Pas avare quand il s’agit de nous envoyer des groupes de son cru, l’Australie nous gratifie d’un nouvel album de Tracer. Après un El Pistolero explosif, le combo d’Adelaide a décidé d’aller encore plus loin.

[Entretien avec Michael Brown (guitare, chant) par Philippe Jawor]

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On lit déjà un peu partout que tu considères Water for thirsty dogs comme votre meilleur album à ce jour ; à quoi c’est dû, selon toi ?

Déjà, il y a un élément très important qui me fait dire ça : on a pris du temps. On a pris le temps d’écrire, de composer, d’enregistrer, avec la volonté d’aller au-delà de tout ce qu’on avait déjà fait auparavant.

Le fait de vous séparer de votre maison de disques vous a-t-il libéré ?

Totalement. On a eu l’impression de retrouver cette liberté qu’on avait perdue ; on a repris le contrôle total sur notre travail, et ça nous a fait beaucoup de bien.

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour Water for thirsty dogs ?

Tout nous inspire, tout ce qui nous entoure ! Musicalement, on a quand même beaucoup écouté le dernier album de Queens of the Stone Age, qui est une tuerie, mais je suis aussi allé chercher l’inspiration du côté de chez David Bowie ; c’est lui qui m’a donné cette envie de nous dépasser.

Et au niveau des paroles ?

Au niveau des paroles, on a voulu parler du temps qui passe, de la difficulté de vieillir…

…aucun rapport avec le single « Astronaut_Juggernaut » donc !

(rires) C’est vrai, sur ce titre on parle plutôt de drogue ! C’est le label qui a choisi d’en faire un single, mais ça va, il représente assez bien l’album.

Ça n’a pas l’air d’être ton morceau favori, je me trompe ? J’ai notamment entendu dire que « Tremors » te filait des frissons…

Fuck yeah ! La première fois que j’ai entendu le mix, j’ai eu la chair de poule, sans déconner ! Je pense que ça vient du son des cordes.

Il faut dire que le son est incroyable. Penses-tu avoir atteint le son que vous cherchiez dès le début en travaillant avec Erik Reichers ?

Ce mec est un génie. On n’est pas arrivés en lui disant qu’on voulait tel ou tel son ; il nous a fait jouer et nous a donné ce son, qui correspond parfaitement à notre musique. Erik Reichers connaît vraiment bien son métier, c’est d’autant plus facile de travailler avec lui.

L’enregistrement était-il différent ce que vous aviez l’habitude de faire ?

On a pas mal expérimenté : pour la batterie, on accompagnait Andre en « live », même si on n’enregistrait que son instrument. Le reste des instruments et ma voix ont été enregistrés à part. Cela dit, on a essayé des trucs : les prises de basses n’ont pas été faites dans une cabine vide, par exemple, Jett jouait à côté de la batterie. Tous ces petits détails contribuent à donner le son Water for thirsty dogs, à mon avis.

Comment qualifierais-tu ta musique ? Sur le web, on peut lire que vous jouez « apparemment du Stoner Rock »…

C’est l’étiquette que les gens nous collent, généralement. Mais les étiquettes, ça ne sert à rien. À la rigueur, on a deux étiquettes : la musique qu’on aime, et celle qu’on aime pas. C’est binaire, parfois bête et méchant, mais c’est largement suffisant !

Du coup, vous n’avez aucun problème à jouer en première partie d’Apocalyptica sur leur tournée européenne…

Aucun ! On ne fait bien sûr pas tout à fait la même musique, mais si le public d’Apocalyptica aime la musique dans son ensemble, il aimera Tracer. Si certains nous tournent le dos, nous ferons en sorte de les retourner vers nous. Et s’il le faut, on jouera « Tremors » pour leur filer des frissons !

Vous jouez aussi en tête d’affiche, mais majoritairement en Angleterre ; avez-vous prévu de rendre visite à la France prochainement ?

Normalement, on devrait venir au début de l’année 2016. J’ai hâte !