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THE LURKING FEAR : Death, Madness, Horror, Decay

THE LURKING FEAR
Death, Madness, Horror, Decay
Death Metal
Century Media Records

Quelle productivité de la part de nos Suédois ! Coincés dans leur pays à cause de cette satanée pandémie et à défaut de pouvoir jouer live aux quatre coins de la planète, les trois membres d’At The Gates que sont Tomas Lindberg (chant), Jonas Stålhammar (guitare), et le quinquagénaire Adrian Erlandsson (batterie) n’ont pas perdu de temps finalement ces deux dernières années. Après nous avoir livrés le chef d’œuvre The Nightmare of Being l’été dernier avec At The Gates (Album du mois dans Metal Obs #98), voilà que débarque sur un plateau en or le second brûlot de The Lurking Fear. Attention, nos trois gaillards ne sont pas seuls car l’on retrouve également à la basse l’ex-chanteur de Marduk, Andreas Axelsson (Tormented, Skitsystem, ex-Infestdead, ex-Edge of Sanity…), et un certain Fredrik Wallenberg (également membre de Skitsystem, autre projet de l’hyperactif Tomas Lindberg…) à la seconde guitare. Si l’on a tendance à vite comparer naturellement The Lurking Fear à At The Gates dès que l’on entend la voix commune de Tomas Lindberg, il faut essayer d’aller plus loin sans pour autant trop intellectualiser le propos de ce second album au titre qui n’invite pas à la joie. Plus sauvage et immédiat, moins et introspectif et philosophique que The Nightmare of Being, le Death Metal de Death, Madness, Horror, Decay renvoie en fait plutôt du côté du son de Stockholm que de Göteborg. Produits par le même ingénieur son Per Stålberg dans le même studio que le dernier At The Gates et que le premier album de The Lurking Fear, Out of the Voiceless Grave (Century Media/2017), les douze salves successives sont intenses, immédiates, très heavy (« Funeral Abyss »), avec ce grain de guitare typique des Entombed, Dismember, etc.,  voire carrément Bloodbath, surtout avec l’ambiance mortifère qui l’accompagne. C’est pesant, violent, mais Jonas Stålhammar sait distiller de bons soli de guitare sur sa Solar au moment opportun, avec groove et finesse (« Architects of Madness », ou la chanson-titre pesante à la limite du Black/Death suédois). La présence de Andreas Axelsson dans la composition n’est pas innocente non plus, son influence se ressentant à chaque instant, lui qui est amateur et acteur sur la scène extrême depuis plus trente ans (Marduk, Edge of Sanity, etc.). La partie finale avec ses nappes d’orgue funéraire interprétées par Jonas Stålhammar surprend (« Leech Of The Aeons »), et conclut des hostilités décidément mortelles. Si vous aviez trouvé The Nightmare of Being d’At The Gates un poil trop raffiné et intellectuel, alors vos instincts les plus bestiaux seront réveillés à l’écoute de cet excellent Death, Madness, Horror, Decay qui se révèle un peu plus à chaque fois (un solo de guitare lumineux par ci, un riff tronçonneuse par là…).Bon, maintenant que l’on a eu droit cette année 2021 à un nouvel album d’At The Gates, puis celui-ci de The Lurking Fear, croisons les doigts pour qu’un nouveau Disfear nous arrive aussi entre les oreilles prochainement. Rendez-vous pour ça en 2022 ! [Seigneur Fred]

=> Notre interview du guitariste Jonas Stålhammar de THE LURKING FEAR à retrouver ici !