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SODOM
La tradition a du bon

On ne présente plus Sodom depuis de nombreuses années ni surtout son charismatique leader Tom Angelripper, à la voix rocailleuse que l’on reconnaît parfaitement à mille lieux. Malgré un récent changement de line-up, le quatuor allemand repart de plus belle fin 2020 avec Genesis XIX aux couleurs plus Thrash que jamais ! [Entretien avec Tom Angelripper (chant, basse) par Loïc Cormery – Photos : DR]

Vous revenez avec un nouvel album aux couleurs plus sombre et thrash technique que par le passé. Pourquoi ce choix ?
Nous avons voulu ignorer certaines prises et rendre un résultat plus ou moins digeste. Il y a encore beaucoup de parties directes et nous avons adopté des riffs alternant le Thrash, le Death et le Heavy. Nous avons aussi abandonné nos propres mélodies plus caractéristiques et flirté avec des plans plus lourds, en ce qui concerne les solos. Nous avons donc maintenant une belle combinaison de Thrash traditionnel et des éléments novateurs pour notre musique, je trouve. C’est peut-être même beaucoup moins original que par le passé. Je ne sais pas, à toi de voir, tu te feras ta propre opinion.

Tu me disais que le côté Thrash traditionnel est bien plus présent à l’heure actuelle. Penses-tu qu’il faut être aussi technique pour être un bon musicien finalement ?
Je crois qu’il faut connaître son instrument pour vraiment apprécier ce que tu joues et réalises. Moi j’aime ce côté Thrash old school et technique, mais pas forcément genre « m’as-tu vu » ! (rires) Je pense que la technique est belle si le riff ou le solo que tu viens de jouer est beau. Tout est dans le feeling. Regarde Slayer, je l’ai toujours trouvé à la fois très technique et très simpliste par moment. Il a eu un impact sur quantité de groupes, même dans le Métal plus moderne. Genesis XIX est très Thrash, mais loin d’être inaccessible, comme certains albums de Death ou de Black. Tout est bon à prendre et je pense que je suis arrivé à définir le juste équilibre au bout de trente-cinq ans de carrière ! (rires) 

En effet, des chansons comme « Sodom & Gomorrah » ou encore « Euthanasia » lorgnent du côté de l’esprit Reign In Blood de Slayer, mais avec cependant la patte Sodom…
Ces mecs sont des dieux vivants tout comme moi. (rires) Mais jamais je ne me comparerais à eux. Certes, j’ai tourné avec Slayer dans le passé, mais en aucun cas je ne prendrai sa place. De toute façon, c’est impossible ! Merci pour le compliment, en tout cas. D’ailleurs, je préfère cet album-là, jusqu’aux années 90, à ce qu’ils ont fait avant d’arrêter leur carrière. Pour info, Genesis XIX s’appelle aussi Sodom & Gommorah. C’est juste une question marketing, on va dire, mais je ne m’occupe pas de ce business. J’adore « Euthanasia » ! Thrash maniac !

« The Harpooneer » est une chanson étonnante par son côté mystique et inquiétant…
C’est drôle, tu vois, nous avons fait la chanson la plus longue, je crois, et la plus intéressante de toute notre carrière. Ce morceau a une atmosphère particulière. Les chansons longues sont toujours un défi pour moi ! Ce n’est pas si facile de faire un titre de sept à huit minutes avec énormément de changements de rythmes. La vie de tous les jours nous provoque et amène des sensations différentes et j’avais dans l’idée depuis quelques temps ce genre de morceau. J’espère que les fans vont apprécier, mais, rassurez-vous, il y a un super break, bien speed, avec du blast et des solos qui tuent !!!

Au bout de trente-cinq ans de carrière, comment se porte ta voix après toutes ces tournées ?
Elle est encore plus prodigieuse qu’avant ! (rires) Tout cela avec un régime à base de cigares et de whisky, je peux te garantir que ce mélange est parfait pour moi ! Bon, le whisky, pas tout le temps, hein ! (rires)

CHRONIQUE ALBUM

SODOM
Genesis XIX
Thrash Metal
SPV/Steamhammer

Avoir un album de Sodom dans ses oreilles est toujours un événement. Surtout quand le précédent date de quatre bonnes années ! Après avoir changé de guitariste et de batteur, le père Tom ne se laisse pas abattre pour autant et balance une production de haute tenue en matière de Thrash et de Death aussi, notamment dans certaines atmosphères. Artistiquement irréprochable, il renferme des titres qui ont bénéficié d’un soin tout particulier dans l’élaboration de leurs structures. La cohérence, la technique et la subtilité féroce sont de mise sur « Euthanasia », « Genesis XIX », ou encore sur le sublime « The Harpooneer » très Death ultra dynamique. Enfin, nous ne pouvions pas finir cette chronique sans parler du chef d’orchestre, Tom Angelripper, qui, encore une fois, envoie sa grosse distorsion sur la basse et braille comme un forcené. La marque de fabrique « Sodom ». Ce qui se fait de mieux en matière de Thrash allemand et Thrash tout court cette année. Une référence, tout simplement. [Loïc Cormery]