence et Ancient Ascendant. Dans quel état d’esprit êtes-vous quelques semaines avant le grand départ ? Et qu’attendez-vous de cette tournée ?

Nous sommes tous très impatients de pouvoir enfin partir défendre cet album sur la route. Ça faisait un moment que nous y travaillions et nous avons vraiment été soulagé lorsque tout s’est enfin concrétisé car aujourd’hui, partir en tournée est vraiment la seule façon de promouvoir son album et de faire vivre par la même occasion le groupe.

C’est un gros investissement financier, les tournées en tour support étant rarement gratuites, mais nous voyons ça sur le long terme, ça va permettre au groupe d’exister à l’étranger et de toucher un public qui n’a pas forcément accès au groupe aujourd’hui.

Certes c’est un peu frustrant de ne pas pouvoir partir avec les membres officiels du groupe, mais bon, nous n’y perdons pas au change et je suis sur que ce line-up « explosif » va vraiment déchirer sur cette tournée.

 

Quels sont les projets du groupe dans un futur proche ? Seth est-il bel et bien de retour ? Pensez-vous déjà à un prochain album ?

Pour l’instant, nous sommes focalisés à 200% sur la tournée mais dès le retour nous allons nous atteler à la composition du prochain album, qui, cette fois, ne mettra pas sept ans à voir le jour, c’est certain.