Il aura fallu attendre près d’un an pour que « A war of our own », sorti en indépendant, arrive en Europe. Pourquoi cette attente ? Réponse ci-dessous.

[Entretien avec Marcela Bovio (chant, violon)
par Philippe Jawor et Florie-Anne Baugé]

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Votre album s’apprête à débarquer en Europe, un an après sa sortie originale; pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Comme nous avons sorti « A War of our Own » en indépendant, nous avons préféré d’abord nous concentrer sur une zone limitée pour être sûrs de bien faire les choses. Désormais, nous avons une version vinyle de l’album, des dates européennes à venir, le soutien de Graviton Records ; ça nous a paru être le bon moment pour sortir « A War of our Own » dans le reste de l’Europe.

Parle nous justement de « A War Of Our Own »…

C’est, je crois, notre album le plus ambitieux et le plus expérimental. On a essayé de repousser les limites de notre musique et recherché des influences plus prog et latines – et ça me plaît (rires). J’y chante en anglais et en espagnol. J’aime vraiment ces deux langues, elles ont une musicalité et un rythme très différents. En général, quand je compose c’est la mélodie qui me vient et selon son rythme je sens si le texte sera mieux en anglais ou en espagnol, je ne force rien, j’utilise la langue la plus naturelle.

La pochette de l’album symbolise le fait de surmonter les obstacles, se libérer des conflits. Les textes parlent de différents types de conflits que chacun endure au cours de sa vie. Certains titres sont inspirés des problèmes sociaux et des guerres de drogue à Mexico, d’autres traitent de conflits internes entre amis ou de la lutte contre des maladies comme le cancer ou la dépression, ou encore des épreuves que nous avons nous-même traversées en tant que groupe au démarrage de notre nouvelle ère « indépendante ».

Dans quelle mesure cette indépendance nouvellement acquise a influencé votre manière de travailler ?

C’était génial de savoir qu’on avait tout le pouvoir de décision concernant l’album : nous n’avions de comptes à rendre à personne, nous étions libres de créer et promouvoir l’album comme nous le voulions. C’était aussi très rassurant de faire tout ce travail tout seuls, sans avoir à « confier notre nouveau-né à des étrangers », si on peut dire (rire) !

Pourquoi avoir quitté Napalm Records ?

Avant même la sortie de « Darker Days », nous avions le sentiment que la communication entre Napalm Records et nous était loin d’être optimale : nous n’avions pas l’impression qu’ils s’impliquaient dans ce que l’on faisait ou que nous partagions la même vision du futur pour le groupe. Nous avons donc décidé de recourir au financement participatif ; l’expérience nous a donné raison, ça a été un succès !

Le texte – et le clip – de « A War of our Own » est une référence à ton pays natal, le Mexique, et de la situation qui y règne. Prévois-tu d’y faire davantage référence dans tes prochains textes ?

Assurément. Même si je vis en Europe depuis des années, le Mexique reste et restera très présent dans mon coeur, il est donc très probable que j’y revienne dans mes textes ou dans nos clips.

Vous allez tourner en Europe aux côtés de Gentle Storm. Quel regard portes-tu sur le public français ?

Je suis impatiente de le retrouver, je l’adore ! Le public français comprend qu’il faut devenir dingue pendant un concert de metal, c’est une énergie très communicative quand tu es sur scène. En plus de Gentle Storm, il y aura Anneke van Giersbergen. C’est une de mes héroïnes, ça me rend encore plus impatiente !